Comme je le disais précédemment dans la chronique de leur album, je n’ai pas été un grand fan du dernier opus des Southamptoniens, un peu trop mou à mon goût, pas vraiment dans la veine de leur premier qui avait bien cartonné, mais comme je ne suis pas fermé d’esprit (et que le Grand Mix m’a aimablement fourni une accred’) je me suis rendu au concert, appâté par les chroniques Internet vantant la qualité live du groupe.

Bon, déjà, moi j’habite Lille, et Tourcoing en métro c’est une bonne demi-heure dans une ambiance un peu glauque que je ne prise pas des masses. Je sais que les parisiens me diront que pour eux c’est le minimum quotidien, mais comme je leur répondrai que c’est bien fait pour leur gueule, la discussion ne mènera nulle part.

Arrivé là-bas, par contre, c’est bonheur. D’abord parce que rien ne laisse présager que l’on va trouver une salle de concert derrière cette façade style 19e (oui à part les affiches de spectacle, et le panneau Grand Mix de deux mètres, aussi), et parce qu’une fois rentré on est conquis par le style garage, affiches de groupes aux murs, bar en rond, petit espace mais pas trop (500 personnes quand même). En plus la bière est pas chère et les serveurs agréables, ce qui, pour une salle de spectacle, est assez rare, et c’est à noter.

Passons aux concerts. Au pluriel car on a droit à une première partie. Des belges, proximité oblige, répondant au doux nom de Kapitan Korsakov. J’avais écouté quelques titres avant de venir, histoire de ne pas être trop surpris et ça me semblait pas mal, assez barré quoique mélodique, un mélange entre Queen Of The Stone Age et System of a Down, qui ne pouvait que rendre bien en concert.

Ben non. Alors soit leur EP est super bien produit, soit je me suis trompé de groupe. Donc oui, c’est rapide, oui c’est fort techniquement, notamment le bassiste, mais non c’est pas possible de gueuler comme ça, de faire des mimiques ridicule, de modifier sa voix juste parce qu’en fait, ben on en a pas trop et de se la jouer Rock star à ce point quand on a sorti trois pauvres chansons. Je parle évidemment du chanteur-guitariste, tellement cliché, du genre qui tire la couverture à lui et se prend pour le nouveau Kurt Cobain sans en avoir une once de talent. Je suis dur, soit, mais j’ai quand même été obligé de sortir tellement ça me faisait chier. Verdict de Judith, ma copine : « mais c’est de la merde, non ? ». Oui, c’est de la merde. A écouter, donc, mais chez soi. Ou alors complètement bourré en festival. Mais pas mieux.

Comme vous l’aurez compris, ce n’est pas dans le meilleur état d’esprit que j’abordais le concert qui m’avait amené ici. J’ai vite changé d’avis. Parce que, effectivement, Band of Skulls en concert, ben c’est de la balle. On commence par deux titres phares du nouvel album, « sweet sour » et « lies », puis après c’est un vrai plaisir, avec une grosse montée en puissance où l’on navigue entre balades bien plus intéressantes que sur album et titres nettement plus rocks issus de leur premier ouvrage.

A titre personnel, j’ai été particulièrement impressionné par Matt Hayward, le batteur, qui se révèle au fil du concert pour finir debout dans un solo de batterie de très haute facture, sous les applaudissements d’une foule conquise. Avec son style à la Sébastien Tellier, il tire véritablement le groupe vers le haut, et prouve, si le besoin s’en fait encore sentir, que les Matt sont des gens fantastiques. A côté de lui, le guitariste et lead singer Russel Marsden n’est pas en reste tant sa technique à la voix et à la gratte sont en osmose avec leur musique.
Car pour être anglais, le groupe sonne violemment américain. On les compare aux Stripes, c’est un peu flatteur, mais, je dois le reconnaitre, pas injuste non plus.


Dernier membre du groupe, la bassiste Emma Richardson, qui ajoute une touche de glam’ à ce Band très « poilu », livre une prestation solide, maîtrisant plutôt bien son instrument mais surtout sa voix parfaitement en accord avec celle de Marsden. Les deux nous livreront d’ailleurs une fin a cappella sur un titre dont j’ai malheureusement oublié le nom, qui nous file des frissons. On regrettera cependant le peu de charisme de la bassiste qui ne renvoie plus rien en dehors de ses passages au micro.
Une bonne heure de concert, passée à une vitesse folle, et c’est déjà le rappel pour « The devil takes care of his own », selon moi le meilleur titre de l’album (que vous pourrez d’ailleurs retrouver sur la compil’ Inthemorningmag que nous vous livrerons sous peu) puis c’est le final, véritable feu d’artifice rock, dont je me rappelle encore maintenant avec émotion.

On sort du concert le sourire aux lèvres et les oreilles bien défoncées, conscients d’avoir assisté à une prestation remarquable, et on se dit que ça fait pas de mal d’écouter de bon musique live de temps en temps.

Je vous recommande donc chaudement Band Of Skulls en live, même si ce n’est pas pour tout de suite, vu que leur tournée se termine plus ou moins, mais vous pourrez peut être les voir en festi’ cet été où ils passeront, entres autres, au Bbk de Bilbao, au Musilac et au Reading Festival.

Par ailleurs, les excellentes photos de l’article sont le fait de David Tabary que je remercie, et dont vous pourrez retrouver les autres clichés le site suivant :

www.astronaut-photo.com

Matt H

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