Cette semaine au cinéma la France part à l’assaut des pays étrangers. Les célèbres gaulois se rendent au Royaume-Uni pour essayer de nous faire rire. Pas sûrs qu’ils y parviennent, en revanche Isabelle Huppert qui pose ses valises en Corée, c’est jouissif ! In the morning mag a vu le dernier Hong Sang-soo qui nous emporte avec lui In another country

Il en a fallu peu à celui qu’on surnomme l’Eric Rohmer coréen pour faire rire une assemblée pourtant férue de cinéma d’art et d’essais. Une plage, un phare, un couple, un moine, un maître-nageur, une mère et sa fille, un parapluie, et surtout une Isabelle Huppert remarquable par sa légèreté.

 Le film est drôle et sans prétention, tourné en comité restreint dans une petite bourgade à trois heures de Séoul, le spectateur est plongé dans cet univers du voyage. Hong Sang-soo s’amuse avec les clichés d’une arrivée dans une terre inconnue. Quiconque a déjà voyagé reconnait, avec un sourire en coin, les différentes situations d’In another country. La barrière de la langue, l’attraction et le désir pour l’étranger, l’accueil déguisé, les différences de coutumes…

 Comme à son habitude, le réalisateur joue sur le comique de situation, de répétition, où les scènes se croisent et s’entrecroisent. On retrouve aussi son péché mignon pour les moments d’ivresse et encore une fois l’alcool est très présent, ainsi que les références au milieu cinématographique.

L’écriture particulière fait aussi sa signature. Les dialogues ficelés provoquent l’hilarité, enfin les acteurs peu nombreux s’articulent avec brio autour d’ Isabelle Huppert tantôt nymphomane, tantôt dépressive, parfois naïve (voire stupide), mais toujours drôle.

 Nommé pour la palme d’or dans le plus grand des festivals français, In another country confirme la relation du réalisateur avec la France. Depuis son premier long métrage 96 : Le Jour où le cochon est tombé dans le puits en 1996, Hong Sang –soo tisse ce lien particulier avec l’hexagone, son premier choc cinématographique il le doit à Robert Bresson avec le Journal d’un curé de campagne. Cette fois ci le réalisateur sud coréen transforme grâce à sa musique personnelle une des plus grande actrices française.

Le résultat est simple et épatant.

 Pascale Savary

Bande annonce:

 


Laisser un commentaire