Hier, en fin d’après-midi, Aurélie Filippetti a été nommé ministre de la culture et de la communication lors de la constitution du premier gouvernement Hollande/Ayrault.

Bon. Bien, bien, bien.

Posons maintenant la question qui fâche, car au final, que savons-nous de cette femme? Pas grand-chose à vrai dire, car même si, en observateur plus ou moins attentif de la vie politique française, son nom ne nous est pas inconnu, il serait exagéré de dire que l’on pourrait, par exemple, mettre une tête dessus.

Il me semblait donc important de creuser un tantinet, d’abord pour mon édification personnelle, et ensuite, pour la vôtre.

On apprend ainsi que mademoiselle Filippetti (que nous appellerons Aurélie pour plus de commodité) a 38 ans, qu’elle est fille d’ancien mineur de fond, qu’elle est agrégée de lettre classique, ce qui est plutôt classe, qu’elle est originaire de Meurthe-et-Moselle, ce qui l’est beaucoup moins, qu’elle a publié trois œuvres (dont une sur son grand-père résistant) et qu’elle a déjà une carrière politique plutôt bien remplie.

De fait, Aurélie, qui aura la lourde tâche de succéder au (peu) regretté Fréderic Mitterrand, n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler une novice. Pas une bête de politique non plus, mais pas une novice : anciennement verte, elle se parât de rose suite à un désaccord avec la direction d’EELV en 2006. Car si c’est avec les premiers qu’elle commença sa relation avec la chose publique en entrant au cabinet de Monsieur Cochet, alors ministre de l’écologie de la fin du gouvernement Jospin, puisqu’elle est élue conseillère municipale dans le 5e arrondissement parisien,  c’est avec les seconds qu’elle est élue députée de Moselle en 2007 et entre à l’hémicycle en même temps que dans les choses sérieuses.

Proche de Ségolène Royal, elle est l’une des porte-paroles du PS à l’Assemblée Nationale, où elle était réputée pour ne rien laisser passer des gaffes du précédent  gouvernement.  Elle se spécialise également dans les questions de culture, qui lui valent aujourd’hui de porter le programme socialiste dans ce domaine pour le prochain quinquennat.

Sa réputation d’intransigeance fera d’ailleurs d’elle la première à condamner le comportement de DSK avec les femmes bien avant que n’éclatent les scandales. Comportement qui était, entre parenthèses, connu de tous, malgré ce que messieurs Sarkozy et Hollande ont essayé de nous faire croire lors de leur débat d’entre deux tours. C’est également à elle que l’on doit (en partie) la condamnation de ce cher Xavier Tiberi pour l’affaire des faux électeurs de Paris.

C’est dire si les gros pontes lui font peur.

Particulièrement impliquée dans la campagne de François Hollande, où elle joua les chauffeuses de salle au côté de Najat Vallaud-Belkacem, autre gagnante de la chasse aux maroquins, elle aura fort à faire dans ce gouvernement qui promet de remettre la culture au centre des débats.

On espère de tout cœur qu’elle se montrera à la hauteur de la tâche, car le chantier sera selon toute probabilité, long et difficile. Mais comme on dit en politique, seul l’avenir jugera.

Matt H.

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