Par Renan

Photo by  Nicolas Joubard

Voilà 10 ans que le Rock prend ses quartiers d’été du côté du domaine National de St Cloud, distribuant ses décibels en veux-tu en voilà aux milliers de festivaliers de plus en plus nombreux, venus assister à la grand messe Rock. Pour ses 10 ans d’existence, le festival a mis la barre très haut : ITMM et les disciples de la Huche étaient là, let’s Rock !

Des Monstres et des Hommes


Samedi, 15h30, c’est « Of Monsters and Men », groupe islandais importé directement de Reykjavík, qui ouvre les hostilités sur la grande scène du festival. Il fait beau, il fait chaud, en atteste l’invasion des mini-shorts, qui nous distraira une bonne partie de la journée, mais ceci est une autre histoire 🙂 Revenons–en à nos moutons islandais.

Y’a du peuple sur scène, six au total, et rien que pour le plaisir je vais vous dire leur nom, SISI ça vaut vraiment le coup : alors on retrouve Nanna Bryndís Hilmarsdóttir, chanteuse et guitariste, Ragnar Þórhallsson, chanteur guitariste, Brynjar Leifsson, guitariste, Arnar Rósenkranz Hilmarsson, batteur, Árni Guðjónsson, pianiste et accordéoniste ainsi que Kristján Páll Kristjánsson, bassiste… c’est le retour de la communauté de l’anneau !!


L’Islande avait déjà squatté l’actualité voilà deux ans avec son foutu volcan au nom imprononçable, ça ne m’étonnerait pas que ce groupe réitère la performance dans les mois à venir. En effet, côté musique c’est impeccable : une folk sucrée, de grandes envolées poignantes qui vous serrent le cœur ou vous donnent envie de courir tout nu dans un pré en fleurs, c’est très beau!

Le set est bien calé, le groupe dégage une réelle présence scénique et sait faire bouger la foule, nombreuse, malgré l’heure précoce. Quant à la voix du chanteur…respect! On retiendra le morceau « little talks », qui commence à envahir les radios, mais honnêtement, ne vous arrêtez pas à un titre, le reste vaut vraiment la peine d’y porter une oreille attentive.

Bon ! C’est pas tout ça, mais on vient d’arriver et il fait soif… direction la buvette pour une bonne pinte dégustée au soleil en regardant passer… les mini-shorts 🙂

Photo by Isatagada

The Bots : PUTAIN LA CLAQUE!!

Photo by Nivrae

Excusez ce vocabulaire outrancier, mais merde !! Des claques pareilles, c’est pas tous les jours… certains de nos collègues à ITMM les avaient découverts lors de leur escapade aquatique, plus tôt dans la saison à l’occasion du Dour Festival. La curiosité m’avait piqué à la lecture de leur compte rendu : un groupe de gamins ? Qui jouent du punk ? ça claque ? C’est pas la 1re fois qu’on nous sert un groupe de mioches taxés de « génies », supposés attendrir les foules par des « oooh, qu’ils sont mignons, aaahh qu’ils jouent bien… » NON !

The Bots ne sont pas les nouveaux Hanson, rien à voir avec un Jordy non plus, non… The Bots c’est G.R.A.N.D.I.O.S.E ! Pour moi la révélation de ce festival sans hésiter !
Il est 17h30 sur la scène Pression Live et nos deux trublions entrent en scène tels des enfants de cœur, tout de blanc vêtus. Mikaiah Lei, 18 ans, chanteur et guitariste, accompagné de son petit frère Anaiah…14 ans ! Ils en avaient respectivement 15 et 12 à l’enregistrement de leur 1er album, mais les cantonner à des musiciens « bons pour leur âge » serait vraiment trop réducteur ! Incontestablement, les influences sont là et puis on sent la rage, la complicité des deux frangins. Ce groupe, c’est leur création, leurs tripes!

La coupe Afro d‘Anaiah nous renvoie des flashbacks de « Jacksons five », la même gouaille, le même sourire, mais point de five, c’est un TWO et durant une heure de set c’est Too Much ! Too Good !
Une de ces patates les deux frangins, un sens du rythme !!! Des riffs et des breaks magistraux, une guitare prise d’épilepsie et une section rythmique qui tabasse… je ne peux quitter des yeux le gremlins chevelu qui cogne sur ses fûts comme si sa vie en dépendait : une technique à en faire pâlir de jalousie le plus émérite des batteurs, faut se rendre à l’évidence ça s’appelle le talent !

Le chanteur guitariste n’est pas en reste, c’est la 2e formation ce samedi où finalement il n’y a qu’une gratte et une batterie (avec les Black Keys), serait-ce le retour du minimalisme Rock ? Quand on entend le rendu on se dit qu’ils n’ont pas tort tous ces groupes, pas de superflu, l’essentiel est là… de l’énergie brute!

Les gamins ne boudent pas leur plaisir et le montrent, à l’image du chanteur qui ira escalader le côté de scène, micro en main, sous les yeux inquiets de l’équipe technique : une belle énergie ! Vous l’aurez compris, ce fut un pur moment de rock, avec un public scotché et ravi. Ces deux là sont encore jeunes et ont tout le temps de mûrir leur jeu, mais en tout cas avec eux, le punk a une relève assurée !

« Jingle Bells, Jingle Bells… »

Photo by Nicolas Joubard

C’est Noël en avance cette année !! Le Mancunien et ses High Flying Birds investissent la grande scène à 20h00, pour l’ouverture de la soirée ! C’était le 29 Août 2009, ici même, que les mythiques Oasis annonçaient leur séparation après une énième baston en coulisses entre les deux frangins Gallagher !

On se demande ce que ressent Noel en cet instant : revanche, désillusion ? Soyons honnêtes, c’est Oasis qu’on est tous venus voir ce soir, les High Flying machin chose, on en a rien à carrer ! Des deux frères c’est incontestablement lui qui a le plus de talent, les mélodies pop et les love songs d’Oasis c’est sa patte, alors on se dit que quitte à en voir un des deux, autant préférer Noël !

Photo by Nicolas Joubard

Je m’étais clairement fait chier au concert des Beady Eye, le groupe de son frangin Liam, l’an passé aux Eurockéennes. Ce coup-ci j’étais clairement en attente de quelque chose : « stp Noel, vends nous du rêve ».

La foule est dense, la scène est distante, tout comme la star avec son public. On s’attend à tout moment à voir débouler Liam sur scène, venu coller un pain à son frère…mais non (on est presque déçus). Les groupies du 1er rang s’époumonent en agitant leurs pancartes. Sur les écrans géants, on peut lire « you are God »…carrément, « I want to marry you »… bref, c’est bien une légende du rock qui se tient là, devant nous. Perso, le côté « j’me fais chier, j’vous emmerde » qui se détache de sa personne, j’aime pas du tout, j’imaginais autre chose ! Il a quand même dit « bonjour et merci » me dit le Tayo, « c’est bien » ! Mouais… je trouve ça maigre.

A chaque amorce de chanson, on a l’impression d’entendre les accords de « Wonderwall » ou d’un autre tube d’Oasis : dis donc Noel, tu serais pas en train de recycler là ? Soyons honnêtes ! OK ça sonne bien, y’a deux ou trois titres qui méritent, mais ça pue la resucée des anciens hits. Peut-on lui en vouloir ? Après tout il ne fait que ce qu’il sait faire, des mélodies simples et entêtantes qu’on appréciera malgré tout. « Wonderwall » ne viendra pas, mais on aura droit à « Whatever » et « Don’t Look Back in Anger » pour clore le set.

Photo by Nicolas Joubard

En cet instant, c’est la folie ! Même Noel affiche son plus beau sourire alors que la plaine entière s’époumone sur les refrains… allez quoi, déconnez pas les gars, « don’t look back in anger » justement, recollez les bouts, c’est ensemble qu’on vous aime et pas chacun dans votre coin !

Anguille sous roche ? à la fin de son show, Le Mancunien ira jusqu’à souhaiter au public d’apprécier le concert des Black Keys à venir… on rêve, depuis quand un Gallagher tient en estime un autre groupe que le sien ??

Photo by Nicolas Joubard

Eagles Of Death Metal : Fuck Yeah !!

Photo by Isatagada

EODM MA TUER… brève escapade devant la scène de la cascade pour assister à la prestation des ricains. Une balance qui laisse à désirer, avec un son gras, des guitares saturées à l’extrême…ça décape le conduit auditif !! La formation, emmenée par son leader Jesse Hughes nous déballe un rock puissant, éclaboussé de solos dantesques.

Fleurs bleues, passez votre chemin ! Le co-créateur du groupe, le talentueux Josh Homme (Queens of the Stone Age, Them Crooked Vultures, Kyuss) définit lui même Eagles of Death Metal comme un membre de la National Rifle Association, aimant le porno et le Crystal Meth…c’est clair !

Après 15 mn de concert on comprend qu’ils sont « fuckin’happy » d’être là ce soir, que Rock en Seine est un « fucking great » festival, qu’on est tous des « fuckin’ fuckers » et qu’ils ont des « fuckin’ friends » présents ce soir en la personne des Black Keys. On l’aura compris, le « Fuck » est un art de vivre pour ces gentlemen.

Mr Hughes, tout fou, sillonne la scène de long en large, l’air un peu perdu! Il descendra une pinte de whisky coca, cul sec, sous les encouragements du public avant de dédicacer un morceau à ses compatriotes des Black Keys… que l’on s’apprête alors à rejoindre. Etant donné le monde présent ce soir, on se dit que les places vont être chères, va falloir jouer des coudes et l’on s’échappe, avec quelques regrets, de ce « fuckin’good » concert.

Photo by Damien Rigondeaud

The Black Keys : MERCI

Enfin !! Toute la journée, leur ombre aura plané sur le parc de St Cloud. The Bots les citent dans leurs influences, Noël Gallagher nous a enjoint à les kiffer, le leader d’Eagles Of Death Metal arborait un T-shirt à leur effigie et leur a même dédicacé une chanson…mais putain qui sont les Black Keys ?? Le respect témoigné par leurs pairs est impressionnant.

Attendus comme le messie, c’était LE rendez-vous à ne pas manquer du samedi soir, le show du groupe dont tout le monde parle depuis deux ans, et non sans raison ! Du bon vieux blues Rock comme on en fait plus. Le truc magique avec les Black Keys, c’est qu’ils mettent tout le monde d’accord, amateurs de rock ou non. D’aucuns diront qu’ils se sont vendus, que leurs premiers albums étaient bien mieux, à ceux là j’ai envie de dire : où étiez-vous samedi ? Parce qu’au lieu de pinailler, allez voir ce qu’ils donnent en live !


A l’image des Strokes ou des Libertines, qui avaient redoré le blason du rock voilà quelques années, m’est avis que The Black Keys pourraient bien être ce nouveau super-groupe, qui fait mouche à tous les coups.
Des mélodies imparables, une rythmique simple, qui vous électrise, mais l’essence même du Blues est là, les phrasés de la guitare de Dan Auerbach nous le rappellent sur chaque titre.


L’essentiel de leur répertoire est joué, le seul regret est de ne pas voir le black du clip se déhancher sur scène alors qu’ils entament « Lonely Boy ». Moment d’émotion quand Dan, seul sur scène avec son Dobro, chante la poignante « Little Black Submarines », avant de rebrancher l’ampli pour achever le set sur du bon gros son.

Au final on retiendra une ambiance phénoménale, une véritable marée humaine (jamais vu autant de monde devant une scène) et une belle complicité entre les deux membres du groupe, Dan Auerbach et son batteur, Patrick Carney.

Après ça, on n’a surtout pas envie d’aller souiller nos oreilles avec l’électro d’Agoria, dont on entend rugir les 1ers samples du côté de la scène cascade. Le samedi à Rock en Seine c’est fini, et en beauté s’il vous plaît.


RDV à suivre pour le compte-rendu du dimanche, toujours sur ITMM. HUCHE !!

 LIVE REPORT ROCK EN SEINE – JOUR 1

LIVE REPORT ROCK EN SEINE – JOUR 3


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