British Band 'The Who'

Pour commencer cette rubrique, qui aura pour but avoué d’élargir un peu notre culture musicale commune, on aurait pu choisir plus dur, moins connu, peut-être plus confidentiel. C’est vrai. Mais raconter les Who, c’est un peu comme raconter le Rock n’roll : du grand n’importe quoi. Avec les Stones, les Doors, Bowie, et tant d’autres, les quatre anglais font partie de ceux que MTV appelle sobrement « les papas du rock ». Pour une fois que la chaîne « musicale » ne dit pas une connerie, autant en profiter.

Avant de commencer, autant le dire tout de suite, cette chronique qui, on le souhaite,  sera hebdomadaire, n’a aucunement l’ambition de faire un historique complet des artistes choisis, mais plutôt de vous amener à en savoir plus. On parlera donc plutôt de « présentation », le reste c’est à vous de le faire. Bande de feignasses. J’espère cependant que vous prendrez autant de plaisir à découvrir ces groupes mythiques que j’en ai eu moi-même.

La formation :

On comptera de nombreux membres à ce groupe mythique, des remplaçants, des gars jouant des instruments improbables et autres musiciens de scènes, mais depuis 1964, année de création du groupe, jusqu’en 1978 (mort du batteur Keith Moon), ils sont quatre à avoir fait évoluer le rock. Et ils sont tous devenus des légendes dans leurs parties. Tous.
(Vous m’excuserez le ton franchement hagiographique, mais c’est dur d’être objectif avec un groupe que l’on vénère).

Roger Daltrey (guitare, un peu, chant, surtout), ancien métallo, hyper agressif et résolument antidrogue (quoique pas antibibine), il est, avec Townshend, le leader du groupe. Sur scène, ses prestations sont grandiose, et son jeu de micro restera dans l’histoire comme l’une des premières armes de destruction massive, comme peuvent encore en témoigner les jeunes « Mods » inconsciemment situés au premier rang de ses concerts. Par ailleurs, sa voix, roque et tendue, était la seule à pouvoir interpréter un titre comme « My generation » sans paraître ridicule. Et ça, c’est quand même plutôt classe. Son seul défaut ? Être supporter du club anglais d’Arsenal. Mais personne n’est parfait.

Pete Townshend (guitare et un peu tout autre instrument passant à sa portée, composition), complètement taré (accro à la cocaïne, l’héro, les acides et l’alcool) et résolument novateur, il fut un des premiers à utiliser le power chord, la distorsion et le larsen en tant qu’éléments de son jeu de guitare. On notera aussi qu’il fut l’un de ceux qui introduisirent le synthé dans le rock (et que malheureusement, ceux qui suivirent n’avait pas forcement son talent). Il est également un auteur-compositeur de très grand talent, s’inspirant ouvertement de sa jeunesse très sombre dans ses textes, notamment dans son chef d’œuvre, l’opéra rock Tommy, et devenant par la même un porte-parole de la jeunesse anglaise et mondiale des années 60-70.
Il est aujourd’hui à moitié sourd, du fait de la puissance des prestations live du groupe (record Guinness de décibels enregistrés en concert, pendant plus de 10 ans). Tout à un prix dans cette vallée de larmes.

Keith Moon (batterie), « Moon the Loon » (Moon le fou, en français), est un des plus grand batteur de l’histoire du rock, destructeur invétéré de fût, soliste exceptionnel et, bien évidemment, mort d’overdose à 32 ans(paix à son âme, qui traîne probablement en enfer, d’ailleurs). Rien de plus, rien de moins.

John Entwistle (basse), le moins connu du quatuor, sans aucun doute, il est cependant élu meilleur bassiste du 20e siècle par le magazine américain Rolling Stones en 2009. Ouais, ça pose le bonhomme. Il révolutionna le rôle de bassiste rock en jouant de son instrument quasiment comme d’une guitare, et en posant un véritable mur de son sur lequel se reposaient littéralement les autres membres du groupe. Un vrai dieu pour ces enfants maudits du genre que sont les bassistes (Lilian, si tu m’entends, je te considère comme un vrai musicien, malgré mes remarques acides de l’époque). Mort en 2002 des suites d’une overdose de cocaïne. Triste.

Les albums :
11 albums en tout, mais je n’en retiendrais que trois, parce que bon, faut bien faire un choix :

My Generation (1965), le premier, le plus « rock », d’aucun diront même post-punk, et ce n’est pas complètement faux. Avec des titres comme « My generation », forcément, mais aussi « the kids are alright » ou « I’m a boy ». Bien old school, bien dans la veine de l’époque. Lovely.

Tommy (1969), l’opéra-rock ambitieux, œuvre quasiment intégrale de Townshend, sombre et puissant, à écouter sans aucun doute, à voir, absolument. Dessus, l’ultra connu « Pinball wizard » et le génial « See me, feel me ».

Who’s next (1971), my personnal favorite, rien à jeter dans cet album qui contient, accessoirement, un des plus grand morceaux de tous les temps, introducing « Baba O’Reily ».

Les titres phares :

Si on ne devait garder que dix chansons dans sa vie, ben moi, j’en mettrai déjà deux des Who, qui seront, comme vous l’avez deviné pour peu que vous ayez fait semblant de lire l’article :

My generation (1965)
Parce que c’est un putain de Rock Anthem, parce que Daltrey se fout de la gueule du bégaiement de Townshend, parce que rentrer bourré avec un pote en hurlant cette chanson restera gravé dans ma mémoire, parce que « I hope I die before get old », parce qu’on a encore tous 17 ans et des envies de révolte quand on écoute ça. Un peu comme du Rage Against The Machine, mais en mieux.

Baba O’Riley (1971)
Que dire ? Cette chanson est un monument, un vrai, un monolithe érigé à la gloire de la musique, comme le préfigurait celui sur la pochette de Who’s next. C’est mon père qui m’a fait découvrir le groupe, avec cette chanson. J’avais alors 14-15 ans, et commençait à peine à comprendre ce qu’on pouvait faire avec des instruments. Une. Putain. De. Révélation.

On aurait aussi pu citer, en vrac, “the kids are alright”, “I can see for miles”, “Pinball wizard”, “Behin blue eyes” (massacré ensuite pas les baltringues de Limp Bizkit), “Won’t get fooled again”,“See me, feel me”, “Love reign o’er me” ou “Who are you”.
Mais après tout, c’est aussi un peu à vous de faire le travail.

Une petite anecdote pour finir ?
Allez. Un jour, probablement dans un état qui ferait passer le Keith Richards de la grande époque pour un simple fumeur de joints, Moon et Entwhistle eurent la bonne idée d’introduire un bâton de dynamite dans les chiottes de leur chambre d’hôtel. Allumé, évidemment, sinon, c’est pas drôle. Le résultat fut la destruction complète des dites chiottes, et une interdiction à vie dans les hôtels Hollyday Inn. La classe.

Par Matt H.

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