marsatac couv

   

Après un été passé à errer comme une âme en joie, de festival en festival (classements totalement subjectifs à venir), à se remettre jour après jour de la veille et à invoquer des divinités improvisées dans l’unique but de pouvoir continuer ainsi, elle est là, oppressante et fantasmée : la rentrée ! La rentrée chez ITMM ne consiste cependant pas à tailler ses crayons, acheter un trieur et prendre de bonnes résolutions. Non, la rentrée de votre serviteur se « limite » à observer les différentes programmations musicales, les évènements à venir, dans le coin ou plus loin, voir ce qui vaut le coup, se bouger le cul et y aller. En ce mois de Septembre trop ensoleillé pour être honnête ma première destination sera Marseille. Histoire d’aller voir ce qui se passe à Marsatac…

 

Vendredi 26 Septembre

À l’heure où les étudiants tentent de gérer les conséquences d’une trop forte consommation d’alcools rendant plus con qu’un collégien et où les cadres sont en pause repas ; c’est flanqué de celui qui sera mon phare/guide/acolyte que je me rends au point de rendez-vous de covoiturage. Passons sur un trajet sans histoire et le fait que notre chauffeur ne s’arrête finalement qu’à Aix pour nous concentrer sur la ville d’arrivée. Celle qui, plus tard dans le week-end aurait pu être mon tombeau : Marseille. Pas de digression géographique ou touristique, nul ici n’a envie de lire un ersatz de Guide du Routard pour hispter à la con. L’arrivée dans le chef-lieu des Bouches-du-Rhône se fait donc sans le moindre problème, agrémentée de Casanis (when in Rome…) et de transports en commun multiples.

Celui que nous appellerons Nathalie (mon beau guide) me conduit très vite à l’Estaque après réception de l’accréditation. L’Estaque c’est l’endroit dont je ne verrai qu’une maison avec piscine, grand jardin et réapprovisionnement en alcool. Le paradis des lendemains de déchéances orgiaques en somme. Et celui des before aussi. Ce n’est cependant pas la première soirée qui va ici nous intéresser. Même si elle aura été plaisante, fatigante, dansante et plein d’autres adjectifs en -ante, elle n’aura été au final qu’une succession de verres pleins, puis vides, puis remplis différement, puis, évidemment, de Dj dont je vous ai déjà parlé par le passé (Figure et Virus Syndicate, big up, on vous aime, toussa toussa).

Couché à 5h du matin histoire d’être en forme pour le samedi, réveillé à 10h histoire d’être en forme relative pour le reste du week-end.

L’après-midi sera composé de piscine, de tartare de thon, d’alcool, d’activités de vacances (when in Rome…), de soleil donc et de courses (car l’alcool n’étant pas éternel, la jeunesse ne l’est pas plus et nos âges avancés nous empêchent de redescendre du nuage sur lequel nous avons élu domicile depuis la veille). La montée en puissance se veut progressive. Ce soir nous serons une bonne dizaine, appartenant au cercle foutraque de Nathalie, à nous diriger vers l’endroit où la musique électronique tonne. Là où les gens mélangent leur dignité à celles des autres. Victimes consentantes, c’est à 23h que nous arrivons à la Friche, à l’assaut de ses trois salles et des artistes qui y ont élu domicile.

 

– Samedi, 23h30 –

super discount 3

 

Il est presque minuit lorsque celle qui est la première scène de notre soirée s’offre à nos oreilles. Nos yeux ne sont pas en reste, c’est le show Super Discount 3 auquel nous assistons. Avec Etienne de Crécy et Alex Gopher aux manettes la déception est un concept qui nous semble à des années lumière. Etienne de Crécy on l’a tous vu. Une fois, trois fois, quatorze fois…Et jamais nous n’avons paru en mesure de formuler une critique négative à son sujet. Les termes de « daron », « père spirituel » et autres synonymes de taulier nous viennent obligatoirement à l’esprit lorsqu’il s’agit d’évoquer l’un des précurseurs de ce que l’on appelle caricaturalement la French Touch. Une techno efficace, super maitrisée, dansante (mais genre, vraiment) et un public qui a l’air de savoir pourquoi il est là. La recette est simple mais fonctionne toujours. Nous assistons à 3/4 d’heure de set. On transpire, on a soif et, surtout, on ne souhaite sous aucun prétexte rater le début de Fakear. Car c’est bien pour le phénomène caennais que je me suis particulièrement rendu dans les Bouches-du-Rhône en cette fin de mois de Septembre.

Fakear c’est « l’artiste electro » que j’ai une facheuse tendance à considérer comme mon coup de coeur des 6/8 derniers mois. Son son est parfois teinté de touches orientales et world, de cuivres, d’une ligne de basse efficace et même de voix enchanteresses. Le tout pour un résultat plutôt épuré voire cristallin. Un son qui va pourtant beaucoup chercher du côté de Ninja Tune et lorgne souvent sur la dubstep /drumstep (écoutez Darjeeling puis Neptune et vous verrez de quoi je parle, en gros). Fakear est donc hype, touche-à-tout, et il a même l’air sympa.

fakear

L’arrivée dans la salle où se déroule son show ce soir prouve à peu près tout ça. Il a dû commencer pile à l’heure, car avec nos 2 minutes de retard nous devons tout de même forer un passage au milieu de la masse grouillante beaucoup trop chaude (dans tous les sens du terme) dans le but d’avoir le visuel et le son, un minimum. Cet endroit est trop petit, c’est une évidence. Le succés récent de Fakear n’a visiblement pas été anticipé et c’est bien la première fois que je vois des agents de sécurité réguler les entrées et sorties pour un artiste lors d’un festival. Dès qu’un mec sort de là un autre peut entrer. Vu la file d’attente on a bien fait de rater la fin de Super Discount 3. Et sur scène ? Et bien sur scène le mec est super chaud. Il court, saute d’une machine à l’autre, joue ses percus lui-même et mixe live, bien à la vue de tous. Le son est planant et aspire. L’atmosphère est suffocante mais la musique nous permet de respirer, par grosses bouffées euphorisantes. Si ses transitions sont quasi inexistantes on sent tout de même que le bonhomme est un vrai musicien (ceci explique-t-il cela?). On le reverra, c’est évident. Tiendra-t-il plus longtemps et avec le même rythme, le même entrain ? Que peut-on attendre de ses prochains albums ? Que du bon j’ai envie de dire. On a ici affaire à un futur grand. Que le public connaisse déjà ses titres, son univers et qu’il ait, à l’applaudimètre, largement dépassé certains dinosaures présents ce week-end en sont des preuves assez évidentes.

Le concert suivant, lui, prouvera que j’ai beaucoup trop vu Gesaffelstein cet été (3 fois en festivals et pour le même set, logiquement) mais confirmera qu’il est toujours aussi efficace et talentueux. Et le regard habité de Nathalie le temps du live n’en sera qu’une preuve irréfutable supplémentaire (pour plus d’infos concernant les live de Gesaffelstein je vous autorise à vous replonger dans quelques uns de mes anciens articles).

gesa mars

Mes deux derniers (gros) live de la soirée seront ceux de The Gaslamp Killer et de Tiga. Ce dernier n’aura pas été marquant mais positivement surprenant. Une techno moins policée que je ne l’aurais cru pour un résultat finalement assez agréable à ce moment de la soirée.

Autre style mais même remarque pour The Gaslamp Killer. Sa dubstep totalement planante en appelle à quelque chose de mystique. De ce mysticisme que l’on retrouve souvent lors de grosses nuits électroniques, quand la soirée se cherche, oscillant entre une envie de se poser et de courir nu au milieu de la pièce, pendant des heures.

Il est 5h30. Je serais de mauvaise foi si je vous parlais en détails des deux derniers Dj entendus (entre 4h et 6h en gros). Je me contenterai de rapporter le fait que ça bougeait pas mal et que tout le monde avait l’air plutôt content de sa fin de soirée (dont moi, du coup).

Il est à retenir de ce week-end que le côté totalement industriel de la friche se marie exceptionnellement bien à la programmation musicale qui a été faite. Que le public était assez cool et plutôt au fait de ce qu’il venait voir en live (ce qui ne gâche jamais rien). C’est l’addition de ces « détails », des artistes présents et de l’atmosphère génialement/artistiquement glauque qui font que, selon toute vraissemblance, je serai de retour à Marseille dans moins d’un an.

 

Arnaud


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