Si vous sortez un tant soit peu à Toulouse, vous l’avez forcément entendu mixer au moins une fois. Depuis plusieurs années YEAHMAN écume bars et soirées toulousaines pour distiller sa musique et défendre une certaine idée de la fête. Avec la sortie de son premier EP et la reprise de ses soirées « Ghetto Sonido », l’occasion était toute trouvée pour qu’In the Morning aille discuter un peu avec lui. 

À le voir aussi souvent et dans autant d’endroits s’agiter derrière ses platines, on se doutait que Yeahman devait avoir un petit coté hyperactif, une impression qui se vérifie dès le début de l’interview. Et comme il a plein de choses à raconter, c’est plutôt pas mal.

L’histoire de Yeahman commence en 2012. À la différence de beaucoup de DJ de sa génération, il ne se tourne pas vers une musique purement électronique : la faute à de multiples influences nées de ses voyages.

« J’ai été plusieurs fois en Amérique du sud, dans plusieurs pays, c’est un continent qui m’a toujours fasciné. Du coup fatalement la musique que j’avais envie de faire était marquée par ce que j’avais pu entendre la-bas ». 

Un choix aussi influencé par son histoire personnelle ; guitariste et pianiste de formation, il en a gardé le goût des instruments, et n’envisageait pas d’arrêter. D’où son inclinaison vers des sons lui permettant de continuer à pratiquer et enregistrer des parties instrumentales.

Aujourd’hui, Yeahman se classe dans ce qu’on appelle Tropical Bass, une musique métissée, influencée par tous les dancefloors du monde. Les musiques populaires d’Amérique Latine, d’Afrique ou des Balkans se mêlent dans ses mixs, avec comme fil rouge la volonté de faire découvrir des artistes ou styles musicaux rarement mis à l’honneur en France.

Un état de fait qui est pourtant en train d’évoluer. Une vague cumbia à déferlé sur la France à la suite de la Yegros ou du Gato Negro. Une vague qui touche de plus en plus de DJs, et de plus en plus le public. Ce qui n’étonne pas forcément Yeahman.

« Je crois que le public avait aussi envie d’autre chose que l’electro qu’on nous propose dans beaucoup de soirées. Revenir à quelque chose de plus dansant, plus instrumental. Avec l’offre musicale qui se mondialise de plus en plus, c’est aussi normal qu’on découvre des sons qui viennent d’ailleurs que Londres ou Berlin »

C’est d’ailleurs sur un label sud américain, Frente Bolivarista, que Yeahman a sorti son premier EP « Transborda ». Un EP qu’il défend dans toute la France, mais aussi à l’étranger, notamment au printemps dernier lors d’une tournée au Mexique.

Mais Yeahman n’est pas seulement DJ. Depuis quelques années il organise aussi des soirées qui se sont petit à petit fait un nom dans la nuit toulousaine. Après une pause qui lui a permis de se consacrer à la réalisation et l’enregistrement de son EP, les « Ghetto Sonido » sont de retour au Rex.

« Organiser ces soirées, c’est une idée qui s’est imposée assez vite pour moi. D’abord parce que on sentait qu’il y avait de la place pour ça à Toulouse, où l’influence espagnole et latino américaine est quand même très présente. Il y avait forcément un public pour ce genre de son. »

C’est aussi l’occasion d’inviter des artistes qu’il écoute et qu’il aime.

« C’est vrai qu’il y à aussi la volonté de me faire plaisir. Beaucoup d’artistes que j’écoute ne viennent jamais à Toulouse, organiser des soirées c’était un moyen pour moi de les faire jouer ici »

Un plaisir qui semble partagé par le public, toujours nombreux aux soirées « Ghetto Sonido ».

Soundcloud: https://soundcloud.com/dj-yeahman – FB: https://www.facebook.com/yeahmandj/

Texte et Photo: Pierre – PNC Photo

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