Par Pascale Savary

Dimanche soir, le collectif The Creators Project a clôturé sa semaine d’évènements parisiens (comme le Bal Blanc au Grand Palais) avec la projection en avant première du tant attendu Laurence Anyways le dernier bijoux de Xavier Dolan au 104.

Dans la salle une flopée de bobos triée sur le volet se presse pour prendre place dans cette salle de cinéma d’appoint. On s’amuse à compter les nombreux sosies du fameux Dolan, (tout ceux qui ont des lunettes extra larges, les tempes rasées et un bonnet) sans avoir son talent ou plutôt son génie car enfin le film commence et c’est bien là un coup de génie !

Le synopsis : Laurence Alia (Melvil Poupaud) révèle son désir d’être une femme à sa copine Fred le jour de ses 30 ans, s’en suit le calvaire du couple qui tente de rester uni malgré tout.

Laurence Anyways traite le sujet des transgenres avec tellement de hauteur  qu’il inclus d’autres thèmes : c’est une histoire d’amour impossible, avortée, c’est aussi une réflexion sur la liberté, la tolérance et le droit de mener sa vie comme on l’entend.

Les lumières s’éteignent la musique est à fond et l’on voit se succéder des visages au fur et à mesure que Laurence Alia défile dans la rue…En quelques seconde on se retrouve plongé dans cette atmosphère si particulière aux films de Dolan.
Les plans au ralentis, la lumière, les couleurs, les répliques cinglantes, cette capacité qu’il a de choisir et d’accorder la musique qui démarre toujours à l’instant T et qui sublime chacun de ses tableaux, (on y croise Fever Ray, Headman ou encore Moderat pour ne citer qu’eux), les costumes, sans oublier les cigarettes…

On retrouve aussi ses acteurs fétiches avec lesquels il aime switcher d’un film à l’autre Suzanne Clément, prof compréhensive dans J’ai tué ma mère campe ici extraordinairement le rôle  Fred la compagne de Laurence. On se fait un plaisir de retrouver Monia Choukri, Marie dans Les Amours imaginaires qui devient Steph, petite soeur cynique au possible du personnage de Fred.

Les nouveaux venus ne sont autres que Melvil Poupaud et Nathalie Baye,la mère et le fils ou plutôt la mère et la fille, qui ne font que confirmer leur immense talent en se donnant la réplique.

A l’origine le rôle de Laurence était prévu pour Louis Garrel mais on se demande comment il aurait pu en être autrement qu’avec Melvil Poupaud.

Le film se termine et les applaudissements résonnent, après plus de 2h30 de silence les langues se remettent à fonctionner autour d’un open bar, autour de moi tout le monde à l’air conquis.

Selon le Larousse : le génie est l’aptitude naturelle de l’esprit de quelqu’un qui le rend capable de concevoir, de créer des choses, des concepts d’une qualité exceptionnelle. C’est le qualificatif que l’on peut attribuer à Xavier Dolan qui signe ici son 3 ème long métrage à voir absolument. Sortie en salle le 18 juillet.

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