Pierre Emmanuel Barré c’est cet humoriste que tu peux voir au quotidien sur Canal + avec « l’instant Barré » ou encore sur France Inter dans l’émission « On va tous y passer ». Provocateur à l’humour absurde et incisif, il sera de passage dans la ville rose pour jouer ses deux spectacles à la Comédie de Toulouse les 21 et 22 mars prochain : Pierre Emmanuel est un sale con et Full Metal Molière. C’est à cette occasion que nous l’avons rencontré.
pierre

ITMM : Peux-tu nous parler de ton parcours, tes débuts?

J’ai des souvenirs assez vagues de ma naissance, mais je me souviens avoir beaucoup pleuré. Un moment difficile. Après j’ai fait des trucs et j’ai fini au Cours Florent parce que j’ai deux passions dans la vie : ne rien foutre et boire de l’alcool. C’est la conseillère d’orientation qui m’a dit d’aller là-bas.
A la sortie, j’étais au chômage comme tout le monde, alors j’ai écrit mes trucs et je suis allé les jouer. Comme les gens rigolaient, j’ai définitivement lâché la tragédie grecque pour l’humour, financièrement, c’est plus rentable. J’ai atterri sur France Inter en passant un casting et comme à Canal Plus ils écoutaient Inter, ils m’ont proposé de passer un casting. Et puis un matin, j’ai reçu un mail de Inthemorning Mag qui me demandait de parler de ça.

ITMM : Quels artistes t’ont influencé ? De qui te sens-tu, aujourd’hui, le plus proche professionnellement parlant? 

Il y en a plein, je suis fan des anglo-saxons Eddie Izzard, les Monty Python, Chris Rock, Louis CK, Georges Carlin… En France, il y en a moins que j’aime parce que comme je suis fan des anglo-saxons, j’ai déjà vu les spectacles en VO. Mais il y en a de très bons, Chris Esquerre, le comte de Bouderbala, Dieudonné et j’en oublie… Et puis les anciens bien sûr, Desproges, Dupontel, les Nuls…

ITMM : Tu « testes » la liberté d’expression sur Canal Plus depuis la rentrée, en quelque sorte. Quel bilan en fais-tu? A-t-on le droit de tout dire, partout? 

Eh bien je dois reconnaître qu’on ne m’emmerde pas. On m’a demandé de modifier deux trois trucs, mais jamais sur le fond, sur la forme seulement. Ceci dit, j’ai l’impression d’être le seul. En ce moment, tout le monde se fait emmerder par la ligue des droits de l’homme, les associations, le conseil d’État… Je pense que ma chronique tombe pile poil sur la pause déjeuner du CSA.

ITMM : Est-ce que la télévision te limite ou te donne envie d’en faire encore plus? 

C’est pas la télévision qui limite, c’est le travail de la quotidienne, je n’ai plus le temps de lire, de m’informer sérieusement. C’est difficile de ne pas faire d’humour gratuit de temps en temps. Je dois produire 20 minutes de trucs rigolos par semaine, forcément au bout d’un moment, on va faire de la misogynie et du cul. Mais la télé a des contraintes, on est obligé d’être efficace, un rire toutes les 10 secondes au max. Va parler de finance internationale avec un rire toutes les 10 secondes…

ITMM : Tu prouves que pour être vraiment drôle, l’humour doit s’affranchir de toute limite, de toute censure. Est-ce qu’entendre ou voir un public (et Colombe Pringle ou encore Anne Elisabeth Lemoine) outré est pour toi une récompense? 

Hahaha. En vrai, elles rigolent de temps en temps quand même. Mais je préfère avoir un public qui fait Oooh que un public qui fait …  Au moins, j’ai suscité une réaction. L’important c’est que les gens trouvent ça d’abord drôle et puis après, gênant. Dans l’autre sens, ça ne marche pas.

ITMM : Quels sont tes projets?

J’en ai plein. En vrac, je voudrais terminer mon nouveau spectacle, coécrire une deuxième pièce avec Bruno Hausler, tourner des pastilles de vidéos absurdes sur l’histoire de France et écrire un livre qui s’appellera « Dieu roule en Mégane. » Pour l’instant, j’ai que le titre, mais c’est l’essentiel. Je sais plus si c’est Guillaume Musso ou Marc Lévy qui a dit ça.

ITMM : Enfin, c’est quoi le matin parfait pour toi ? 

Celui que je rate parce que je me réveille à midi avec la gueule de bois et 5 ukrainiennes. Malheureusement, ça n’arrive jamais. Sauf la gueule de bois.

Propos recueillis par Arnaud.


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