Ne pouvant résister à la tentation de lever la voile pour nous rendre au Bikini par ce magnifique Canal des deux mers (construit par Riquet en 1681 et non pas par Claude Nougaro comme j’ai pu l’entendre il y a une semaine de bon matin) et ayant testé moult moyens de transport excepté celui-ci pour nous diriger jusqu’au port d’attache où s’ancre depuis des années la nuit toulousaine, c’est avec une équipe de moussaillons que nous avons décidé de partir à l’abordage…

Le programme est alléchant, il faut le dire. Quelques heures de traversée bercés par les flots de la techno et de l’apéro. Embarquement au quai du Port Saint-Sauveur dès 20h avec une ambiance complètement mystique. On ne peut pas louper cet immense bateau lumineux, prêt à rivaliser avec le Black Pearl, sortant de la brume et dont émanent déjà de fortes vibrations sonores. Le vent est tombé, la tempête est loin, cependant il ne fait pas chaud sur le pont, pas l’habitude de naviguer sur les flots, matelot. L’engouement est total dès le début et la joie peut se lire sur les visages éclairés malgré le froid.
Un détour au bar, un premier pas de danse, le dancefloor se remplit et l’histoire est vite oubliée.
Comme quoi, ce n’est pas l’alcool qui fait tout, mais bien l’enthousiasme pour cette aventure.

L’équipage est au rendez-vous, le capitaine est concentré, serre les dents.

21h15 pétantes, on largue les amarres direction le port du petit maillot deux pièces. Tout le monde est impatient de savoir ce que va donner cette croisière, à l’instar de nouveaux explorateurs bravant l’inconnu pour atteindre leurs fins. À peine le premier mille nautique parcouru qu’une volée de photos et vidéos entre hashées de banc de mots se voit perturbée par la première embûche, un pont. Pour franchir le premier obstacle la surprise est totale car la toiture de la péniche doit être baissée et la danse se poursuit mais dans une position incongrue, en étant accroupis. Cette expérience ravit tout le monde, la bonne humeur est de rigueur, la bonne musique aussi. Une halte à mi-chemin est encore plus appréciée car devenue vitale pour soulager cette attente interminable d’accéder aux toilettes du bateau (seul point noir mais en tant que pirates, c’est bien le prix à payer, il faut savoir faire des nœuds). Nous reprenons la mer et voici le clou du spectacle : franchir le périphérique en le survolant… sur l’eau.

Arrivés au port, une heure plus tôt qu’estimé au moment du départ, nous débarquons telle une horde de vampires déambulant dans la brume sous la lumière rasante des projecteurs assoiffés de musique en direction de la lumière du Bikini qui nous envoûte. Même si la salle semble un peu vide à notre arrivée, on se sent déjà comme à la maison étant établi que l’on connaît déjà la moitié du public.

La programmation est alléchante même si l’ordre est un peu déstabilisant, allant de Kobosil, Terence Fixmer à David Caretta et que l’on aurait bien inversé celui-ci. On commence donc par un set de Kobosil beaucoup plus pêchu qu’annoncé, c’est précis et là où on s’attendait à des sons plus hypnotiques on continue sur la lancée du before et de XPLCT avec des morceaux plus percutants.

Terence Fixmer puis un des meilleurs sets de Caretta, avec un back-to-back avec Sophonic pour bien clôturer.

On y retrouve de sacrées atmosphères à la rythmique soutenue pour maintenir la foule en éveil sur ses jambes et apprécier la profondeur et le côté planant de ce style singulier alternant entre Electro et Techno industriel, l’Electro Body Music EBM. David Caretta enchaîne bien ce style avec un set bien techno aux références plus sombres d’italo-disco de Gorgio Moroder et avec une doublette de moustaches digne de ce nom.

Que dire concernant la suite si ce n’est que ce fut une expérience des plus enrichissante car assurant une cohérence d’un sacré before jusqu’à une bonne combinaison pour le reste de la nuit.

Si c’était à revivre ?
Bien sur que ce serait le cas tellement c’était bon.
Allez, une dernière que j’assume (la dernière de ma carrière de rédacteur).
On se demande même pourquoi cela n’est pas reconduit plus souvent ?
Est-ce que Santiano peut hisser haut ?

On remercie Clandestine x Toulouse & Champ’caine Records pour avoir fait de cet événement How To Kill The Party : Machinery une réelle réussite.

Crédits photos : 31ème ART & Xav Delfosse

Texte par Nelson

Les photos utilisées sont réalisées par 31ème Art et Xav Delfosse et ne sauraient être utilisées sans leur autorisation préalable.

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