Une selecta aussi pointue qu’alléchante.

En effet ce soir les plus belles légendes de la scène reggae jamaïcaine partagent les bonnes ondes de la nouvelle école européenne de l’amour. Impossible de passer à côté de ces (re)découvertes car on puise dans les racines vitales. Le Report, d’aujourd’hui, se doit donc d’être une massive rétrospective.

Nous sommes nombreux à aimer, à adorer, à vénérer, à vouer un culte à la Musique. On en écoute sans cesse, à tel point que l’on ne peut plus s’en passer. Je peux l’entendre, moi-même contaminé, condamné, la Musique permet tant de choses, qu’elle adoucit les moeurs, amplifie les joies mais aussi les peines, transmet des émotions. C’est ce fil conducteur qui nous emporte et nous permet de nous transcender, n’importe où, chez soi ou sur le dancefloor. Certains styles font davantage le taf que d’autres, selon si elles sont entraînants ou selon ce qu’ils véhiculent. Le reggae est censé être cette musique universelle qui nous touche tous par rapport à ce qu’elle représente et les messages positifs qu’elle cherche à faire passer. Pourtant, certains sont réfractaires, d’autres en ont besoin, j’ai du mal à l’expliquer, … anyway.

Tout cela c’est BABYLON, passons.

Sur ce ressenti, nous sJah 9ommes partis faire une cure de bonnes vibes Dub-Ska-Reggae à la Rebel Escape, délaissant certains de nos fidèles acolytes de plancher qui préféraient taper du pied sur un rythme différent, cette programmation étant bien trop alléchante pour mes oreilles affamées. En effet, quand j’ai vu passer l’affiche, la combinaison offerte me semblait surpuissante : de vraies légendes incontournables, mêlées à de la jeunesse qui ne pouvaient que faire décupler mes jumps.

Une vraie selecta qui ne pouvait être que gagnante tant elle touche tout le monde. En effet, un monument du Ska-Reggae ainsi que l’artiste Dub le plus « Trip-hopisé » pour ensuite aller vers des références plus contemporaines et locales.

Et avec une si longue programmation, on ne perd pas de temps car le planning est chargé et les artistes s’enchaînent. On commence très tôt, (trop), car à peine sortis d’une interminable journée de labeur, c’est la course qui s’impose pour se retrouver, prendre la 1ère navette et son départ prévu à 20h30. Un peu décalé pour un début des concerts à 19h30 mais on ne se plaint pas à 1€ le trajet qui nous dépose pile devant l’entrée, on est bien dans nos baskets.

 

 

skankÀ peine arrivés, on tombe sur une agréable découverte pour les mirettes, l’exposition d’un fin activiste de la pointe tubulaire. Mise au point (facile), il officie depuis plus de 2 ans, comme rendant une sorte d’hommage au reggae/sound-system, à tirer le portrait de ses artistes musicaux préférés uniquement au point, le rendu est éblouissant. Un travail sacrément minutieux avec une dizaine d’heures pour chaque portrait au stylo noir, armé de différents calibres micrométrés et de sa patience. La seconde étape du projet, pas des moindres, est la colorisation pour sortir ce support sous forme de livre avec des portraits, des anecdotes, des interviews et quelques illustrations exclusives. Vous l’aurez compris, son rendu est d’une finesse qui rappelle le grain que l’on peut apprécier du piqué d’une photographie. Et un point, c’est tout. (n’est-ce point Maud). Laska, nous transporte automatiquement dans cette expérience visuelle, très appréciable tant elle est rare,  avec la finesse du trait qu’il nous propose aussi bien pour les illustrations que les typographies qui l’accompagnent.

Vous êtes vivement invités à suivre cette aventure à l’adresse suivante :

Projet de Skank It by Laska

KEN BOOTHE

KEN BOOTHE

KEN BOOTHE

Ken Boothe officie juste après Jah9, dans une splendide tenue bien assortie, de la tête au pied, costume blanc et noeud papillon de mise, chemise rouge et mocassins blancs clinquants. Le parfait crooner prend directement les rennes. Cet homme aux multiples tubes intemporels, reprenant les plus grands classiques existants, commence directement par les siens avec le fameux « You’re no good » qui nous plonge dans une atmosphère mélo-dramatique dont lui seul a le secret (à mi-chemin entre la Soul et le Reggae). Le voyage est immédiat, paré pour le décollage.

Le monsieur n’est plus tout jeune mais est démonstratif et tend à faire le show en enchaînant plein de pas de danses, complètement envoûté par sa musique tout n’en arrêtant pas de sourire. Un trop plein d’amour tant il déborde, car l’homme est bien rempli de celui-ci et il en va encore plus de cette démonstration quand il vient même à inviter sa femme sur scène pour nous la présenter, un geste qui est, encore une fois, fruit de son amour. Sa musique véhicule exactement cela : des histoires, des ressentis, des émotions, de la passion, de l’amour … de la vie.

Cette démonstration ne s’arrête pas là, quand il passe au registre plus profond d’un « Speak softly love » sur une instrumentale phénoménale. Une pause est marquée, pour amener une respiration avec un solo de piano, pour reprendre de plus belle avec une 2ème partie qui va nous permettre de redescendre après nous avoir hérissé les poils. C’est comme cela, c’est magique, c’est inexplicable ou du moins, on n’a pas besoin de savoir.

Je vous laisse apprécier sa version et profite même de cette demi-occasion pour vous offrir celle d’un demi-parrain.

Car c’est définitivement en tant que parrain qu’il intervient pour le chant, la danse, l’amour. Une mainmise sur le reggae game et pas des moindres, de celle qui permettent de de s’accaparer l’amour et de nous le redistribuer. On boit ses paroles avec admiration, sans rechigner, on se sent tout petit face à lui. C’est un grand Monsieur qui officie ici à qui on doit beaucoup de respect.

Beaucoup d’aplomb et de sagesse, qui assoient ses propos en une rétrospective pleine de justesse.

B L E SS

No freedom until we have peace

 

HORACE ANDY

Horace Andy

HORACE ANDY 

Le célèbre Horace Andy prend la relève avec la meilleure introduction possible, complètement cinématographique, elle plante le décor lentement, mélangeant une atmosphère si planante (qu’elle ferait passer Snoop Dogg Lion pour le gentil toutou à sa mémère) et si palpable afin d’introduire et d’asseoir son timbre si charismatique et nous le faire bourdonner délicatement dans nos oreilles. Son répertoire est unique, autant par la richesse de son écriture que par sa voix de ténor, si particulière. Horace Andy a su trouver cette voie après avoir suivi les traces de vocalistes comme Ken Boothe dont il partage les planches, même ce soir, en développant un style sur-mesure qui n’appartient désormais qu’à lui vocalement. Cette voix emblématique, associée à un phrasé impeccable, est si puissante qu’elle compte, aujourd’hui, parmi les plus talentueuses du reggae.

On décolle encore plus avec ces ondes entraînantes qui nous font planer plus haut encore.

À tester sur la version de Massive Attack dès les premiers échos de la voix.

Cette virtuosité l’a amené à poser son fameux timbre derrière de nombreux artistes en dehors du monde du reggae, au premier rang desquels la formation de Bristol dès 1990. Impossible de parler de lui sans parler de Massive Attack et de leur magnifique collaboration qui a permis de mettre au goût du jour son répertoire et de le partager avec le monde entier dans une nouvelle approche Trip-Hop.

 

Cette collaboration n’est pas prise à la légère car dès le premier album « Blue Lines », en 91, il chante sur 1/3 de l’album et il continuera de poser cette voix sur l’album « Protection » en 94 et même sur Mezzanine en 98 lui permettant des tournées internationales et de toucher d’autres publics. On remercie vivement Massive Attack d’avoir permis d’apprécier ce doux timbre et de nous emporter si loin dans les airs.

On ne peut passer à côté du partage de cette pépite car elle est même reprise par l’autre star de la soirée, Alborosie.

Sa favorite & sa danse…

Cuss cuss

DUB INC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors certes, sans manquer de respect, ni faire preuve de paresse, même si les jeunes ont décuplé mes jumps en retrouvant les classiques  d’il y a (déjà) 10 ans et que la puissance est là, les ondes, les vibrations, les émotions… Il s’agit d’autres types de classiques, certes aussi appréciables même s’ils n’arrivent pas à la cheville des papis. Les vibes sont présentes et le public est réceptif, très connecté avec Dub Inc et permet de préparer encore plus le public à recevoir Alborosie.

 

Voici la selecta des titres, dorénavant phares… du phare.
[out]

ALBOROSIE

Alborosie

ALBOROSIE

 

CONCLUSION

Une soirée riche en couleurs et en émotions et c’est exactement le répertoire de ce soir qui nous permet de puiser dans les racines d’une culture et d’une musique forte en sentiments. Car oui, c’est bien d’amour dont il s’agit ici et on en a pris une sacrée ration jusqu’à Zion sans joint, ni faux rastas, ni « sons de Jah » à outrance. Sans oublier le Black Out Sound System, qui nous a permis d’apprécier d’autres riddims dans la soirée.

Pour finir, il ne faut pas mettre la charrue avant la beuh (Kacem) et laisser de côté ses a priori pour apprécier pleinement la prestation musicale de cet événement qui nous a largement conquis pour sa première édition.

On attend les suivantes avec impatience.


MERCI au Phare & Bajo El Mar, merci à Nastasia pour l’accueil, merci aux artistes, big up à Laska pour les illustrations.

Propos recueillis par Nelson

Les photos illustrant cet article sont la propriété de Matthieu Borrego et ne sauraient être utiliser sans son autorisation préalable.


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