(Photo de Johan Lolos)

Par Hellisha & Popol

Le lundi 16  Juillet 2012, la Belgique s’est encore réveillée avec une gueule de bois habituelle à cette époque de l’année. C’est l’été en Belgique et qui dit été ici, dit festivals, beaucoup, beaucoup de festivals pour un si petit pays. C’est de Dour dont nous allons parler maintenant et de son Festival au nom très original : le Festival de Dour. L’un des meilleurs festivals d’Europe, il est le porte étendard de la planète alternative.

Faiseur de découvertes musicales, de talents et d’émotion, Dour est certainement le festival le plus atypique des grands festivals de l’été. A regarder la devanture on ne peut s’imaginer ce qui se cache derrière : 6 scènes couvertes, 1 scène à ciel ouvert, 148 000 festivaliers, 230 groupes, un camping immense, des barrières, des postes de secours, un service de sécurité. Voici le panel classique du gros festival à l’Européenne. Mais quoi y a en dessous pour que ce soit si singulier ?  Tout d’abord, il faut venir à Dour, à la frontière Belgo-Française, ici on est francophone mais on est tolérant de toutes les langues. A l’accueil du festival les services de sécurité vous disent bonjour avec un immense sourire, ils vous remercient, vous souhaitent une agréable journée et sont dévoués corps et âme à votre bien-être (vrai de chez vrai !). Ensuite direction le camping, une épreuve digne des émissions télé-réalités de survie en milieu hostile : ici la jungle est remplacée par des méandres de fils de tente (casse gueule la nuit surtout bourré). Puis vient l’ambiance et là nous rentrons dans le vif du sujet. Dour c’est l’ambiance, et personne n’y trouvera à redire surtout en vue de l’édition qui vient de se terminer : La cuvée 2012 fut peut-être la plus dure au niveau physique mais elle fut pour moi une des plus belles. Nous avons assisté cette année à l’assaut de la pluie tout le séjour durant, sans que le festivalier ne manque à l’appel. Une bravoure digne des grands vikings (c’est un peu trop ?). Nous vous expliquerons jour par jour l’ascension de notre sentiment de combat contre la pluie qui fut le nôtre pour que la musique gagne sur la météo.

(Photo de Avitech)

JEUDI 12 JUILLET

Après quelques bières tranquillement sirotées dans le camping au soleil, il est temps de se diriger vers le site du festival pour attaquer les festivités. Un petit détour par la De Red Bull Electropedia Balzaal, et on constate déjà qu’il y a toujours un gros problème avec ce chapiteau, dédié à la dubstep et la drum n’ bass (en gros). En effet, alors que Murdock balance les premiers beats qui nous feront danser tout au long des quatre prochains jours, la tente est déjà surchargée (il est 16h …). En 2011, cette scène se trouvait à l’entrée du festival et il était quasiment impossible d’y accéder tellement il y avait de monde. Cette année, Dour a décidé de l’exiler au fond du site, mais c’est toujours le même problème : mauvaise mise en place de la scène (sur la longueur) et une entrée beaucoup trop petite pour ces styles de musique qui ramènent toujours du monde, surtout en festival.

DJ Murdock @ Dour – 2010

Bref, malgré la qualité de ce que balance Murdock, on se dirige vite vers l’espace presse pour découvrir cet endroit jusqu’alors inconnu, et direction la Dance Hall pour la prestation de Nick Waterhouse. Chanteur/guitariste originaire de Californie, ce dernier nous transporte vers des années oubliées, celle du blues des années 60. Accompagné sur scène de cuivres, d’une choriste et d’une batterie, on passe une petite heure à voyager entre blues, rockabilly et swing. Un concert parfait pour débuter le festival, tant le soleil est présent et la musique dansante. Fort à parier que ce jeune homme avec sa raie sur le côté et ses lunettes vintage fera parler de lui ces prochains mois, tant on sait à quel point la musique actuelle fait un revival vers celle des générations précédentes ces dernières années. Il y avait d’ailleurs assez de monde sous le chapiteau pour le démontrer. De quoi se mettre de bonne humeur d’entrée de jeu. Et pour vous montrer que l’on ne vous ment pas, ruez vous sur son dernier album, Time’s All Gone, partenaire idéal pour des vacances d’été !

Nick Waterhouse – “I can only give you everything”

On se dirige ensuite vers la grande scène où Black Box Revelation nous balance du rock énergique, à défaut d’être, il faut bien l’avouer, très inventif. Pourtant, on peut déjà affirmer que ce duo bruxellois d’à peine plus de 20 ans a une carrière prometteuse. Après un troisième album, My Perception, produit par Alan Joahnnes (Queens Of The Stone Age, Chris Cornell, Them Crooked Vultures, …) aux Etats-Unis, le groupe se prépare à une tournée américaine digne de ce nom : une vingtaine de dates entre l’été et l’automne prochain ! Comme quoi, si la Belgique est un petit pays où on peut dire qu’il est difficile de s’exporter, quand on sait sortir son épingle du jeu, on peut aller bien loin.

Black Box Revelation – “High on a wire”

Un petit passage par la Clubcircuit Marquee où Great Mountain Fire, autre groupe belge du festival, entame son set de manière un peu molle. Entre rock et pop à la The Strokes, l’originalité est loin d’être présente, et c’est rapidement ennuyés que l’on préfère quitter le chapiteau. Dommage, surtout après un concert pour la Fête de la Musique à Bruxelles plutôt plaisant. Mais on ne peut malheureusement pas gagner à chaque fois …

Great Mountain Fire – “Cinderella”

Une petite pause apéro/camping s’impose, et nous revoilà deux heures après pour voir la fin du set de Franz Ferdinand. Plus la peine de présenter ce groupe qui a fait son succès en un seul tube, « Take Me Out ». Malheureusement pour eux, le concert se déroule sous la pluie, et nous sommes étonnés de voir qu’il n’y a pas foule. Il faut dire que le peu qu’on voit de leur concert nous laisse de marbre, tant le son qu’ils délivrent nous rappelle beaucoup d’autres choses déjà entendues. Entre rock insipide et disco ennuyeuse, on ne se laisse pas charmer, loin de là.

Franz Ferdinand – « Take me out »

Heureusement pour nous et nos oreilles difficiles à combler, c’est bientôt l’heure de Squarepusher. Après la sortie de son dernier album Ufabulum (certains l’acclament, d’autres crient leur déception à n’en plus finir),  c’est peu dire que d’affirmer que l’on était impatients de voir ce qu’allait donner son live. Affublé d’un casque rempli de LEDs d’où part toute une série d’images balancées sur un mur derrière lui, il attaque son set avec une électro que l’on pourrait qualifier d’expérimentale. Ça nous rappelle Aphex Twin, et on se dit rapidement que si l’on ne connaissait pas la discographie du bonhomme, on serait vite perdus. Alors certes, c’est bien fait, le DJ anglais a du talent à revendre, mais c’est un live fort peu accessible qu’il nous délivre là. Ça s’enchaîne sans vraiment de profondeur, et au final, rien ne ressort vraiment de ces sons alambiqués. Pour ma part, juste un peu d’émotion pour « Dark Steering », premier single de son dernier opus. Il faut cependant noter que monsieur Squarepusher n’est pas seulement DJ, et il finira son set à la basse, tout en balançant des sons électro qui prennent alors une autre ampleur.

Squarepusher – « Dark Steering »

Une fois de plus, c’est sur notre faim que l’on attend de voir le live de Clark. On n’en attend pas grand-chose, tant on avait été déçu par sa prestation au Bozar de Bruxelles il y a deux petits mois de ça. Et pourtant nous sommes de grands fans de sa musique ! Mais en live, il y a un truc qui ne prend vraiment pas (la faute à trop de basses qui gâchent une musique pointilleuse parsemée de détails électroniques) … Et si cette fois son live était légèrement au-dessus de ce qu’on avait vu précédemment, rien de transcendant non plus …

Clark – « Ted »

On décide alors de donner une chance à SebastiAn. On arrive vers la fin de son set, mais il y a foule, et on sent déjà que ce dernier a su faire bouger le public ! Là encore, rien de très original dans son set (Justice et autres classiques du genre), mais une efficacité à n’en pas douter, et mine de rien, c’est tout ce qu’on demande, surtout à 3h du matin !

Sebastian – « Ross Ross Ross »

On enchaîne ensuite avec Feadz qui attaque de manière grandiose et nous délivre du son hip-hop bien lourd et sale comme on en entend rarement. De quoi être surpris car ce DJ signé sur Ed Banger donne plutôt dans l’électro plutôt passe-partout, il faut bien le dire. Mais là on shake son booty à n’en plus finir, et on se casse la nuque à s’en déboîter les cervicales ! On profite, on danse, mais bien évidemment, au bout d’une demi-heure, retour à la case normale, et hop, on en revient à la fameuse électro « de base ». Du coup, une fois de plus, on se dirige vers une autre scène en espérant enfin voir quelque chose qui nous fasse vibrer tout du long.

Feadz – « Suck it »

La dernière chance, c’est à Herrmutt Lobby qu’on la donne, et si leur son est efficace à souhait, on est forcés de constater que ce duo mixe avec deux mains gauches … On a même l’impression que même eux se demandaient parfois qu’est-ce qu’ils étaient en train de faire … Mais bon, il est vrai que leur son, qui balance entre électro et crunk, est plutôt efficace et tombe parfaitement dans la lignée de ce que l’on avait apprécié dans le début du set de Feadz. Du coup on reste quand même jusqu’au bout, et c’est sur les rotules qu’on revient à la tente pour une bonne nuit de sommeil après un premier jour en demi-teinte sur la longueur.

Herrmutt Lobby – « Mzele »

A suivre …


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