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C’est avec beaucoup d’impatience et un peu de fébrilité que deux rédacteurs d’ITMM se sont rendus à l’Utopia mercredi dernier, jour de sortie de « Saint Amour », le septième long métrage des grolandais Gustave de Kervern et Benoit Delépine. Un film dont nous attendions beaucoup, tant en raison de ses réalisateurs que pour son casting ou encore sa bande-originale.

Autant le dire tout de suite, Saint Amour n’est surement pas le meilleur film du duo Kervern – Delépine. Nous ne sommes pas exactement au niveau de  Mammuth ou même du Grand Soir et ce en dépit d’une exposition plus conséquente qui tendrait à prouver que les deux grolandais commencent à acquérir la reconnaissance qu’ils méritent en tant que réalisateurs.

Pour autant, Saint Amour est un excellent film que l’on vous conseille vivement d’aller voir tant il est un véritable tour de force dans sa manière de nous raconter une histoire. Partir du Salon de l’Agriculture, grande messe annuelle de la France agricole, des difficultés du monde paysan et de ses acteurs : travail dur, pauvreté, question de la transmission, pour déboucher sur un improbable voyage improvisé en taxi à la découverte de tous les vignobles de France.

Embarquer Depardieu et Poelvoorde sur la route des vins, on pourrait s’attendre à une succession de cuites, une ode à Bacchus et l’ivresse, à deux ogres dévorant tout sur leur passage et enchaînant les bons mots comme les canons de rouge. Finalement, on se retrouve avec un film plein de poésie et de sensibilité, avec des acteurs au jeu tout en retenue. C’est un road trip plein d’amour et d’humour fait d’alternance entre plans larges sur les paysages et plans serrés sur les acteurs, leurs tronches et leurs émotions. Le tout plutôt bien ficelé et accompagné par la musique de Sébastien Tellier, peut être un peu trop présente par moments mais qui permet de donner une certaine cohérence à l’ensemble et d’en faire une œuvre vraiment aboutie.

Saint Amour n’est pas un film sur le vin, c’est un film sur les femmes. Toutes les femmes qu’ils vont croiser sur leur route et qui vont, par petites touches, les changer. Des rencontres qui permettent aux réalisateurs d’enchainer les clins d’oeil en convoquant des actrices pour des apparitions dont certaines sont particulièrement savoureuses. On ne vous dit rien histoire de vous laisser le plaisir de découvrir, mais le proprio de la première chambre d’hôte est assez magique.

On pourrait reprocher ce coté un peu « catalogue », la multiplication des guests venus faire un coucou sur le plateau… De notre coté on s’abstiendra de cette critique, Kervern et Delépine ont toujours fait des films d’acteurs, et la prestation de Vincent Lacoste vient rappeler qu’ils n’ont pas leur pareil pour sublimer un comédien. On devine que les réalisateurs aiment profondément leurs comédiens (qui commencent à constituer une joyeuse bande) et du coup ça nous parait assez légitime qu’ils invitent leurs copains.

Malgré une légère déception sans doute liée à une énorme attente sur ce nouvel opus du duo Grolandais avec son casting cinq étoiles et son thème plus qu’alléchant, on vous conseille vraiment d’aller voir ce film à la fois drôle et hilarant, émouvant et poétique mais également avec son lot de scènes déjà cultes…

par Max’ et Pierre


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