Par Monseigneur

Depuis maintenant plusieurs années, les spectateurs du cinéma actuel ont découvert médusés l’existence d’une troisième dimension.

Aux défenseurs de cette technologie racoleuse qui tapine dans les panneaux JC Decaux, je pose souvent la question de l’apport narratif et émotionnel de ladite technologie. On me répond en général que l’expérience est bluffante de réalisme et que les sensations sont fantastiques. Soit. Les ethnologues nous diraient peut être que la 3D est notre peyotl à nous, les humains du bimillénaire.

Mais le réalisme qu’est-ce donc ? Ne comptez pas sur moi pour vous répondre, c’est un article, pas un bouquin. Cependant il me semble que l’on trouve plus de véracité dans une émotion, une profonde révélation de la beauté, de l’insaisissable,  aussi simplement soit elle exprimée, que dans l’illusion d’avoir un petit gars bleu à deux mètres de sa tronche.

Christopher Kezelos utilise lui une technologie vieille de cent ans, fondatrice même de l’image animée : le stop motion. The Maker met en scène un personnage de tissu, le rejeton de Jack Skellington et du lapin de Donny Darko, visiblement perplexe et intrigué. Dans cet atelier de couturier qui fricote avec l’alchimie, des cordes baroques embrasent le labeur et l’application de notre personnage s’attelant à la création de son âme sœur artisanale.

Et durant cette folie créatrice le sablier se vide inexorablement, chaque grain de sable aspiré vers un dénouement aux implications infinies, transposables à un nombre de dimensions bien supérieur aux trois que nos sens nous autorisent à apprécier.

Un univers Burtonien sans Tim Burton et sans Johnny Depp, le rêve de toute une génération. La musique surpasse les attentes, s’accommode parfaitement à l’action, à la mélancolie et à la joie de l’instant perdu puis retrouvé, à l’art de faire chanter ses mains sur le bois et les drapés, l’adoration de l’idéal devenu idole.

Ceci est un grand court métrage de l’animation et il ne fait aucun doute que Christopher Kezelos possède un potentiel remarquable que l’on saura apprécier dans le futur. James Cameron peut garder son « Pocahontas chez les schtroumpfs » et se le carrer par chaque dimension. Voici le trailer, vous pourrez retrouver le court en entier ici (http://vimeo.com/47760243)

Vivement conseillé également : Zéro , du même réalisateur ; apologie du surpassement de sa classe sociale arbitraire.

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