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Toulousains de naissance, d’adoption ou même simplement de passage, pour peu que vous participiez relativement régulièrement à des soirées au cours desquelles la musique électronique est à l’honneur, vous avez sans doute déjà eu la chance de voir Scarfinger à l’oeuvre en train de s’agiter sur son mpc. Vous l’avez peut-être même déjà vu en dehors de la Haute-Garonne pour la simple et bonne raison que le mec tourne pas mal. Des lives qui envoient, des vidéos qui cartonnent sur Youtube, des projets multiples, bien concrets et qui donnent envie d’en savoir plus… Il était temps de rencontrer Scarfinger et de savoir ce qui se cache sous le foulard le plus connu de la scène electro toulousaine. On a profité de son passage au Connexion vendredi dernier pour organiser une rencontre…

Il est 17h30 (comme dans le titre de l’article si on y pense bien) et c’est juste avant qu’il fasse ses balances que l’on retrouve Scarfinger. Plutôt détendu, il connait les scènes et le public toulousain, la pression il la digère bien maintenant. D’autant plus qu’aujourd’hui – et même s’il ne le dira pas – il est la tête d’affiche. Programmé aux côtés de LigOne ( qui est « juste » champion du monde DMC) c’est tout de même lui qui amènera le plus de monde sur la piste et fermera le bal bordélique plein de basses auquel nous assisterons ce soir. Scarfinger se présente comme un « performer sur mpc », à raison. Il précise que son univers part de la bass music de manière générale mais trouve ses inspirations dans le hip-hop et le rock : « Mes premiers albums c’est des Michael Jackson, j’ai été bercé par du son dansant qui dégageait une certaine énergie ». Cette logique de « l’énergie » on la retrouve dans ses sets, dans tous ses sets. On sent que le dj masqué est dans la recherche constante de ce qui fera bouger, de ce qui procurera de véritables émotions musicales teintées de violence. Un gros drop bien exécuté ça vaut autant qu’un gros riff de guitare, le temps et l’expérience nous l’ont prouvé. Et puis le hip-hop donc, NTM en particulier, vers lequel Scarfinger s’est dirigé après s’être relativement détaché du rock à proprement parler. Pour résumer, on commence avec MJ, on fait un crochet par RATM et on part naturellement sur du hip-hop qui balance, à tous les niveaux. Le parcours musical classique d’un mec né dans les années 80 au final. Mais la boucle ne saurait être bouclée sans la découverte de la scène électronique à un moment ou un autre.

Cependant, cet attrait pour l’electro était loin d’être évident au départ…

« Je faisais pas spécialement d’efforts pour m’intéresser à cette culture en fait. Tout a dû commencer il y a un peu plus de 5 ans. Je sortais, j’entendais le son mais ça me branchait pas plus que ça. Des potes m’ont fait découvrir le dubstep et la bass music de manière générale. Au final j’ai réalisé qu’on retrouvait cette énergie que j’adore en live ».

 

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« La victoire s’est jouée à l’applaudimètre et je sais plus qui a gagné. On savait pas trop ce qu’il y avait à gagner non plus mais bon… ».

Tout part donc de là, du live. C’est généralement lors de concerts que l’on prend conscience (ou non) de la puissance d’un artiste, d’un son… C’est là que tout prend sens.

Après cette « révélation » tout va très vite pour Scarfinger. Il fait la découverte de Araabmuzik, l’un des utilisateurs de mpc les plus connus au monde et sait que c’est ça qu’il veut faire.

« J’ai vu ses vidéos, j’ai écouté ses sons et ça m’a paru évident. Du coup j’ai commencé à bosser là-dessus, j’ai posté quelques vidéos, les retours étaient positifs et j’ai participé à un concours de DJs au White Club (Rip le White Club, ndlr). La victoire s’est jouée à l’applaudimètre et je sais plus qui a gagné. On savait pas trop ce qu’il y avait à gagner non plus mais bon… ».

Ce concours c’est surtout l’occasion de se montrer et de rencontrer des personnes qui l’accompagnent encore aujourd’hui comme CloZee avec qui il forme le duo CloZinger. Un duo plein de projets, d’idées et de potentiel. Avec un live en préparation et pas mal de morceaux à venir on a hâte d’en savoir encore plus sur cette association mpc/guitare…

 

Mais revenons-en à son parcours, à ses débuts.

« Après mon passage au concours organisé par le White Club on me recontacte, ça part… Au début c’est moi qui traînait la patte pour accompagner mes potes en soirées et maintenant c’est eux qui viennent me voir en live… ».

 

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« Quand j’y pense c’est allé assez vite. Au bout d’un peu plus d’un an je fais mon premier Bikini avec des gros artistes. Mais bon, avant ça j’ai quand même joué dans des boîtes qui ressemblaient davantage à des couloirs ».

 

Cette constatation se vérifie encore davantage lorsque Scarfinger est invité à jouer à une soirée Code au Bikini (une véritable référence, tant pour la qualité de ces soirées que pour celle du son proposé par la salle du Bikini de manière générale) aux côtés de Datsik, Bare Noize, High Rankin ou encore MSD.

« Là c’est une putain de pression. Tu passes avant ou après des mecs que t’as l’habitude d’écouter, que tu adores. Tu joues devant ton public, certes, mais aussi devant ces gars là. C’est beaucoup de pression, tu passes de l’autre côté en quelque sorte ». Cependant et malgré ce stress tout à fait logique, « Scar » avoue que ça reste tout de même son plus beau souvenir de live.

« Quand j’y pense c’est allé assez vite. Au bout d’un peu plus d’un an je fais mon premier Bikini avec des gros artistes. Mais bon, avant ça j’ai quand même joué dans des boîtes qui ressemblaient davantage à des couloirs ».

Si la bass music ou la dubstep semblent être ses domaines de prédilection, Scarfinger a plein d’idées, plein de choses sur le feu qu’il a hâte de faire découvrir au public.

« Là j’ai plein de morceaux « chill » qui sont prêts. Je bosse vraiment beaucoup là-dessus dans le but d’avoir un live solide, de proposer un truc nouveau. On devrait voir ça arriver d’ici 2016. Je suis à fond sur le live. J’ai pas forcément encore assez de prods de ce style mais ça vient ». S’il fourmille d’idées il n’en oublie cependant pas ses premières amours car un tout nouveau live bass music est également en train de se préparer.

« Il s’agit de deux projets bien distincts mais que je veux finaliser en 2016. Je trouve que je tourne sur le même live depuis trop longtemps, j’ai envie de changements ».

Entre ces deux projets perso et CloZinger (« on part dans tous les sens là-dessus, on s’éclate vraiment et on fera un live en Janvier à Paris. On se fixe aucune limite tant qu’on fait ce qu’on aime ») on peut dire que Scarfinger est sur pas mal de fronts.

Beaucoup de boulot en perspective mais la certitude que tout ce qui sortira de son mpc aura été réalisé avec passion.

 

Retrouvez toute l’actu de Scarfinger , ou encore .

 

Texte et interview : Arnaud

Photo : Pierre

 


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