Jeudi 18 mai la capitale étouffe sous une chaleur accablante. Non pas qu’il fasse beau, mais chaud, très chaud, même très lourd.  Ce soir Elephant joue au Café de la Danse pour la sortie de leur premier album « Collective mon amour ». Après avoir trouvé le courage de nous arracher à nos douches froides nous sommes à 19h30 pétantes devant la salle à Bastille et on n’est pas seuls. Le concert sera complet en partie grâce au succès de leur single qui s’intitule comme l’album.

Elephant-Rien-Artwork

Première partie : Super pop corn

superpopcorn

Arrivée dans la salle et force est de constater que la clim n’est pas au rendez-vous. Rien que le fait de monter les escaliers pour aller au bar nous fait couler des grosses gouttes sur le front. Une pinte plus tard la première partie commence. Entrée en scène d’un curé armé de lunettes de soleil et d’un martinet (on se demande à quelle sauce on va être mangés) ; puis débarque le chanteur-bassiste-guitariste  avec un style à lui également : costume rouge et lunettes blanches. Mais qui sont ces extraterrestres ? Musicalement c’est de la pop allumée. Le duo nous raconte des histoires sur des robots amoureux et de mauvais danseurs, le tout sur fond de pop électronique sautillante. En terme de création et de composition ce n’est rien de dire que ça ne va pas chercher bien loin. Une sorte de mélange entre Yelle et Katerine, c’est drôle au début mais on se lasse assez vite. On peut cependant reconnaître en vrai engagement scénique qui finira par faire danser la petite foule de la fosse.

Super pop corn – Dans mon monde happy

Elephant : il s’en est fallu de peu

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Le temps de prendre un peu l’air et c’est au tour du duo pop de jouer. Leur artwork en forme de cœur tatouage illumine le fond de la scène tel une petite lune protectrice. Les membres arrivent : batterie, clavier guitare basse et chant. Une formation bien classique pour un concert qui a manqué son envol.  Non pas que je m’attendais à voir des bêtes de scène se jetant dans le public et vomissant leurs bières mais quand même. L’entrée est très discrète et enchaîne directement sur le premier morceau « Les voyages » (un de mes préférés) seulement peu de différence avec la version album. Le guitariste-chanteur paraît un peu perdu face au public parisien et ne parviendra pas à se détendre tout le long du concert alors que son acolyte, elle, s’amuse nettement plus, heureusement. Le concert commence à décoller au moment du 3ème titre avec des zikos à fond et un public qui commence à danser. Et c’est quand le concert semble lancé que le groupe décide de faire une reprise d’Amadou et Maryam « Le dimanche à Bamako » qui n’a pour seul intérêt que de faire chanter le public mais l’endort par la même occasion… C’est dommage l’idée était bonne mais dans les faits cette version est bien trop plate et surtout impossible pour eux d’arriver au swing du duo d’aveugles le plus connu de la planète. Cette fausse note va avoir du mal à se faire oublier jusqu’au solo de percussion plutôt bien fait et la danse sexy-déjantée de Lisa Wisznia. On se laisse aller à danser. S’enchaîne ensuite le tube « Collective mon amour » extrêmement bien réalisé en live grâce à un soutien du public sans faille. C’est l’heure du rappel et le drame se passera ici. Reprise guitare électrique et à 2 voix de ce qui est surement un des plus beaux morceaux de Noir Désir « Le vent l’emportera ». Complètement vidé de son sens poétique le duo massacre le titre en le faisant passer pour une ritournelle de jeunes ados qui découvre les joies du touche pipi sur le bord de la plage. C’est d’une platitude, les voix ne sont pas du tout au niveau et puis heureusement qu’on connaît la chanson sinon c’est sieste immédiate ! Pour un titre qui, à chaque écoute, nous prend aux tripes on s’attendait à quelque chose de plus incarné pour faire vivre une telle reprise. C’est d’ailleurs directement après cette reprise que je choisis de m’enfuir, peiné par ce gâchis.

On ne peut pas dire que le concert fut clairement mauvais. Il faut se remettre dans le contexte, se dire que c’est le premier album qu’ils défendent, une date parisienne très importante donc beaucoup de pression. Et puis leur univers a été respecté, c’est pop, mignon sans avoir pour vocation de révolutionner le genre. On espère juste que dans l’avenir ils travailleront/choisiront mieux les covers à faire en live.

Elephant – Collective mon amour

Thibaut Tayo

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