Par monseigneur

Melbourne, 2010. Sirotant tranquillement une Crowns glacée à la terrasse du minuscule et confidentiel Barber Bar, je fais la connaissance de deux musiciens habitués du lieu  : Blake Scott et Steven Carter .

Dans leur 3 pièces aménagé en studio, ils développent un son bien à eux en l’exercice du power duo (batterie guitare). Un petit EP en guise de carte de visite me permettra de découvrir un son hybride , une énergie garage infusée dans une concoction noise, emmenée par des lyrics qui piquent.

Deux ans plus tard , le Peep Tempel debut LP est de sortie, un bassiste en plus , avec à la clé une tournée européenne ( enfin germanique… un seul concert en France qui s’est déroulé le 30 aout à Lyon). Et bien les enfants ça dépote ! Des bons gros riffs à décoiffer les kangourous, des cordes de guitare martyrisées qui hurlent de toutes leurs harmoniques, et des plans qui rappellent les Liars, amputés de leurs machines. Dix titres seulement, mais on y retrouve des influences différentes à tout les coups.

L’EP débute avec « Lance », qui défile devant nos oreilles comme une citerne en flammes dans le désert, puis les morceaux s’enchainent dans une course ininterrompue, non sans quelques accents funk, emportés par un lead saturé si savamment rythmé qu’on parlerait presque de flow.

« Howlin Belle », quatrième de la tracklist, et l’on croirait presque que Lou Reed s’est mis au Punk Rock; avant d’assister à un break en forme d’Apocalypse atonale. Les Peep Tempel apprécient ces instants de destruction musicale qu’ils glissent presque systématiquement dans leur morceaux, comme un slogan arraché a un rack de pédale virant au rouge : « WE NEED NEW NOISE ».

Finalement l’antépénultième titre « Do what you want » résume bien la démarche du groupe, se faire artisan d’un son personnel, exalté, et advienne à qui plaira. L’album s’achève sur deux joyaux, « Down a the Peep Tempel », relique de leur premier EP, rockabilly sur les bords ; et « Mister Lester Moore », un putain d’hymne Rock’n Roll comme on n’en fait plus, le solo héroïque en moins.

En parlant d’héroïsme, voilà un groupe qui ne verra pas son nom dans la tracklist de Guitar Hero, à moins de verser de la bière dans le contrôleur afin d’en rouiller les contacts et d’obtenir le mélange doux aigre de cet album vivement conseillé.

Le clip de  » Mister Lester Moore  » avec le groupe travesti en vieux pervers pour l’occasion  :

Affaire à suivre.

EDIT : L’album integral en stream ICI

Monseigneur.

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