Par Matt H.

Après des vacances aussi longues que peu méritées, la sortie ciné revient avec une semaine assez tranquille niveau quantité. En revanche, ce n’est pas trop vilain niveau qualité, et c’est notable…

Pour le retour de votre rubrique préférée, votre serviteur a décidé de modifier légèrement ses habitudes. Comment ? Et bien tout simplement en se proposant de noter les films. Loin de moi l’idée de légitimer ainsi ma misérable contribution à l’effort de la critique mondiale, mais vu que je ne parle que succinctement de la plupart des oeuvres, cela vous donnera (peut-être) une meilleure indication sur celles-ci que le galimatias presque inintelligible des mes développements. J’en profite d’ailleurs pour rappeler que je n’ai absolument pas vu les productions que je me propose de descendre, et que mon avis, tout comme les notes données, n’engage que moi.

Le film à voir :

Wrong de Quentin Dupieux avec Jack Plotnick et Eric Judor.

Bon quand je dis « film à voir », je me comprends. Je ne conseille pas à tout le monde de voir ce film, parce que d’une, il ne plaira probablement qu’aux quelques tarés qui ont kiffé Steak et Rubber, les précédentes folies pondues par le réalisateur français, et que de deux, même avec cet antécédent, on n’est jamais sûr de rien avec Dupieux. Par contre, si l’on tombe dessus par hasard sans connaître l’univers (particulier) du bonhomme, on a le choix entre plusieurs scénarios (ou scenarii, mais ça fait trop nouveau riche) :

 -le classique “what the fuck did I just watch”, traduisible par “hein ?” en français, où le spectateur qui s’attendait à tomber sur une redif’ de H sent qu’il s’est bien fait avoir.

 -le degouté « mais quelle merde », tout à fait compréhensible, reconnaissons-le, car il me fallut moi-même plusieurs coups avant de me faire à Steak, si tant est que l’on puisse s’y faire un jour.

 -L’enfantin « j’ai rien compris, mais c’est marrant, parce que y’a des gros mots et des gens qui tombent » de mon frère de 8 ans, qui amène l’observateur avisé à se demander si, finalement, l’intellectualisation forcenée de ce genre d’oeuvre n’est pas une totale perte de temps.

 -Et enfin, le « hippster’s classic » (pas si éloigné du précédent), « génial, j’adore cette critique de la société de consommation consumériste » de celui qui n’a pas plus compris que mon petit frère mais qui crèvera plutôt que de l’avouer.

 Bref un film à voir pour les amateurs du genre, les bobos rive-gauche, et les gens ouverts d’esprit (S’il en reste).

Verdict : 4/5

Le film à voir un dimanche pluvieux à Roubaix :

Monsieur Flynn, de Paul Weitz, avec Robert de Niro et Paul Dano

Bon, bon, bon. Un film avec De Niro. Alors autant vous avertir tout de suite, l’acteur (l’immense acteur, selon la formule consacrée) n’est malheureusement plus pour moi synonyme de bonne production comme il a pu l’être à une certaine époque. La dure succession de navets auxquels Bob a prêté son nom au cours des années 2000 (dont, en vrac, Mafia blues 1&2, Godsend, ou encore Mon beau père et nous) en témoigne. Pourtant, nous noterons qu’il est rare que, même parmi ce tas de daubes nauséabondes, il ne soit un  instant fugace où l’on ressente encore un certain souffle, une certaine classe, que le plus pourri des réalisateurs hollywoodiens ne saurait enlever au monstre De Niro.

Ici, comme en témoigne la bande annonce, on peut espérer retrouver chez l’acteur un peu de cet allant qui fit de lui une légende, notamment grâce à l’aide du prometteur Paul Dano (vu dans l’excellent There will be blood de Paul Anderson) et malgré Paul Weitz, le réalisateur, plus habitué aux comédies romantiques un peu nazes qu’aux face à face à tendances psychologiques. Wait and see.

Verdict : 3/5

Le film à ne pas voir :

Premium Rush, de David Koepp, avec Joseph Gordon-Levitt et Michael Shannon

Pourquoi ne pas voir ce film, qui s’annonce comme le remake américain de l’inoubliable Coursier avec Michael Youn ? La réponse est dans la question. Je passe sur le scenario classique du mec qui transporte un truc que d’autres mecs veulent lui prendre (merci l’originalité) et m’arrêterai sur le choix de l’acteur principal : Joseph Gordon-Levitt (JGL pour les intimes).

Sérieusement, mettre un gars comme ça, dont le charisme est proche de celui de la fourmi 32 dans Microcosmos, dans un film d’action, c’est presque de la provoc’. En gros, c’est comme mettre Vin diesel dans une comédie romantique, ou Owen Wilson dans un Woody Allen. En un mot comme en cent, c’est ridicule.

Petit rappel pour ceux qui ne sont pas de sexe féminin, ou qui n’auraient pas des soeurs à la maison (hou, le vilain misogyne!), JGL, c’est le gros bizut qui se fait prendre pour un con par Zooey Deschanel dans (500) jours ensemble, et qui se fait voler le premier rôle par Heath Ledger dans 10 things I hate about you. Pour résumer, l’histoire de sa vie, c’est d’être un second couteau, alors autant dire que le voir en livreur baraqué aux cheveux rasés le rend aussi crédible que moi en tutu. Et je pèse mes mots.

Verdict : 1/5, voire 0,5

Autres flims :

The secret, à voir quand… on aime les histoires glauques d’enfants disparus.  (2/5)

Killer Joe, à voir quand… on songe sérieusement à tuer ses proches pour récupérer l’assurance-vie.  (2/5)

Le guetteur, à voir quand… on trouve crédible Daniel Auteuil en flic énervé et Kassovitz en sniper.  (2,5/5)

Cherchez Hortense, à voir quand… on ne se lassera jamais de Bacri.  (3/5)

Monsieur Lazhar, à voir quand… on kiffe l’accent québécois (et les petits films sans prétentions, mais bien troussés).  (4/5)

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