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Un peu moins connu que le précédent groupe de cette chronique (the Who), les Kinks resteront pourtant comme l’un des groupes anglais qui a le plus marqué sa génération, et surtout ses pairs, nombreux à reconnaitre leur influence. Et puis, mine de rien, on connait tous au moins un de leurs titres, sans forcement le savoir.

Adoubé comme source d’inspiration par les dieux de la Britpop que sont Damon Albarn (Blur et Gorillaz) et Noel Gallagher (Oasis), The Kinks – dont la carrière s’emaille de 23 albums – est le groupe typique des années 60 anglaises. Naviguant entre pop classique, musique plus traditionnelle et sonorité très rock ; les frères Davies ont développé un style bien à eux, reconnaissable entre tous. Pour notre plus grand plaisir.

La formation:

Le band londonien est surtout, et avant tout, composé des frères Davies, qui malgré de nombreuses tensions formeront l’armature du Band. Les deux autres membres fondateurs, Pete Quaife (remplacé de 1969 à 1978 par John Dalton, puis Jim Rodford) et Mick Avory (remplacé par Bob Henritt) quitteront l’aventure respectivement en 1969 et 1984, non sans avoir participé à la meilleure période du groupe. A noter que Rod Steward integrera quelque temps la formation avant que le groupe ne devienne célèbre.

Ray Davies (Chant, auteur-compositeur), fortement marqué par une enfance compliquée dans un des quartiers les plus « populaire » du nord de Londres, il en tirera une certaine colère contre le système et l’establishment britannique, ainsi qu’un penchant assumé pour l’alcool. Si sa voix ne marque pas forcement les esprits par sa puissance ou sa justesse, ses textes influenceront quant à eux les autres compositeurs de l’époque, comme John Lennon (The Beatles) ou Pete Townshend (oui, encore The Who, on y revient toujours). D’un caractère sombre et mélancolique,  il aura de nombreux différents avec les autres membres du groupe, et en particulier son frère Dave, plus enclin à profiter des joies de la célébrité. Il continue actuellement sa carrière en solo.

Dave Davies (Guitare, auteur-compositeur), frère cadet de Ray, guitariste de talent. Il popularise la technique de Link Wray qui consiste à mettre un bon coup de canif dans son ampli pour lui donner un son plus brut. Il compose également quelques titres, mais sans jamais s’imposer comme leader du groupe. Malgré les tensions, il restera membre des Kinks jusqu’à la séparation en 1996. Il poursuit également une carrière solo, interrompue un court moment pour cause de crise cardiaque. On ne peut pas avoir été une icône rock sans quelques inconvénients.

Pete Quaife (basse), bassiste originel du groupe qu’il quitta sur un coup de ras-le-bol en 1969. Les autres membres ne le crurent pas jusqu’à ce qu’ils apprennent la fondation de sa propre formation. Un beau fuck-off quoi. Remplacé par John Dalton, un court moment par Andy Pyle et, enfin, par Jim Redford, de 1978 à la disparition du band.

Mick Avory (Batterie), il avait auditionné et même joué un court moment avec les Stones (qui finirent par choisir Charlie Watts), mais c’est avec les Kinks qu’il connaîtra le succès en restant leur batteur pendant 20 ans. Il quitta le groupe du fait de sa mésentente continue avec Dave Davies en 1984. Il fut remplacé par Bob Henrit.

On comptera également un certain nombre de claviéristes dont les plus marquants furent Ray Davies lui-même, John Gosling (aucun lien, fils unique) et Ian Gibbons.

Les albums:

Comme dit plus haut, les Kinks ont quand même sorti 23 albums, ce qui, en 30 ans de carrière,  est quand même pas dégueulasse. Il faut cependant reconnaître que la qualité de ces derniers est très inégale, et s’il fallait n’en retenir que trois, ce seraient ceux-ci :

Kinks (1964), le premier, le plus rock, avec les tubes « You really got me » et « all days and all of the night ». Ce dernier titre ne se trouvait originellement pas sur l’album (bien que sorti en single la même année) mais y fut rajouté plus tard. Ç’aurait été con, faut avouer.

Something else by the Kinks (1967), un ton plus tranquille que les précédents ; il marque un tournant dans l’histoire du groupe qui se désintéresse de la vague suivie par les Beatles et les Stones, et du fameux Flower Power, pour se tourner vers la culture anglaise, ses pubs, et de sa mélancolie Tamisienne. La galette contient notamment l’excellent « Waterloo Sunset », une des plus belles mélodies des sixties.

The Kinks Are the Village Green Preservation Society (1968) : complètement boudé par le public et la critique à sa sortie, il est pourtant selon son leader le meilleur album produit par le groupe.  Il déclarera d’ailleurs dans son autobiographie à propos de celui-ci« alors que tout le monde pensait qu’être à la mode, c’était prendre de l’acide, tester autant de drogues que possible et écouter de la musique dans un état comateux, les Kinks chantaient des chansons sur l’amitié perdue, des rasades de bière, des motards, des sorcières maléfiques et des chats volants ». Une vision qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Pete Doherty (on retrouvera l’influence des Kinks dans son album solo, mais aussi dans la magnifique « Down in Albion » des Babyshambles).

Les titres phares:

Difficile de choisir tant la musique des Kinks a évolué au fil du temps mais on va essayer, en nous excusant un peu d’en choisir des mythiques. Mais, après tout, s’ils le sont, c’est qu’il y a bien une raison, non ?

You really got me (1964)

Parce que c’est super classe et peut être la chanson qui évoque le plus les années 60 comme on se les imagine maintenant. C’est ultra-rythmé, un peu fou, et ça donne envie de bouger son boule en oscillant du talon. Si possible avec une bonne vielle coupe au bol et une veste en cuir.

Sunny Afternoon (1966)

Parce que c’est une chanson à écouter tranquille au coin de la piscine, à l’ombre d’un pin-parasol, un verre de gin-tonic à la main, à attendre que la mort vienne nous prendre, mais le plus tard possible, merci.

On aurait aussi pu citer « See my friends », « Waterloo sunset », donc, « All days and all of the night », « Tired of waiting for you », « A well respected man » ou encore « Automn Almanach », que je vous laisserai découvrir par vos propres moyens.

La petite anecdote pour clore les débats :

Les Kinks ne sont pas aussi connus que les autres grands groupes anglais pour une bonne raison. A l’époque où tous les autres allaient tranquillement se faire de la thune chez l’oncle Sam, les londoniens, à cause de leur mauvaise réputation, furent tout simplement interdits de séjour aux USA, et ce de 1965 à 1969. Prends ça dans ta gueule, libre circulation des biens et des personnes.

Par Matt H.

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