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Tout le monde l’a déjà entendu, on le connait pour être le MC des marseillais de Chinese Man. On ignore plus souvent que Taiwan MC est aussi un artiste solo qui facture plus de 10 ans de carrière, déjà 2 EP et un album en préparation qui sortira sur le label Chinese Man Records. IntheMorning a profité de son passage à l’Atelier TA de Toulouse pour aller sa rencontre.

La carrure est imposante et le sourire bienveillant. Taiwan MC se lève du canapé pour nous saluer et nous invite à nous asseoir. Aubry sort son matos à dessin et je pose le dictaphone sur la table entre nous. Mine de rien ça fait un moment qu’on entend sa voix sur les morceaux de Chinese Man et qu’on kiffe mais on avait absolument aucune idée de l’apparence qu’il pouvait avoir. Ni de son parcours au final mais ça tombe plutôt bien c’est de ça que nous sommes venus discuter. Comment un trentenaire parisien se retrouve t’il MC reggae/ragga?

« Comme tout le monde avant internet, c’est les gens autour de moi qui m’ont fait découvrir et écouter de la musique. J’ai la chance de venir d’une famille ou tout le monde est branché musique. En l’occurrence c’est mes cousins qui m’ont fait découvrir le reggae. »

Une influence centrale pour lui mais qui est pourtant loin d’être la seule pour celui qui a commencé à poser dans des soirées jungle et drum’ n’ bass à Paris il y’a déjà quelques années.

« J’ai commencé à chanter dans des soirées Drum’ n’ Bass, dos au public tellement j’étais timide. C’est en entendant les gens crier derrière moi que j’ai réalisé qu’ils aimaient ce que je faisais. »

C’est le début de l’aventure pour Taiwan MC, avec son coloc’ de l’époque qui est DJ ils montent un collectif appelé Cool and Deadly, achètent des disques et commencent à faire de la musique et de plus en plus de prestations lives.

Arrive alors la transition parfois compliquée pour les purs musiciens de live : aller enregistrer en studio. Taïwan MC ne déroge pas à la règle, avouant sans problème qu’il a mis du temps à franchir le pas, à maîtriser les logiciels d’enregistrement, à apprendre à chanter différemment qu’en live, à poser sa voix ou encore à travailler son timbre. Aujourd’hui il prend pourtant énormément de plaisir à la composition musicale et au beat making.

« Une fois que j’ai découvert ça je me suis rendu compte que c’était ce que je préférais. Plus qu’écrire et plus qu’être sur scène, c’est composer, produire, rester des heures à faire du mixage… Je suis pas ingé’ son mais à mon niveau j’essaye de m’impliquer au maximum dans la fabrication musicale de mon son. »

Le tournant arrive en 2010, à la Favela Chic, une boite parisienne. Un ami commun présente Taiwan à un des DJ de Chinese Man, qui commence à exploser et dont les deux « Groove Sessions » cartonnent, soutenues notamment par le choix de Mercedes d’utiliser « I’ve got that thune » dans une de ses publicités. Le feeling passe bien et Chinese Man « embauche » Taiwan pour poser sur quelques morceaux de leur futur album « Racing with the sun » et faire un peu de live avec eux.

S’ensuit une tournée, qui devait au départ durer un été et va finalement s’étaler sur deux ans, accompagnée par l’explosion de Chinese Man dont l’album rencontre un succès au delà de leurs espérances. Et donc pour Taiwan le passage de la scène underground à une grosse machine de live et des concerts devant de plus en plus monde. Le choc est violent mais finalement bien digéré.

« C’est sûr que la première fois que t’es devant dix mille personnes ça fait bizarre. Mais passée cette première fois ça devient plus facile, même quand le nombre de spectateurs augmente. C’est aussi dû au fait qu’avec Chinese Man on est toute une équipe, DJ, MC, vidéastes… C’est un show complet où tout le monde sait ce qu’il a à faire. »

Une adaptabilité qui fonctionne aussi dans l’autre sens. Pour son projet solo, Taiwan MC apprécie également de revenir sur des plus petites scènes ou des soirées plus confidentielles comme celle de l’Atelier TA où il se produit ce soir-là.

«  J’adore ça, c’est des potes qui m’ont invité. Je suis venu avec Bluntsman avec qui j’ai commencé dans la musique y’a très longtemps, ça me fait toujours plaisir de venir poser avec lui. »

L’entrevue arrive à sa fin avec la traditionnelle question sur les projets. Un album en préparation à sortir sur le label Chinese Man Records, des featurings sur l’album de Chinese Man et un EP de remix prévu pour février. Il y aura aussi une tournée du projet solo cet été et surement quelques dates avec Chinese Man. Un agenda bien rempli et plein de choses qui donnent envie. Comptez sur InTheMorning pour vous en parler en temps voulu.

Voici l’heure de prendre congé. On descend dans la salle retrouver les copains et assister à la performance de Taiwan MC. Plus de deux heures de show assez incroyables desquelles se dégage une impression de facilité et de virtuosité tant dans l’animation que dans les parties « chantées ». Une bonne grosse claque, l’occasion de découvrir en live un artiste dont le niveau technique, la présence et l’énergie nous bluffent littéralement. Dans une petite salle, sans scène mais avec une bonne grosse sono comme on les aime, Taiwan MC nous cueille des fleurs avec un set remarquable. Si il vient par chez vous courrez-y, vous ne prenez pas le risque d’être déçus.

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Texte et photo: Pierre

Dessin: Oob

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