Ecrit par ANTONIN

 

Célèbre pour avoir été repris dans la musique du film l’exorciste, l’album Tubular Bells est le fruit d’un ado réservé, tiraillé entre les crises de folies de sa mère et sa propre maladie qui pointe le bout de son nez.

 

A 2h du mat’, des bières belges et des amis, tel un archéologue de la musique, je fouille mes souvenirs de vieux tubes inconnus, hérités de la colonne à CD de mon père.

«Mike Oldfield vous connaissez ?»

La musique commence tout doucement par un thème récurrent, envoûtant, presque hypnotisant. Nous sommes partis pour une spirale de trois quarts d’heure d’envolées lyriques et expérimentales. On monte et on descend sans jamais une pause, sans jamais un couac, avec une fluidité qui nous amène dans une autre dimension. Nous sommes contents comme des gosses, et chacun y va de son commentaire : « ouah et là c’est pas fini ! », « tu as vu cet enchaînement ?! » « Il part loin le gars ! »

Heureux comme des gosses qui retrouvent un jouet Fisher-price d’il y a quarante ans et le découvrent vachement bien fichu. Avec ce mélange détonnant de «vintage» et d’originalité qui donne un goût d’intemporel pour, au final, nous mettre une claque qui a la puissance de 40 années de recul.

« C’est qui ce mec ? Ça sent le génie à plein nez ! »

Ce mec, c’est Mike Oldfield, et devinez quoi ? Il a composé cet album à l’âge de 17 ans avec un enregistreur, une guitare électrique, une basse et un xylophone pour enfant en superposant les sons. Célèbre pour avoir été repris dans la musique du film l’exorciste, l’album Tubular Bells est le fruit d’un ado réservé, tiraillé entre les crises de folies de sa mère et sa propre maladie qui pointe le bout de son nez. Après une démo enregistrée avec les moyens du bord, alors que la plupart des ados draguent les filles en grattant fébrilement leurs guitares, lui part pendant deux ans à la conquête des maisons de disque. Il a alors la chance de tomber sur Richard Branson qui décide de donner sa chance à cette symphonie rock à la Mozart, en lui faisant une place dans son nouveau label, l’encore peu connu Virgin. Résultat l’album sort le 23 mai 1973 et prend son envol pour ne plus jamais atterrir. Ce sera un des plus gros succès de l’histoire de la musique avec 16 millions d’albums vendus, un label qui va exploser sur le devant de la scène et une musique qui révolutionne les codes de l’époque.

Sans paroles, épuré, expérimental et lyrique, l’album de dix-sept titres se compose en réalité de deux grandes mélodies dont les thèmes reviennent de façon récurrentes. Ce qui trouble à son écoute, c’est ce mélange entre passages doux à consonance électro, et envolées lyriques presque kitch qui se lient pourtant parfaitement.

Après ce succès, Mike Oldfield sortira plusieurs albums dans la même veine dont Tubular Bells II et III ainsi que des tubes un peu plus pop tel que « Moonlight Shadow ». Après s’être un peu perdu en cours de route, il retrouve de sa folie avec « Amarok », un titre de soixante minutes complètement déjanté considéré par les fans comme un autre chef d’œuvre du maître. Passionné, il s’investit également dans la création de deux jeux vidéos «Tres Lunas», sorti en 2002 et «Maestro», sorti en 2004. Liés aux albums du même nom, ces jeux en téléchargement gratuit (http://www.mike-oldfield.net/article-11191595.html) vous emmènent dans un univers psychédélique et pacifique.

Pour résumer, en écoutant Tubular Bells, c’est le coup de génie d’un ado de 17 ans mal dans sa peau que vous découvrirez. Mais attentions amis lecteurs! Ce n’est pas un album à balancer sans préparation à une soirée! Ce serait comme mettre du Pink Floyd à la boom de fin d’année du collège alors que ces chers bambins chérissent Justin Bieber. Non ! Il faut un cadre propice, un moment spécial voire même idéal,  pour ouvrir ses chakras à la découverte d’une mélodie incroyablement d’actualité.

Pour écouter sa musique c’est ici :

http://www.deezer.com/fr/music/mike-oldfield

ANTONIN

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