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« I’ll be back »… Ces paroles résonnent dans ma tête. Je les avais prononcées il y a environ un an. Et je ne venais pas de finir Terminator. Non, je partais simplement de Marseille. Une ville dont je ne connaissais pas grand chose à part « l’équipe de foot » et les « reportages » putassiers de la TNT. Une ville que je me promettais de retrouver dès l’année suivante, en 2015. À ce moment là nous sommes en 2014 et je quitte la gare Saint-Charles ainsi que Marsatac…

 

Et lorsque je dis quelque chose je le fais. Principalement si cela implique de la musique électronique de qualité dans un endroit aussi cool que la Friche de la Belle de Mai…

 

Nous voilà donc en Septembre 2015, le 25 pour être précis et cette année encore je ne verrai que le 3ème arrondissement du chef-lieu des Bouches du Rhône (et l’arrondissement de l’hôtel mais ne soyons pas tatillons). Départ de Toulouse, blabla, trajet, hôtel, récupération des places, toussa et c’est parti (oui, j’ai décidé d’éviter certaines digressions personnelles sur cet article, vous n’avez pas à tout savoir. Et, plus important, vous vous en foutez).

– La prog’ est super épaisse donc il va falloir la jouer serré. Après, si on commence à arriver à 23h30 alors qu’on s’était bien dit 22h ça va être compliqué. 22h c’est quand même tôt quand on est là que depuis 2h à tout péter. Alors oui, je me cherche des excuses pour ne pas avoir vu Rone bien qu’il s’agissait clairement de l’un des objectifs du week-end. La vérité c’est que je me déçois. Ce qui est bien c’est que demain on pourra arriver à 23h sans culpabilité aucune parce que Joris Delacroix on l’a vu il y a trois semaines donc ça va hein. Et voilà, une nouvelle digression… Donc revenons à ce foutu vendredi soir. FricheOn arrive à être présents pour Joy Orbison, ce qui est bien car deux accrocs dans la même soirée auraient été de trop. Joy Orbison on le connait pour ses productions difficilement définissables. Il y a de tout chez cet homme-là. De la d’n’b, de la dubstep, de la techno…Pendant des années j’ai même cru que c’était un dj exclusivement dubstep à cause d’un morceau dont le nom m’échappe et qui figurait sur une mixtape en ma possession. Par la suite on se rend compte que le bonhomme est anglais et, sans vouloir tomber dans un cliché, de plus on sait de quoi sont capables ces gens là. Soyons honnêtes, les anglais c’est clairement les dj qui en ont le plus rien à foutre du style auquel on les assimile. Pas du genre à rentrer dans des cases, encore moins à s’y complaire. Joy Orbison est de cette trempe. On navigue entre des moments franchement tranquilles, des nappes bien propres et du gras auquel on pouvait également s’attendre. Un bon set pour lui. Et un bon point aussi. Oui, je lui distribue un bon point. D’ailleurs je distribuerai des bons points à tous les artistes (que j’ai vus) concernant cette édition de Marsatac. Sans vouloir me lancer des fleurs force est de constater que j’ai fait de bons choix de scènes. Le prochain au programme c’est Vessel.

Sans doute le nom le moins ronflant de cette soirée mais l’un de ceux que j’attends vraiment de voir en live. Ce que j’ai pu en entendre avant de venir à Marseille m’avait tout particulièrement parlé. Oui, j’aime le gras. J’aime quand ça crisse, que ça sature… Et Vessel est selon toutes vraisemblances venu pour me faire plaisir. Quand ça se passe comme ça je le prends personnellement. Une petite salle, un gros son bien techno…On est définitivement bien arrivés et la soirée/nuit n’est pas terminée.

the hackerEn parlant de techno il me semble que The Hacker se prépare, pas trop loin. Je me répète je sais, mais ce festival est quand même vachement bien conçu. Les salles sont pas loin les unes des autres, la bière est chère (ce dont on se fout après 1h du matin mais d’une force…) mais on est vite servis et les gens sont beaux (là aussi l’heure aide). Non vraiment, on va peut-être rester quelques jours de plus. On mixera nous-mêmes, tant pis. Alors oui, The Hacker donc. Même si je l’ai vu environ 478 fois je ne m’en lasse pas. Du VRAI live, du son bien dense, bien techno. Les bases en terme de musique électronique sont respectées et ça c’est important. Il a la grande salle pour lui, celle où son pote Gesaffelstein avait tué pas mal de monde l’année précédente. Et cette salle il se l’approprie bordel ! Relativement basse de plafond elle fonctionne parfaitement avec ce son bien industriel, bien berlinois. Plus l’heure avance et moins le public est fatigué. La musique fait cet effet-là. Et non, je ne parlerai pas de drogue dans cet article. C’est beaucoup trop facile et attendu.

Parlant de quelque chose d’attendu ( putain, la transition à chier ) c’est Max Cooper qui est au programme maintenant. Déjà vu en live aussi et pas un souvenir exceptionnel. Du coup, lorsque tout le monde m’a dit que j’avais du rater quelque chose, que j’avais pas du capter le truc je me suis dit que je devrais y jeter un nouvel oeil. Bon, j’ai effectivement pris une claque. C’est parfois rassurant de se dire que l’on est entouré de certaines personnes qui ont du goût. Je m’en serais voulu de ne pas être allé voir Max Cooper ce soir.Max Cooper Le mec est juste de la trempe d’un Aphex Twin ( que je n’ai jamais vu en live ) mais avec des passages plus…dansants? Difficile à expliquer au final parce que lorsque vos propres pieds décident de ce qui est bon pour vous il n’est plus très utile de lutter. Un moment avec la tête en l’air ( ou en arrière, ce n’est qu’un détail), un autre au cours duquel vous « dansez » (les guillemets sont ici très importants). Max Cooper, je reviendrai te voir, c’est promis. Et lorsque je rencontrerai des personnes qui n’auront pas apprécié tes performances ça sera à mon tour de leur dire qu’ils n’ont rien compris.

La partie « compliquée » maintenant… Il y en avait a priori deux lors de ce week-end ( l’autre est pour demain). Comprenons nous bien, je reconnais la qualité du travail de Tale of Us. Dans leur style ils sont bons. Très bons même. Ils ont du style,de la technique, de la prestance et un son bien à eux. Mais dans les faits je les avais vus en festival, à Garorock et ça n’avait pas été le coup de foudre. C’était même plutôt chiant dans mes souvenirs. Ouais c’est ça, chiant. Lorsque j’ai vu qu’ils étaient programmés en très gros sur les affiches de Marsatac et surtout pour la clôture du premier soir j’ai été en proie à certains doutes qui me semblaient tout à fait légitimes. L’objectif était à mon avis de finir la soirée sur un truc qui endormirait tout le monde histoire d’avoir la paix.

Tale of Us

Et ben putain, qu’est ce que je suis con et étroit d’esprit. Les mecs ont simplement été géniaux. Le son tellement plus puissant que ce à quoi je m’attendais et les basses d’une puissance inouïe. Je tiens donc Garorock pour responsable de mes a priori. Et un peu le duo de Tale of Us aussi. Les mecs ne pouvaient qu’être moins motivés, pas possible autrement. Comment ont-ils pu passer d’un somnifère (fort appréciable au demeurant) à un set capable de faire bouger toute la foule. Des infra basses, de la saturation occasionnelle…C’était bon. Voire même frustrant car une fois ce set terminé il était 6h du matin et il fallait gentiment quitter les lieux. Dommage, j’avais encore pas mal d’énergie. Ce n’est que partie remise. On fait un bisou à la Friche, on lui dit à demain et on tente de se convaincre que la nuit à venir sera reposante…

 

– Peut-on qualifier un temps de repos allant de 10h du matin à 17h comme étant une nuit réparatrice? Vous avez une demi-heure. Réveil dans l’après-midi donc, légère collation/apéritif dînatoire de belle facture et c’est reparti comme un vendredi 25 septembre. Seule la date change. La programmation aussi, évidemment (sinon ça serait un peu nul, soyons honnêtes). Arrivés sur place un peu avant 23h, on s’améliore. Ce soir on se devait de toute façon d’être à l’heure au moins pour Superpoze.Superpoze Et comme nous sommes des personnes de parole (on y revient, encore une fois) on verra Superpoze. Seule petite réserve, il s’agira du live au cours duquel nous serons les moins bien « installés ». Qu’on se comprenne bien. Je m’en fous d’être dans le fond, de pas bien voir (et là c’était même pas le cas). Non, le truc chiant c’est de se retrouver pile-poil dans un « couloir de passages ». Un endroit où pas mal de monde vous bousculera tout au long de la prestation de l’artiste, en gros. Et la prestation en question… Très bonne, comme attendue. On avait vu Fakear l’année dernière (dans la même salle si mes souvenirs sont exacts) et on avait été séduits. On l’est tout autant ce soir. Oui, en faisant ce parallèle Superpoze/Fakear on entretient une forme de cliché mais il faut bien avouer que les mecs le cherchent un peu. On a pas idée de venir de la même ville, de faire le même style de son planant aux grosses influences labellisées « Ninjatune » et d’avoir l’air plutôt sympa. La comparaison, si elle n’est pas raison, est au moins légitime. Une belle entrée en matière en ce samedi. Pour la suite on se dirige vers un artiste qui, à l’image de Tale of Us, avait déjà été programmé à Garorock. Et bien qu’on ait une affection particulière pour le rémois, on attend tout de même Brodinski au tournant…

On sait que Brodinski est polyvalent. On sait que sa palette est très large (son passé de producteur aide évidemment) et que sa présence scénique n’a que très peu d’égale sur la scène electro française. Le mec est charismatique, a les références pour faire de gros sets qui plairont à un maximum de personnes. On sait aussi que ses lives ne se ressemblent pas tous et que celui de Garorock n’est pas à prendre en exemple. Mais qu’est ce que ce moment du festival aura été agréable. Quel plaisir d’entendre des sons aussi lourds, indus et deep que remplis de basses et teintés de hip-hop. Tout le public est à fond, conquis. Brodinski joue d’ailleurs avec ce dernier et s’éclate. Oui, le mec s’éclate. Même si cela peut passer pour un détail on apprécie toujours davantage un artiste qui donne l’impression d’aimer ce qu’il fait. Ne nous méprenons pas, je n’ai rien contre les dj totalement concentrés sur leur concert et qui n’ont pas un mot, un regard pour ceux qui les observent. Si le son est bon, on laisse tout passer, on s’en fout. Mais on ne peut s’empêcher de penser que lorsque l’échange est réciproque, que l’amour semble aller dans les deux sens, le plaisir est décuplé. Grosse bouffée de plaisir et belle technique individuelle. Un bon point pour Brodinski ( j’avais oublié de les distribuer depuis le début du report ceux-là…). L’heure est grave, les lumières se rallument. Le moment que je redoutais ( le deuxième du week-end après Tale of Us si vous avez bien suivi) arrive. Un moment que je voyais tel un trou dans mon programme pourtant parfaitement huilé. Allez, je vais tester Boris Brejcha, sans grande conviction…

Je vous entends déjà, « oui n’importe quoi, Brejcha c’est génial, le mec il y connait rien, c’est un con, je suis sûr qu’il vote à droite etc… » Déjà, j’aime ce que je veux, j’ai les a priori que je veux et je vote pour qui je veux (quand je veux surtout). Après, oui, il s’avère que pour ce qui est d’être un con je suis pas le dernier. Et Brejcha (comme le duo d’italiens de la veille) va me le faire réaliser encore un peu plus. Mais pour ma défense, je n’y suis pour rien si les sons studio de ce dernier ne me plaisaient pas des masses et ne me paraissaient pas taillés pour me maintenir éveillé jusqu’à 3h du matin. Cependant le live c’est la vie ( jeu de mots bilingue, pour vous ) et ce week-end me l’aura prouvé à de nombreuses reprises. Quel bonheur d’avoir tort. Quel bonheur d’arriver dans la salle et de dire « Attendez, c’est ça Brejcha? Mais c’est génial en fait, vive lui, vive les programmateurs deFriche 2 Marsatac, encore ! « . Ouais j’en fais des caisses mais il faut me comprendre. Je pensais sincèrement avoir à contredire tout le monde en disant « Oh ça va, Brejcha c’est pas non plus… » comme le dernier des connards. Mais même pas. Son passage aura été plutôt vivant, puissant, plein de basses bien grasses plus que de volutes légères et vaporeuses. Pas pour me déplaire. Mais c’est que le temps passe en fait. Les lumières se rallument légèrement, annonçant la fin de la performance. Pas qu’on soit mécontents d’enchaîner avec le daron, Dave Clarke, mais on réalise surtout que le week-end touche à sa fin. Personne ne le souhaite, fort logiquement. On est tous motivés, faut pas déconner. Allez, tous en after, ouais les 10000 (à vue de nez). On a une chambre d’hôtel, on vous embarque. Bien évidemment on se fait d’abord Dave Clarke puis Infected Mushroom mais après? On va pas se quitter comme ça, tout se passait tellement bien… Gardons la nostalgie pour lundi, soyons forts. C’est qu’il s’agirait de ne pas décevoir les deux dernières énormes affiches qui nous attendent. Que dire de Dave Clarke qui ne l’ait pas déjà été..? Pas grand chose au final. Le gars est fat, c’est une vraie star de la techno, il est beau. Ceux qui l’ignoraient en arrivant devant sa scène en sont pour leurs frais. On comprend après 2 minutes qu’on n’est pas devant le premier venu. Si on aime la techno on est heureux. Mais j’ai envie de penser que les personnes qui ont pris leur place aiment la techno, le contraire serait assez stupide. À l’image de Brodinski on a affaire à un dj au gros background, capable de basculer entre l’indus bien « métallique » et des sonorités plus « hip-hop ». Tout en trouvant par-ci par-là des relents de d’n’b. On est heureux, le temps passe vite et de belle manière. Oh merde, le temps ! Il reste un seul live là? C’est sûr? Pas d’invité(s) de dernière minute histoire de finir à 10h du matin, rien? Putain… Faisons d’Infected Mushroom un grand moment. Pour une fois j’aurais préféré finir avec un truc chiant, qui endort. Un truc qui te fait dire « bon, c’est bientôt fini? ». Et bien évidemment, ce ne fut absolument pas le cas.

« Quel pied, oh putain… » (Thierry R. le 12/07/98). Ben merde, qu’est ce que c’était bon ce dernier live. Qu’est ce qu’on s’est pris dans la gueule, qu’est ce qu’on s’est défoulés. On s’attendait à de la trance, on en a eu. Mais pas seulement. Infected MushroomLes mecs ont juste envoyé tout ce que j’aime. Un son live indéfinissable, un mélange d’à peu près tout, un immense bordel et surtout un public qui a bien compris que s’il fallait se donner à fond c’était maintenant. Tous les présents sont sur la même longueur d’onde. On est pas restés pour se regarder mais pour donner ce qu’il nous restait d’énergie. C’est une performance physique à laquelle on se livre au final. Je me répète mais les gens sont parfaits, ils méritent de s’être éclatés. La salle et Infected Mushroom le sont tout autant. C’est la techno dans la cathédrale comme dirait Teki

Pas de conclusion, je pense que j’ai été assez complet (et en plus c’est pas une dissertation).

 

Allez, à l’année prochaine Marseille !

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Arnaud

 

 

 

 

 


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