Par Monseigneur

Le concept de singularité technologique est un postulat apparu dans les années 60 et désigne l’instant durant lequel l’homme atteindra un état supérieur par le biais de la science, phénomène déclencheur d’événements imprédictibles et potentiellement incontrôlables .

Ce concept, développé par l’éminent informaticien et transhumanisme Ray Kurzweil, inventeur notamment de la reconnaissance optique de caractères qui permet aux déficients visuels de « lire » , devrait selon lui devenir réel d’ici 2030 .

Parmi les avancées qui nous rapprochent de cette épiphanie geek, la réalité augmentée . Les Project Glasses de Google en sont le plus grand ambassadeur, en tant que système embarqué.

Le film des israéliens Eran May-raz et Daniel Lazo reprend ce concept, dans un univers basculant gentiment vers la dystopie cyberpunk, dans sa version augmentée, si j’ose dire. Le système Sight est directement connecté à votre nerf optique et à vos neurones pour vous offrir une expérience hors du commun, bien loin de la grise réalité. De la simulation de chute libre à la cuisine ludique, en passant, bien évidemment, par la télévision ( et les coupures pub ; faut pas déconner, la singularité c’est du business ! ) le système vous récompense et vous stimule via le principe des achievements, bien connu des joueurs en ligne (sortes d’objectifs à remplir pour améliorer sa réussite dans tout les domaines, par exemple manger végétarien pendant une semaine ou bien arriver a l’heure au taf un jour de gréve, séduire une fille hors catégorie, etc, etc…).

Ai-je réellement besoin d’énoncer les dangers de cette technologie ? Les Smartphones Zombies que nous sommes en illustrent la genèse. Technophobie ?  Oui et non. Le problème n’est pas le progrès, mais ses vecteurs. Parfois, le progrès c’est ralentir et choisir la bonne direction, mais de nos jours c’est une machine emballée, dont on n’aperçoit plus que le panache de fumée toxique qu’elle dégage au loin.

Ce film énonce les dérives d’un assistanat technologique omniprésent – adieu inconscient , bonjour raison empirique – en la simple description du quotidien d’un utilisateur de Sight , de son train train à sa vie relationnelle. C’est un tableau froid et lisse comme de l’aluminium brossé que dresse ce film, au travers d’effets superbement gérés, mieux d’ailleurs que la partie purement cinematographique, un peu trop neutre à mon gout, mais tout de même relevée par une direction photo sérieuse et une scénographie convaincante qui saura appuyer le propos et le jeu juste et sans artifice.

Cet article a été écrit en partenariat avec mon ordinateur.

Monseigneur .

PS : 01001011 01001001 01001100 01001100 00100000 01000001 01001100 01001100 00100000 01001000 01010101 01001101 01000001 01001110 01010011

AVEC

Ori Golad
Deborah Aroshas

 

 

 

 

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire