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Gatsby Le Magnifique faisait hier soir l’ouverture du 66ème Festival De Cannes et à Toulouse on était plutôt raccord puisque c’est sous la même météo que nous sommes allés voir le film. Nous n’avons ni lu le roman de Francis Scott Fitzgerald, ni vu la version de 1974 où Robert Redford tenait le rôle principal donc on vous épargnera tout élément de comparaison. C’est avec la liberté de rêver que nous nous sommes donc rendu à la séance. Pour voir la possible renaissance de Baz Luhrmann qui avoue avoir sauvé sa carrière de réalisateur après l’incroyable échec de son précédent film : Australia. Ce dernier avait en effet le même budget que Gatsby mais assurément pas la même énergie, ni le même charisme.

On préfère vous prévenir mais pour les cinémas équipés, les séances sont programmées en 3D. Alors certes, les effets spéciaux sont très travaillés et donnent une dimension supplémentaire à l’univers théâtral de Baz Luhrmann, mais ici la 3D n’était vraiment pas indispensable, contrairement à Avatar qui soutenait bien plus le concept. Dans Gatsby, une poignée de plans valent le coup mais sur 2h25 de film c’est tout de même assez décevant. Bref, on vous passera les détails de notre éthique cinématographique. Parce que si nous sommes allés voir ce film, c’est avant tout pour son réalisateur : un inspiré aux mille idées qui s’assume et qui nous avait plus que séduit avec son très grand Moulin Rouge. Avec Gatsby, outre le fait qu’il ait absolument voulu tourner en 3D, Baz Lhurmann revient avec son dynamisme visuel, ses superbes costumes et ses anachronismes musicaux qu’on lui connait tant. Avec les multiples mouvements de caméra qui alternent aussi bien les valeurs de plans très serrés avec les valeurs de plans très larges, le film prend des allures de conte merveilleux où tout semble possible : faire quelque chose de soigné avec du décalé. Le contraste est donc plutôt réussi avec une première heure spectaculaire très colorée qui nous transporte à la façon de Moulin Rouge et une seconde heure plus flegmatique, qui suspend irrévocablement le temps. Deux heures qui sont d’ailleurs accompagnées de la voix de Tobey Maguire qui enfile à la fois les rôles de narrateur et personnage avec le fameux Nick Carraway.

Narrateur et personnage tout comme dans le roman. Oui parce que notre réalisateur a bien insisté sur le fait que tout ce qui se trouvait dans le film était aussi dans le livre. Mais ce que Baz Luhrmann n’a littéralement pas compris, c’est qu’il n’était pas Francis Scott Fitzgerald. Parce que Gatsby Le Magnifique est concrètement un parfait film d’ouverture où la puissance de l’argent et de la fête sont mis à l’honneur. Mais un film parfait ne peut pas être un bon film et Baz Luhrmann ne peut y échapper. Qu’on puisse avoir un budget considérable (127.000.000$), des acteurs formidables (Leonardio Dicaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire et le coup de coeur Elizabeth Debicki) ou une bande-son géniale (Sia, André 3000, Jack White, The XX), le fond ne pardonne pas. Oui, Gatsby Le Magnifique n’est qu’un mirage scintillant où tombent flocons de neige et paillettes. Parce qu’encore une fois, comme maintenant beaucoup de films, il y a des longueurs et pour tenir en haleine un spectateur durant plus de deux heures, il faut donner à tous les niveaux : scénario, direction d’acteur, photographie, mise en scène, son et on en passe. Ce n’est pas aussi, notons-le bien, de loin le meilleur rôle pour Leonardo Dicaprio. Regardez plutôt Aviator ou The Departed pour le voir pleinement exercer son talent. Ici, les personnages sont constamment dans la retenue et sont noyés dans un flot d’effets visuels qui font oublier la passion Gatsby/Daisy et l’amitié Gatsby/Nick. Les relations entre les personnages sont pourtant particulièrement intéressantes mais manquent cruellement de subtilité quand elles ne sont pas plates. L’histoire est encore une fois délaissée et c’est bien dommage lorsqu’on sait encore et toujours que c’est l’adaptation d’un roman et pas l’adaptation de la version 1974. Difficile de condenser les deux mais pour un film de 2h25 ils auraient quand même pu faire un effort. A croire qu’il s’agirait presque d’une commande spéciale Cannes. Allez sans regret « old sport ».

Par Lucille C

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