Nous vous proposons une petite review du nouvel album des Arctic Monkeys, « AM ». Les anglais ont ils perdu leur mojo dans les voies impénétrables de la musique ou ont ils frappé fort ? Coup de foudre ou simple camouflet ?

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Avant de rentrer dans le vif du sujet, rappelons un peu qui sont ces 4 anglais. Formé en 2002, le groupe va exploser aux oreilles du grand public 4 ans plus tard, lors de la sortie de leur titre « I Bet You Look Good On The Dance Floor« . Entrant directement à la première place des charts anglais, le succès est énorme, tout comme l’album qui suit quelques mois après, « Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not ». Avec son rock so british, et son énergie débordante, le groupe surfe sur cette vague pour offrir en 2007, « Favourite Worst Nightmare ». Ce second disque est dans la lignée du précédent, et là encore le succès est au rendez vous, malgré un changement de bassiste.

La tête débordante d’idées, Alex Turner (chanteur) prendra un petit break, le temps d’enregistrer avec Miles Kane, l’excellent album « The Age of the Understatement », sous le nom de The Last Shadow Puppets, sorti en 2008.

Ce side-project fait, les Arctic Monkeys se remettent en ordre de marche pour « Humbug », une galette en partie réalisée par Josh Homme (Queens of The Stone Age). Le disque, qui débarque en 2009, manifeste une exploration de nouveaux horizons musicaux de la part du groupe ainsi qu’une approche différente dans les paroles d’Alex Turner, plus abstraites. Cette exploration ce poursuivra sur « Suck It and See », dans les bacs en 2011. Esquissant une synthèse des trois précédents disques, cet album est aussi influencé par les illustres groupes des 60’s. Entre ces deux enregistrements, l’inarrêtable Alex Turner se permet de composer la sublime bande originale du film Submarine, sorti en 2010.

En février 2012, à la surprise générale, le groupe lâche le titre « R U Mine ? » sans pour autant qu’un album soit annoncé. Il va falloir alors attendre plus d’un an avant de voir apparaître un second single « Do I Wanna Know ? » en juin 2013, avant que l’album « AM » ne paraisse enfin en septembre.

Pour ce projet, le groupe s’est en grande partie reposé sur James Ford à la production, épaulé par Ross Orton. Le premier d’entre eux collabore avec le groupe depuis le second album. Enregistré par Ian Shea, le disque est confié à Tchad Blake (The Black Keys, Girls In Hawaii) pour le mixage. Le nom de cette galette est directement inspiré du disque du Velvet Underground, « VU ».

Et c’est sur un « Do I Wanna Know ? », à la fois lourd de par sa rythmique et aérien de par ses chœurs, que l’on entre dans le vif du sujet. Avec ce premier titre, on sent tout de suite que le groupe d’Alex Turner s’est ouvert à de nouveaux horizons. « R U Mine ? » enchaine parfaitement, avec cette fois ci une dynamique plus rock 70’s, pour nous faire arriver sur « One for the Road » où l’influence heavy soul de l’album commence à vraiment se faire sentir. « Arabella » garde cette énergie entre un riff de guitare inspiré et un tambourin ravageur sur les refrains (oui je dis bien un tambourin). Tout est parfaitement construit et interprété, le solo de guitare ne venant que sublimer un morceau déjà de haute volée. On ne peut s’empêcher depuis le début de penser à l’influence des Black Keys sur cet album et « I Want It All » en est la parfaite illustration. Sons de guitares, rythmique et voix nous rappellent les ainés américains de nos 4 anglais.

La force de l’écriture d’Alex Turner repose aussi sur les ballades qu’il est capable d’écrire, et avec « No.1 Party Anthem » il le démontre encore. Un véritable slow en plein milieu de toute cette débauche d’énergie. C’est beau, c’est … Wow. « Mad Sounds » continue de nous reposer les oreilles et on entend ici que le Velvet Underground n’a pas qu’influencé le titre de l’album.

« Fireside » nous remet doucement sur les rails dans cette seconde partie d’album, avant que « Why’d You Only Call Me When You’re High ? » amène une nouvelle influence avec sa rythmique d’introduction très Hip-Hop/R’n’B. « Snap Out of It », et son refrain des plus entrainants, puis « Knee Socks », avec Josh Homme en choriste, nous accompagnent vers la conclusion de cet album qui se fera avec « I Wanna Be Yours ». Les paroles sont ici inspirées du texte du poète punk John Cooper Clarke et sublimées par le quatuor dans l’exécution de ce dernier titre.

 Lors d’un interview, les mots d’Alex Turner pour décrire l’album furent les suivants : « It sounds like a Dr Dre beat, but we’ve given it an Ike Turner bowl-cut and sent it galloping across the desert on a Stratocaster »*. Et c’est exactement l’impression qui se dégage dans la globalité de ce disque. Les fans des premières heures seront surement déçus de la direction de ce disque, mais peut on en vouloir à un groupe de vouloir aller vers d’autres horizons et de nous servir un disque de qualité ? L’écriture et le chant ont rarement été aussi poussés et la musique, sans renier les 4 précédents albums, amène de nouvelles influences qui font de cette galette pour moi, l’un des meilleurs disques de 2013. On parle souvent d’album de la maturité pour un groupe, mais espérons que ce ne soit qu’un début, car à la fin de cet album, une seule envie me vient, appuyer sur Repeat.

Par PEL

*Traduction : « Le disque sonne comme un rythme de Dr. Dre, mais nous lui avons donné une coupe à la Ike Turner et l’avons envoyé galoper dans le désert sur une Stratocaster ».

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Tracklist :

01. Do I Wanna Know ?

02. R U Mine ?

03. One for the Road

04. Arabella

05. I Want It All

06. No.1 Party Anthem

07. Mad Sounds

08. Fireside

09. Why’d You Only Call Me When You’re High ?

10. Snap Out Of It

11. Knee Socks

12. I Wanna Be Yours

 

Site du groupe : http://www.arcticmonkeys.com

 

 

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