Par Sophie et Leo

Nous avons rencontré Oldelaf pendant le Festival Onze Bouge, à Paris. Voici le compte rendu de cette interview.

ITMM : Oldelaf, vous êtes connu dans la chanson française pour adultes, avec le groupe Oldelaf et Monsieur D depuis 10 ans ; qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer pour les petits et à quel moment ?

OLDELAF : C’est au moment où le deuxième Monsieur D a arrêté, il m’avait été proposé en parallèle par les éditions Milan Jeunesse de participer à une collection qui s’appelait Tintamarre qui proposait à des gens de la chanson française justement de moyenne notoriété, de faire des chansons pour les enfants, et puis pour toute la famille et c’est ça qui m’a intéressé. D’abord c’est quelque chose qui me titillait, car moi-même je suis papa, et du coup on m’a donné les moyens de le réaliser, et puis surtout comme je le disais Monsieur D avait arrêté, et je me suis retrouvé enfermé dans une petite déprime, et le disque « Bête et méchant » est arrivé à un moment assez intéressant. Ils m’ont parlé du projet en mars, et j’ai rendu 14 chansons écrites, composées et enregistrées le 15 juillet, sachant que fin mai début juin, c’est là où Monsieur D nous a annoncé qu’il nous quittait ; ce qui été un pari un peu fou-fou !

ITMM : Tu décris le petit Michel comme bête et méchant, l’étais-tu étant petit ?

OLDELAF : Je ne crois pas non, du moins pas à ce point là ! J’étais plutôt un enfant sage, par contre je ne dis pas que j’ai été parfait avec les animaux, car comme tout enfant qui se respecte j’ai construit des stratagèmes pour éclater les pigeons ou pour faire des misères aux taupes dans mon jardin.

ITMM : As-tu d’autres projets de création pour enfants, tels les contes musicaux … ?

OLDELAF : Ben écoute oui ! Déjà le fait qu’on ai monté ce spectacle là, sachant qu’au début c’était juste un disque, ça reste un peu récent de faire ces chansons pour les enfants. Ce n’est vraiment pas ce que je me destinais à faire, ça arrive à un moment où Oldelaf explose d’un côté pour les adultes et ça demande énormément de travail, du coup là c’est compliqué d’arriver à combiner tout ça. Mais en tout cas, le fait que ce projet là ce soit monté, me donne des envies de refaire des chansons spécifiquement pour enfants. Et là dessus, je veux surtout pas que le groupe de chansons pour enfants soit un groupe de chansons poubelles, de chansons qui marchent pas pour les adultes, sans prendre les enfants pour des débiles, surtout pas ! Je veux pas qu’on dise Oldelaf c’était un chanteur pour les enfants. Mais si j’ai le temps, ce qui est mon gros problème en ce moment, j’aimerais bien enregistrer de nouvelles chansons pour les enfants ; peut-être quand on va arrêter la tournée Oldelaf (pour adultes) en janvier prochain. Moi mon but principal c’est de continuer et de développer les chansons pour adultes, et en parallèle faire ces musiques pour enfants, mais surtout pas faire ces chansons pour enfants, à la place de celles pour les grands !

ITMM : Dans ton « OldeBio » tu parles du retour aux textes humoristiques avec « Bêtes et méchants » et non plus seulement comiques ; quelle différence fais-tu entre les deux ?

OLDELAF : Avec Oldelaf et Monsieur D, on était dans une recherche du gag pour le gag, c’est à dire que dans les chansons, il n’y avait pas de place pour les sentiments, les chansons voulaient dire quelque chose, mais il fallait surtout que cela fasse rire. On testatit nos chansons en public, si elle faisait rire les gens on la gardait, si non, on la gardait pas ! Et puis si c’était une chanson qui avait dix rires, on la conservait plus qu’une chanson qui avait quatre rires, et  c’était calculé comme ça. Et aujourd’hui moi j’ai plus envie de faire ce calcul là, c’est à dire que il y a des chansons dans le dernier album qui sont importantes parce que elles sont pas faites du tout pour faire rire, même si il y a toujours une part d’humour. Car en effet, moi j’ai besoin d’humour pour m’exprimer, même pour des choses graves. Moi je veux juste que les gens prennent du plaisir à écouter nos chansons, c’est ça qui m’intéresse.
Par exemple pour la chanson « vendredi », je voulais dire quelque chose d’assez profond, mais après cela n’empêche pas qu’il y ait au milieu, des phrases qui font sourire, mais c’est pas le but premier de la chanson, disons que ça aide à faire passer des choses, on essaye de passer par du rire ou du sourire pour essayer d’apaiser la noirceur. J’aime le côté métaphorique et le fait qu’il y ait plusieurs sens de lecture.

ITMM : Au niveau de tes prochaines dates, tu vas être présent sur plusieurs festivals ?

OLDELAF : Ouai ! Cet été on joue sur des gros festivals, comme Bobital (en Bretagne), le Free Music (à Montendre), les Francofolies de Spa (en Belgique), etc. On tourne beaucoup et c’est cool ! Et on finit cette tournée à L’Olympia en janvier, mais on continuera peut-être de tourner dans des pays francophones, et en parallèle on va enregistrer l’album, penser un nouveau spectacle autour toujours des mêmes personnages, c’est ce qui fait un peu notre marque de fabrique ! Nous ce qu’on veut c’est que quand les gens ressortent du spectacle, ils se disent, ah ouai ben j’me suis pris une grosse claque ! Et là nous on est fier de ca.

Ce que j’ai envie c’est d’avoir un peu de temps à moi, pour dormir un peu, vire accessoirement, aller au cinéma, faire du jardinage, du bricolage … !

ITMM : Ton album ne marche qu’en France, ou dans d’autres pays aussi ?

OLDELAF : Et bien là par exemple, il était pas sorti, à cause des distributeurs, en Belgique, mais chose qui est faite maintenant, ce qui fait que l’on attend de voir les résultats que cela peut donner, mais il y a des bons soutiens médiatiques, avec de la programmation radio … c’est donc en bonne voie pour se développer ! Et notamment pour la tristitude, qui est très importante pour moi, qui a marqué un vrai changement dans ma vie, et elle fera date quoi qu’il arrive dans mon histoire personnelle. Et puis je suis content parce que elle plait à pas mal de gens, et beaucoup manifestent de l’intérêt, et j’ai l’impression que c’est une chanson qui compte, et ça me touche. Ce que j’aimerai bien et qui nous manque c’est une chanson qui passe à la télé, qu’on puisse entendre souvent, sachant qu’on a déjà fait Taratata, on est passés dans l’émission de Drucker, et il n’y avait ne serait-ce que l’équivalent sur le prochain album ça serait cool, maintenant ce qui nous manque c’est de la diffusion.

Merci à Oldelaf de nous avoir accordé les quelques minutes de son temps libre !


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