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Impudemment pompé sur la célèbre et ironique locution latine attribuée à ce bon vieux Juvénal, (l’original étant « Panem et circences », soit « du pain et des jeux de cirque » pour les incultes n’ayant pas subi les quatre ans de latin imposés par leurs parents au collège), mon titre volontiers aguicheur tend à dénoncer la facilité avec laquelle nous autres lecteurs nous laissons attirer par le graveleux et le sale dans les médias, souvent au détriment de la qualité rédactionnelle.

Ne sommes-nous donc rien d’autre que des bêtes, mes chers frères humains? Je serais tenté de répondre oui, car même s’il est évident, ami lecteur, que cet article ne s’adresse ni à toi, ni à moi, nombreux sont ceux que le coté crade et décadent d’un article – ou d’une émission – attire comme des papillons de nuit vers la  tremblotante lumière de la chandelle qui éclaire en ce moment-même ma pauvre chambre de poète maudit que je partage avec un chat et un sauvageon afghan acheté au marché d’esclave du Havre pour une poignée d’écus (cette comparaison vous est offerte par l’amitié franco-américaine pour le retour de l’esclavage à des fins thérapeutiques).

brad_pittPourtant, ne les blâme pas, mon frère, non, ne soit pas celui qui aura l’outrecuidance de leur jeter la premier pierre. Car toi même, jeune homme bien sous tout rapports, ne t’est-il jamais arrivé de te laisser tenter par une paire de miches bien placée sur un de tes sites internet d’information favoris, alors que tu cherchais honnêtement à t’informer sur l’évolution des tensions entre les deux Corée ? Et toi, jeune femme en fleur, qui n’enlève ses lunettes de studieuse étudiante que pour dormir, ne t’es-tu jamais laissée rêveusement aller à la vue d’un biceps saillant dans un teaser quelconque, alors que tu attendais avec impatience le début du film iranien en noir et blanc que t’avais conseillé ton professeur d’arts appliqués ? Si non, félicitation, car tu es un vrai esthète, (ou une vraie esthéticienne  ne soyons pas misogynes) qui ne se laisserait influencer pour rien au monde.

Cependant, il est regrettable de remarquer que ta présence ici-même tendrait à prouver le contraire, puisque j’ai la ferme intention de gaver cet article de tous ce qui pourrait attirer le chaland, dont tu fais apparemment partie. Comme disait Mallarmé « la chair est triste hélas, et j’ai lu tous les livres »…

Ne crois d’ailleurs pas que je balance ce genre d’assertions sans aucunes preuves, car ayant accès aux stats du présent site (si, si, la famille), on ne peut que remarquer que le nombre de lecteurs pour chaque article est curieusement proportionnel au bonnet de soutien gorge  arboré par l’aguichante demoiselle en en-tête desdits articles…

Coïncidence ? Peut-être. Néanmoins, c’est à se demander si la zone de nos cerveaux conservant bien cachés nos instinct les plus primaires ne prendrait pas le contrôle de temps en temps, ce qui expliquerait bien des choses, notamment comment je me suis récemment surpris à regarder entièrement un épisode des « ch’tis à Las Vegas ».

Arrêtons-nous d’ailleurs un court instant sur cette émission qui passe, si mes souvenirs sont bons, sur la machine à merde que certains appellent W9. Mais si, jeune hipster qui n’a « pas la télé chez lui », tu connais cette chaîne, c’est celle qui ne s’interrompt de passer les Simpson que pour nous abreuver de saloperies que même Etienne Mougeotte, pourtant peu bégueule dans le domaine de la trash tv, repousserait du pied d’un air dégoûté. Comme la fameuse série de ch’tis, donc.

Comment dire. C’est compliqué d’être objectif quand on parle de ce genre de programme. Cette « chose » (jamais utilisation de guillemets n’aura été plus justifiée) est comme un condensé de tout ce qui va mal dans le monde. Sans rire, et sans exagération,  c’est une sorte d’antéchrist télévisuel, une négation de l’esprit créatif , le genre de trucs qui fait ressortir nos plus bas instinct et nous les jettent en pleine gueule. Après une épisode des « ch’tis à Las Vegas », ou je ne sais quel autres villes de beauf, comme Miami ou Ibiza ; on n’a qu’une seule envie, celle de se suicider en ayant auparavant fait un carnage dans les rues de Béthune un jour de pluie (si tu trouves le pléonasme dans cette phrase, ITMM t’offre un abonnement d’un an à Béthune info, le journal des vrais ch’tis).

Et c’est bien ça le problème, parce que les pauvres gens du nord n’ont absolument pas mérité ça! Directement inspiré de l’innommable bouse MTVienne Jersey Shore, qui provoqua une vague de mépris pour le New Jersey au point d’en faire une épisode de South Park, la bouse de W9 s’attaque une fois de plus à un peuple dont la réputation souffre déjà bien assez par la faute des pseudos reportages vérités que sont, entre autres, Tellement Vrai (NRJ 12) ou Confessions intimes (TF1). Le nord, je connais, j’y ai vécu,  faut arrêter,  y’a quand même bien pire. Moi-même, sans en être particulièrement fier, en tire un quart de patrimoine génétique (patrimoine qui explique certainement mon aversion pour le soleil et un goût prononcé pour la bière titrant au dessus de 9°). Le gens du nord, que j’abordais, je l’avoue, avec un a priori assez négatif,  sont plutôt cool. Avec un petit effort, on pourrait presque les considérer comme des gens normaux, en tous cas à mille lieux de la bande de loosers pathétiques et stupides que l’on se complaît à nous exhiber comme « ch’tis » dans les émissions tardives de chaines en manque de racolages faciles.

Enfin, tout ça pour dire que ça me défrise qu’on puisse faire son beurre sur une bande de crétins et les ériger en symbole d’une région qui en chie assez comme ça avec le chômage,  le froid polaire et la proximité de la Belgique. Il faut pourtant admettre que cela plait, même si j’aime à croire qu’il n’est pas vraiment de spectateurs appréciant ce genre de programmes, mais plutôt des humains avertis montrant ces merdes à leurs enfants, en leurs disant, les larmes dans la voix, « regarde mon fils/fille, si tu en arrives un jour à ce genre d’extrémité pour gagner de l’argent, je t’abattrais moi-même. » Ce qui prouve, en quelque sorte, que ce genre d’émission à un intérêt didactique. C’est bon à savoir.

kkBref, pour en revenir à mon propos, qui était, je crois, l’attirance malsaine qu’exerce sur nos pauvres petits esprits la luxure et le stupre, je conclurai en disant qu’il faut admettre son coté animal, en toute simplicité, et se laisser parfois aller sans honte, à regarder les dernières pérégrinations de la famille Kardashian, car qui sait, peut être un jour, ce sont tous ces gens qui sauveront le monde. Et dans ce cas-là, on est franchement tous très mal barrés, c’est moi qui vous le dit.

Par Matt H.

PS: Aux curieux qui se demanderont à quoi rime la conclusion ci-dessus, et l’article en général d’ailleurs, où l’on ne parle finalement que très peu de sexe et de drogues, je répondrais que tout ce galimatias ne sert à rien, sinon à montrer Katy Perry et Kim Kardashian (et Brad Pitt, pour les filles, je suis pas un salaud)en petites tenues .

Je ne suis qu’un homme, avec ses faiblesses.

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