Croquis réalisé par OoB "Au Pied du Mur", atelier de sérigraphie et menuiserie, un des lieux d'accueil du festival d'édition et bande dessinée indépendantes Budu à Felletin sur le plateau des Millevaches.

Croquis réalisé par OoB « Au Pied du Mur », atelier de sérigraphie et menuiserie, un des lieux d’accueil du festival d’édition et bande dessinée indépendantes Budu à Felletin sur le plateau des Millevaches.

J’ouvre une parenthèse dans l’actualité culturelle pour vous parler du festival d’édition et bande dessinée indépendante Budu, qui a eu lieu du 09 au 18 octobre dernier dans plusieurs communes du plateau des Millevaches, dans la Creuse.

Bénévole sur le festival, je me permets d’alpaguer Inès au beau milieu de l’effervescence des préparatifs de la chorba pour la réception du soir-même. Il s’agit de l’unique salariée de l’association Emile a une vache. Elle me parle un peu du festival et de ses origines.

Né en 2004, à l’initiative de bénévoles de la toute jeune association Emile a une vache, le festival d’édition et bande dessinée indépendantes Budu s’étale d’abord le temps d’un week-end pour bientôt évoluer vers la formule actuelle : dix jours de résidence pour dix auteurs hébergés chez dix habitants. Aussi populaire qu’un enduro de quad, Budu vise à toucher le plus large public possible sur le Plateau et ses abords. Budu investit de nombreux lieux (cinémas, écoles, cafés, salles d’expo, médiathèques…), proposant ateliers publics et scolaires, projections et expositions, ainsi que la contribution de tout un chacun à un recueil de bande dessinée en lien avec le thème de l’édition 2015.

 

En 2015, un Budu sur la forêt

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Inès m’explique le choix du thème de la forêt : « Le thème de la 7e édition du festival s’est imposé, tant il était visuel, poétique, écologique, politique, symbolique, économique, romantique, lyrique, éthique… Bref, évident. Cela n’avait d’ailleurs pas échappé à tous les auteurs invités précédemment, que la forêt avait spontanément inspirés. En effet, chaque auteur produit deux planches in situ qui sont exposées ensuite à l’Atelier. Et 99,53% d’entre elles traitent de la forêt.

Pour autant, trouver une dizaine d’auteurs (des citadins !) capables de s’emparer du sujet (de manière pertinente et approfondie) était une gageure. Il nous fallait donc trouver des auteurs dont la forêt était déjà présente dans l’œuvre, ou dont la qualité journalistique laissait présupposer de leur aisance à raconter un environnement sylvestre.

Nous les avons ensuite immergés dans un bain culturel forestier, grâce au concours de partenaires choisis pour leurs compétences : scieurs, forestiers, propriétaires, médias locaux… »

Effectivement les pins sylvestres et les châtaigniers sont légions en Creuse, bien plus que les auteurs indépendants et les financements publics.

« Sur cette dizaine d’auteurs, cinq ont finalement dû rester chez eux…

Difficile, en effet, en ces temps de coupes rases des budgets culturels, de lever des fonds suffisants lorsqu’on a le souci de rémunérer le travail des auteurs à leur juste prix. Le groupe finalement invité était constitué de Dominique Goblet et Lucie Castel venues de Bruxelles, des parisiens Matthias Picard et Boris Hurtel, et enfin de Mathias Bonneau et sa double casquette de dessinateur et forestier.

Dans le futur, Émile a une vache espère bien proposer encore le festival Budu aux habitants du Plateau, si possible en retrouvant la dizaine d’auteurs des éditions précédentes. Toutefois, les préoccupations actuelles de l’association se cristallisent autour de la défense de l’emploi de sa salariée, menacé par ces mêmes coupes budgétaires. Un emploi sans lequel ni Budu, ni les nombreuses activités culturelles proposées par Emile a une vache ne sont possibles. »

Il est clair qu’il semble primordial de préserver l’emploi d’Inès, unique salariée dévouée et infatigable, qui fait vivre cet événement depuis maintenant 11 ans avec l’aide essentielle des ses bénévoles, et grâce à qui plusieurs auteurs et visiteurs peuvent partager leurs savoirs et leurs expériences et esquisser un sourire le temps d’une parenthèse culturelle intemporelle.

La bande à Budu & OoB

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