Par GALI

Cette semaine j’ai rencontré Loo & Monetti. Prenez-vous au jeu et découvrez l’univers de ce duo qui monte et qui gagne en notoriété depuis quelques mois.

ITMM : Salut à vous, avant de commencer pouvez-vous vous présenter qui est qui et ce que chacun fait dans le groupe ? Vos influences ? Votre parcours artistique ?

LOO – Je m’appelle Anne-Laurence, je chante, j’écris les textes et je crée les mélodies, en complicité avec Christophe (Monetti). Mes influences sont diverses, avec un net penchant pour la musique qui me fait planer et frissonner ( AIR, Agnès Obel, Bran Van 3000). J’aime aussi beaucoup la musique classique ( Mozart, Chopin, Beethoven, Camille Saint-Saëns), que j’ai appréciée très jeune grâce à ma mère puis par le biais du piano que j’ai commencé à l’âge de 7 ans. Mon parcours artistique se résume à ça, puis à une dizaine d’années de théâtre, qui ne m’ont pas satisfaite. Je suis revenue à la musicalité grâce à Monetti, pour lequel j’invente des mélodies en synchro depuis 5 ans.

 

MONETTI –  Nous avons travaillé l’album en home studio avant de ré-enregistrer les titres avec des instruments acoustiques (Batterie, Basse, guitare, rhodes, piano, violon, violoncelle), nous avons tout enregistré au studio Vega situé dans le Vaucluse, un véritable musée du vintage.  Quand à mes influences, elles sont très diverses. Trop diverses pour être citées.

Disons que je prends du plaisir en passant du punk hardcore au reggae, du hip hop et différentes formes d’éléctro, au jazz et à la musique de film. Je suis un grand passionné de la musique noire, plutôt afro-américaine. J’ai une collection de vinyls soul/funk mais pas plus loin que 1972. Concernant mon parcours artistique, moi, j’ai plutôt un parcours basique: formation de batteur, de nombreux concerts, 7 ans d’investissement avec un groupe qui a eu son heure de gloire avant de me consacrer en 2000 entièrement aux machines. Home studio, différents projets collectifs et artistiques puis sound designer depuis 2003 spécialisé dans la pub sous toutes ses formes.

ITMM : Vous bossez tout les deux dans le secteur de la communication audiovisuelle. Est ce que ce premier disque est une volonté d’émancipation par rapport à votre travail ?

 

LOO –Effectivement, depuis que j’ai 20 ans, j’ai toujours eu une double vie, parce que j’ai eu besoin de ça et que j’aime ça. J’ai toujours travaillé dans la communication du spectacle vivant parallèlement à mes activités artistiques. Je ne pense pas que cet album soit une volonté d’émancipation, car la vie que l’on mène nous plaît. Cet album est un « bonus » dans notre vie, et ce qui est en train de se passer autour de lui est très positif, donc tant mieux. Après, si la vie me donne la chance et les moyens, par conséquent, de faire un deuxième album et de ne me consacrer plus qu’à la musique, bien sûr, je serais la plus heureuse. Quoique… j’ai toujours besoin de faire des choses un peu ‘terre à terre’, ça me rassure !

 

MONETTI – Je travaille pour de nombreux studios de prod’ et la plupart de mon travail consiste à répondre à des demandes ciblées, aux exigences d’un cahier des charges. Disons que tous les 3 ans, je me consacre à quelque chose de beaucoup plus artistique dans lequel je ne rencontre aucune contrainte. J’embauche pour ces commandes beaucoup d’instrumentistes. Quand j’ai travaillé pour la première fois avec Loo, elle m’a fait oublier toutes les chanteuses avec lesquelles j’avais travaillé jusque là. Elle a une voix très à part avant une sensibilité exceptionnelle.

 

ITMM : Vous travaillez sur une musique pop qui propose un large panel d’humeurs et de sentiments. Est-ce que vous ressemblez à cette musique au quotidien ?

LOO Ces paroles n’inventent rien, je chante avec ce que je suis: une chanson pour un amour perdu mais sublimé ( « Mister Gun »), une chanson écrite en imaginant ma fille quand elle sera devenue une ado ( « The Price »), une autre dans laquelle j’évoque  la fragilité de la féminité ( « The River ») , ou encore une autre, « If I Try », dans laquelle je décris l’impossibilité du choix, difficile, de quitter quelqu’un. Le clip met joliment ce dilemme en scène.

Alors oui, on peut dire que notre quotidien est fait de ça, de sentiments, d’esquisses sensuelles, de superficialité et de profondeur. Mais la plupart du temps, on rit, quand même.

 

MONETTI – Oui, il faut préciser que nous sommes un couple sur scène mais également dans la vraie vie. Donc, les humeurs, les sentiments et le reste s’intègrent parfaitement dans notre façon de travailler, le rire, les larmes et les litres de café.

 

ITMM : Dans votre œuvre, il est facile de voir que vous êtes autant passionnés par le son que par l’image. Pourquoi avez-vous décidé de collaborer avec 10 réalisateurs différents pour vos 10 morceaux ? Question d’esthétique ? D’originalité ? Coup de com’ ? 

LOO –Nous avons choisi 10 réalisateurs différents car l’idée était de donner « carte blanche » à chacun, voir quelle interprétation se ferait d’un morceau un réalisateur. C’est aussi du jamais vu, il me semble, dans le secteur musical, de débarquer, comme ça, en auto-prod, avec 10 singles qui sortent chaque lundi, et 10 clips qui les accompagnent. Aujourd’hui, tout est tellement « zappable »! Pour se faire connaître, on a donc décidé de faire une sortie d’album sur deux mois et demi. C’était quitte ou double, mais ça a marché. Et le plus important, c’est que nous avons fidélisé et créé l’attente de chaque single auprès des internautes.

 

MONETTI – Aujourd’hui, on peut voir ça comme un coup de com’, mais pas du tout. Je travaille toute l’année pour des gros studios  prod’ et quand je leur ai dit que je préparais un album, certains se sont proposés de le mettre en images. Du coup, ça a fait boule de neige et 10 réalisateurs de talent nous ont accompagnés dans l’aventure. Original? je dirais oui, je rappelle que nous sommes en auto-prod et que très peu de groupes peuvent bénéficier d’autant d’images pour un album. Nous sommes tous deux des passionnés de cinéma et pouvoir découvrir chaque clip au dernier moment (chaque réal’ a eu carte blanche), ça a été un bonheur.

 

ITMM : La carte blanche au réalisateur, pourquoi ?

 

LOO – pour plusieurs raisons:  La première, c’est que ce sont tout simplement des réalisateurs prestigieux, de vrais professionnels de l’image ( Anonymous, Loïc Sattler, Gabriel Menassier, la WAACB, Pablo Pinasco, It’s a good day, Thien Le Van, les F5…) C’était très excitant pour nous de n’avoir aucune prise sur aucun clip et de le découvrir, souvent la veille de sa sortie!
La deuxième raison, c’est que chaque réalisateur nous a fait ce cadeau magistral de réaliser un clip, avec tout ce que cela comporte: travailler soirs et WE, faire bosser des gens ( techniciens, maquilleuses), accaparer un lieu, trouver des décors, diriger des comédiens….C’est juste énorme, sachant que nous n’avions aucun budget à leur offrir! C’était vraiment la moindre des choses de leur laisser carte blanche… C’est aussi ce qui les a fait accepter: ils pouvaient faire leur propre délire sur la chanson de leur choix.

 

MONETTI – Parce que quand tu maitrises un projet et que tu possèdes le budget, tu peux te permettre d’imposer ta vision, de diriger pour obtenir ce que t’évoque la chanson. Là, le budget était de zéro, donc on a pas voulu rajouter à cet effort ce que nous détestons qu’on nous impose. Chaque personne perçoit la musique de manière complètement différente, c’est toujours intéressant de découvrir ta musique mise en image par quelqu’un. Tu es souvent agréablement surpris.

 

ITMM : Votre album est une démarche studio. Est-ce que vous envisagez de créer une version live ?

 

MONETTI – On en parle mais si on le fait, il faudra qu’il y ait de bonnes conditions pour que nous puissions réaliser ce que nous avons en tête, une bonne résidence de création et du temps. La bonne nouvelle est que tous les musiciens qui ont participé à l’album veulent accompagner le projet sur scène: Jean-Michel Bourroux, Mikaël Zaoui, Jean-Philippe Sterverlynck, Obscur Jaffar, Wim Welker, Anne Gambini… et des choristes.

 

ITMM : La prochaine étape ? une signature ?

 

LOO & MONETTI- On a été très surpris de l’engouement quand on a envoyé les maquettes chez différents labels. On a été reçu par Columbia, Polydor, AZ Universal, Atmosphériques, Warner et Barclay. Nous avons reçu un contrat de la part d’un de ceux cités et nous sommes en pourparlers… donc, à suivre. « A cause de » ça, la sortie physique de l’album va être repoussée à la rentrée.

 

Questions flash ITMM :

 

ITMM : Si demain c’était l’apocalypse, quel serait le groupe que vous voudriez sauver a tout prix ?

LOO 1000 Clowns, un groupe new new-yorkais pas très connu, ça serait l’occasion de les faire connaître.

MONETTI – Les Beastie boys, petit clin d’oeil à MCA.

 

ITMM : Vous faites quoi in the morning ?

 

LOO – Hyper banal pour une femme: première levée, dernière prête! Je m’occupe de tout : enfant, homme, maison etc…

 

MONETTI – Musique, musique, musique

 

Voici les liens pour regarder les 10 clips de l’album Marla’s Song :

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