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Le groupe Odezenne vous le connaissez, a priori. On pourrait vous répéter pour la millionième fois le pourquoi du comment du nom Odezenne ou encore du titre de leur dernier album. On pourrait également vous dire que leurs clips sont régulièrement de petits événements sur le net, des petits bijoux de créativité parfois trash… Nous avons eu la chance, lors du passage du groupe à Toulouse, au Metronum, de pouvoir rencontrer Alix, l’un de ses leaders. L’occasion ( d’essayer) de parler d’autre chose que de ce que tout le monde sait déjà …

 

Il est environ 17h15 lorsque les membres d’Odezenne se présentent à nous, les uns après les autres. La rencontre est prévue depuis un certain temps même si les conditions entourant cette dernière ont quelque peu évoluées. En effet, des circonstances telles que la fatigue accumulée des derniers mois (des dernières années ?), des événements promotionnels à l’autre bout de la ville ou peut-être encore des balances qui durent plus longtemps que prévu auront transformée ce qui devait être une simple interview en une table ronde, avec la présence de quatre autres de nos confrères/concurrents locaux. Plutôt que d’y voir quelque chose de négatif on préfère se dire que c’est là l’occasion d’avoir une discussion, tous ensemble, de rebondir sur les réflexions des uns et des autres et d’échanger, de la manière la plus naturelle possible. D’autant qu’avant leur départ pour une séance de dédicaces, Jaco (l’autre moitié du duo de chanteurs/mc) nous précise bien que nous avons de la chance, nous sommes avec « le plus bavard du groupe ». Ce qui se vérifiera tout au long d’un entretien passionnant qui durera une bonne demi-heure. Ce qui frappe tout de suite (mais n’étonne pas vraiment quand on connait un minimum Odezenne) c’est le naturel, la décontraction et l’honnêteté d’Alix. Une honnêteté qui colle parfaitement à la démarche artistique du groupe au final. Le premier thème abordé est leur ressenti en ce qui concerne cette tournée qui commence. 

« On tourne depuis trois semaines et on a de super retours … Le public il est fou, on a jamais eu de concerts comme ça. Et ce dont on est vraiment contents c’est que les anciens titres se mêlent vachement bien aux nouveaux ».

Concernant les avis du public quant à leur dernier album, là aussi Alix se montre plutôt satisfait :

« C’est le disque (Dolziger Str. 2) qu’on préfère et on était curieux de savoir qui allait suivre ».

 

– L’absence quasi-totale de passages radio –

 

Si le public et la plupart des critiques se montrent (et se sont quasiment tous toujours montrés) dithyrambiques il y a un état de fait qu’Alix ne s’explique pas : Odezenne ne passe toujours pas en radio.

« On passe toujours pas en radio et je sais pas pourquoi. Quand tu ne passes pas en radio tu vends pas masse de disques. On a pas des rentes de oufs mais notre vie on la gagne en tant qu’intermittents, sur scène ».

 

-« On se heurte régulièrement à une sorte de puritanisme de la part des radios »-

 

Lorsqu’on lui demande s’ils ne payent pas là leur côté inclassable, éclectique et affranchi de toutes contraintes en ce qui concerne un style musical bien défini, la réponse se fait plus précise :

« Pour Mouv’ on est pas assez urbains, pour Nova on est pas assez … lisses, pour Ouï FM on est pas assez rock et pour Virgin on est pas assez mainstream. Sans compter qu’on n’a de toutes façons pas envie de passer sur Fun, Skryrock ou NRJ. On a bien Fip qui nous joue une fois par jour et France Inter qui nous a mis dans sa playlist … Mais dans sa playlist 2h-4h du matin. On se heurte régulièrement à une sorte de puritanisme de la part des radios. Si vous voulez mon avis, les programmateurs radios s’auto-censurent un peu… ». Au départ c’est pas un choix, nous on veut bien passer en radio ».

L’occasion d’aborder à présent cette démarche si particulière et appréciable qu’est l’emprunt du circuit indépendant plutôt que de la signature en major …

– Le choix (ou non) de l’indépendance –

 

Les gars d’Odezenne ont-ils seulement envie d’être signés dans une « grosse » maison de production ? Alix nous raconte le moment où les choses auraient pu basculer.

« Après la sortie de l’EP Rien, on a fait l’Olympia. Du coup on a eu des offres d’Universal, de Warner, de Sony … Mais c’était vraiment la première fois.  À ce moment-là ouais, on a dit non, on a fait un choix ».

Pour autant les choses ont évolué en ce qui concerne les tâches à accomplir pour le groupe.

« Aujourd’hui on s’occupe simplement du contenu artistique, des affiches, de l’esthétique générale, etc. On peut maintenant déléguer toute la partie commerciale à un label indé’, Tôt ou Tard. Ils s’occupent de la distribution, de tous les aspects commerciaux en fait. On a plus de temps pour faire ce qu’on aime c’est le principal. La limite de l’indépendance au final c’est que quand ça commence à marcher t’as plus le temps de tout faire. On est contents d’avoir trouvé ce compromis, d’avoir évolué dans ce sens-là ».

 

-« Faire des comparaisons c’est juste un raccourci pour pas avoir à faire la démarche d’expliquer ce que t’écoutes »-

 

S’il y a bien une chose qui semble irriter Alix (et le reste du groupe avec lui, on peut facilement l’imaginer) c’est le manque de réflexion de la part des critiques quand il s’agit de parler de leur travail. Et lorsque l’on n’a pas trop de connaissances musicales quoi de mieux que pratiquer le name-dropping à outrance…

« Bien sûr que ça nous fait chier d’être comparés à Fauve. Pas juste à Fauve d’ailleurs. C’est toujours chiant d’être comparés à d’autres. Même deux ou trois fois c’est trois fois de trop. Il me semble que ça vient de Télérama cette comparaison. La nana qui a fait l’article elle a 45 piges, elle sait pas trop quoi dire … Faire des comparaisons c’est juste un raccourci pour pas avoir à faire la démarche d’expliquer ce que t’écoutes ».

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– Les projets –

 

Si Odezenne est droit dans ses bottes quant à la démarche empruntée depuis quelques années, les mecs fourmillent de projets. Logique pour un groupe dont la créativité semble être sans limite. La preuve avec ce qu’ils comptent faire de leur dernier album.

« S’il n’y a « que » dix titres (sur Dolziger Str. 2 ndlr) c’est parce qu’on compte tous les cliper. On a aussi fait un disque plus court pour qu’aucune chanson ne passe à la trappe. On veut que les gens se souviennent de toutes. De plus cet album est plus cohérent que tous les autres. Il correspond vraiment à notre séjour berlinois ».

2016 sera encore une année faste pour les bordelais avec une tournée qui s’allonge encore et encore, Le Printemps de Bourges qui arrive mais également Dour et un studio qui va se monter à Bordeaux.

Sans compter quelques featurings potentiels qui nous donnent vraiment envie mais la déontologie nous empêche de révéler ce qui se dit en off…

 

Propos recueillis par Arnaud et Max

Texte d’Arnaud

Photos par Pierre

Le live report du concert c’est juste là.

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