La légèreté, la patine vintage, l’envie de voyager, de se laisser porter sans se poser trop de questions… Les points communs entre le projet musical dont nous allons vous parler et la voiture du même nom sont assez nombreux et pourtant… La modernité dans la démarche générale et les projets qui fourmillent font que le duo musical appartient, lui, au futur. En concert au Connexion ce vendredi, ils sont plein d’idées pour la suite mais ont également un passé, un parcours qu’il est toujours intéressant de parcourir histoire de comprendre d’où ils viennent mais également avec quels objectifs ils envisagent la suite. ITMM a rencontré Mehari et débriefe avec vous.

Mehari c’est le fruit de la rencontre entre Pierre-Henri et Matthieu, tous deux originaires d’Albi (Tarn). Si PH était en premier lieu ami avec le grand frère de Matthieu la musique les a rapprochés et ce depuis pas mal d’années maintenant. C’est ce dernier qui nous raconte comment tout a commencé :

 » Un jour PH m’a ramené chez moi, on a écouté des skeuds et on a tout de suite eu envie de faire des sons ensemble. Je faisais déjà des trucs chez moi depuis quelques années notamment du piano, de la guitare, du chant… Lui avait déjà commencé à composer, à produire et jouait de la guitare, de la basse et du clavier ».

Cette rencontre musicale elle a lieu en 2011 et à cette époque le seul projet est de se faire plaisir. C’est à partir de 2013 qu’ils se lancent, décident de produire ensemble et de faire de la scène… Le top départ de cette ambition nouvelle il le doivent entre autres à Bertrand Cortès, boss de Champ’Caine Records rencontré à Toulouse et dont le travail est surtout orienté électro. C’est donc en mars 2013 que leur signature avec ce label toulousain aura lieu.

A ce moment précis ils avaient commencé à produire un trois titres du nom de Red Moon. Sur cet EP on retrouve un titre chanté, les autres sont instrumentaux. Leur style musical est déjà bien marqué avec un côté un peu psyché sur les voix, un style qui rappelle la vieille musique électronique des 80’s en ce qui concerne les rythmiques.

Après leur signature chez Champ’Caine et avec un style musical désormais plus affirmé il est temps de se frotter à la scène. La première prestation live aura lieu au Connexion et s’en suivront pas mal d’autres salles toulousaines bien connues de tous les habitants de la ville rose. Le Saint des Seins, la Dynamo (et le Bikini, un peu plus tard) entre autres…

La suite c’est Matthieu qui en parle le mieux :

« On a eu des échos super positifs dans le milieu, des retours hallucinants après des diffusions sur différentes plateformes, notamment aux Etats-Unis. Là-bas, une énorme agence de booking a adoré notre son et elle nous suit toujours. On s’est retrouvés programmés en radio à New York, en Californie… Au final ce sont de toutes petites marches qui ont été gravies et qui donnent toujours envie d’aller un peu plus loin. Ce qui est certain c’est qu’à ce moment-là on avait acquis un certain succès d’estime ».

La suite ? Il faut s’équiper et apprendre. Acheter du matos c’est un peu sans fin et le duo se fait un devoir de toujours vouloir le meilleur. En terme de pré-production l’idée c’est de faire toujours mieux et le duo estime avoir fait ce qu’il fallait à ce niveau-là en 2014 avec la sortie d’un deuxième EP, All This Time, toujours chez Champ’Caine Records. Ce dernier comporte encore une fois trois titres mais avec trois remix en plus cette fois-ci. Musicalement l’idée est toujours la même, faire des ponts entre un son actuel et des rappels à cette électro des 70s/80’s dont ils sont si fans. On retrouve par conséquent ce côté aérien, spatial, susceptible de mettre des images plein la tête de l’auditeur.

Ce deuxième EP, sans doute encore plus abouti, nous est raconté par Matthieu :

« Ce côté aérien on le retrouve avec ces synthés qui flottent un peu, à la limite de la justesse, dans les modulations, dans le mouvement aussi. Sur cet EP on voulait être modernes, ajouter du chant. Et avec ce format, par la force des choses, tu pars sur des titres plus efficaces donc tu t’adaptes et tu travailles différemment. Mais pour nous ce deuxième projet est encore un coup d’essai car arriver à faire de la musique pour la voix c’est totalement différent d’un morceau électro ».

Ce nouveau projet, abouti et différent, aura droit à pas mal de très bons échos avec notamment un article dans les Inrocks, des scènes à Paris et des présence en festivals.

En 2014 ils intègrent un batteur à l’aventure Mehari, Denis Degioanni (ancien de Diabologum, groupe des 90’s devenu culte avec le temps). Ce dernier leur apporte savoir-faire et expérience sur les lives. Le rendu est bien différent d’avec une « simple » boite à rythmes et la présence du batteur apporte surtout un changement radical dans la préparation des morceaux.

Une nouvelle étape est franchie, la portée de leur travail s’étend et des concerts sont donnés à Bordeaux, en Espagne et à nouveau à Paris.

En parallèle, Matthieu et PH commencent à faire de la musique à l’image pour des agences, pour des commandes. Ils sont vite contactés par Havas pour travailler sur une campagne internationale pour Citroën. Cette campagne leur permet d’investir dans toujours plus de matos mais également de jouer en Chine ou ils feront deux voyages. L’un est plutôt pro et l’autre davantage ouvert au public. En une semaine c’est tout simplement 300.000 streams que ces performances vont leur apporter avec cette toute nouvelle audience.

Depuis c’est Clément Libbes (BigFlo & Oli, Oxmo Puccino…) qui est à la réal’ et avec lui ils se sont entourés d’une équipe de personnes leur permettant d’avoir une vision plus globale, plus de recul. L’idée c’est de pouvoir maintenant payer des gens pour l’EP sur lequel ils bossent en ce moment et qui devrait déboucher sur un album.

S’ils ont mis du temps à revenir avec un nouveau projet, Matthieu peut tout à fait l’expliquer.

« On a sorti peu de choses ces derniers temps parce qu’on avait énormément de travail à accomplir pour arriver au niveau voulu. Là on assume le chant, ça c’est plutôt personnel d’ailleurs. J’ai appris à l’assumer, en public ou non. Le fait d’avoir des retours d’autres personnes ça aide aussi. Ce troisième EP devrait être prêt courant mai. Avec nos deux prochaines dates, au Connexion puis au Metronum (en première partie d’Initiative H), on va pouvoir le répéter, le tester en live. »

Pour ces deux concerts à venir, Mehari va jouer une dizaine de morceaux dont seulement deux ou trois anciens. Ils seront pour ces dates accompagnés sur scène d’un guitariste même si à terme ils aimeraient retrouver un batteur (l’ancien ayant depuis quitter le projet). Le groupe a mis au point une base de 30-40 morceaux et une quinzaine d’entre eux seront retenus pour figurer sur l’album à venir. C’est depuis la pub pour Citroën qu’ils ont été rejoints par un éditeur, leur donnant par là même l’occasion de signer l’album dans les meilleures conditions possibles.

« Quelque part on redémarre un peu, on a rien sorti depuis 2014 même si on a jamais arrêté de bosser. Là on est fiers du résultat »…

Une chose est certaine, on est impatients de découvrir cet album et comptez sur nous pour vous en parler en temps voulus.

 

Texte : Arnaud
Photos : Pierre (PNC photographie)

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire