… Ou comment j’ai eu la chance de peindre avec Miss Van.

 

Miss Van, rue tripière, fin 90's.

« La jeune fille qui nous avait prêtait (sic) la peinture peignant des « miss van »  » (Légende rédigée par ma main, en 1996)

 

J’avais à peine 10 ans, j’habitais par intermittence en plein centre ville de Toulouse où à l’époque le street-art était florissant. Régulièrement, je croisais les impressionnantes poupées sexuées de Fafi et Miss Van, deux artistes toulousaines aujourd’hui mondialement connues.

Un jour, j’ai eu la chance de voir Miss Van (arborant à l’époque une chevelure des plus flashy) en plein travail dans ma rue. Je ne sais plus si l’idée est venue de l’artiste elle-même ou d’une demande culottée de ma part plus que bien accueillie, mais avec mon ami Audrey, nous avons fini le pinceau à la main. Totalement libres d’écrire des conneries (et de faire une magnifique faute à rue « tripière »), nous avons redécoré un mur entier avec des motifs plus ou moins abstraits et des soleils destinés à mettre la joie dans le cœur des habitants du quartier !

 

Deux jeunes délinquantes dans les 90's.

Deux jeunes délinquantes en herbe dans les 90’s.

 

N’en déplaise au vieux rabougri qui s’est plaint en passant par là et qui a déclenché un vif sentiment de révolte chez la petite fille que j’étais :  « Quand on avait fini de peindre, un homme chicosse (sic) a surgi et a menacé d’appelé (sic again) la police en voyant nos « chefs d’oeuvre », nous sommes parties. Deux jours après, ils ont tout repeint en gris par dessus ce qu’on avait fait. Quel gâchis. Voilà ! » (Trace écrite datant de 1996). Le surlendemain donc, une peinture grise des plus dégueulasses recouvrait, certes notre improvisation picturale fort juvénile, mais également les œuvres de Miss Van. Je n’observais alors plus qu’un petit reste de peinture verte qui a fait mon anecdote quelques années durant.

À l’époque, je n’avais pas conscience de ce qui était en train de se passer mais comme l’a très bien expliqué Snake durant une conférence à l’UT2 pour la semaine Graff Me , ceci était symptomatique de la politique de la ville. Petit à petit les spots de graff disparaissaient en plein centre-ville, ne laissant aux artistes que les bords de canal ou de voies ferrées … Cette politique s’est poursuivi dans les années 2000. En 2012, c’est la rue du Coq d’Inde qui a vu disparaitre ses œuvres.

 

La rue du Coq d'Inde en 2011.

La rue du Coq d’Inde en 2011.

 

Aujourd’hui, seule la rue Gramat (quartier Arnaud Bernard) a échappé à l’affreuse peinture grise. On trouve aussi, comme le recoin de l’université Capitole coincé derrière les remparts, quelques murs plus discrets qui résistent encore et toujours. Même les terrains vagues aux abords du canal latéral voient leurs terrains de jeu restreints, à cause de la flambée de l’immobilier. Le graff s’invente maintenant dans de nouveaux lieux, comme à l’Espace Cobalt de Montaudran. Cela dit, si l’ouverture d’un tel lieu met en joie, il pose la question du cadre : Est-ce qu’un graff qui n’est plus acte de « vandalisme » reste un graff ?

 

Par Noémie (la grande ET la petite).

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