Par Matt H.

Cette semaine, les studios se sont mis en vacances en attendant la rentrée, et ça se sent sur les sorties…

En effet, dur cette semaine de se sentir attiré par l’obscure moiteur des salles de ciné du quartier. On est quasiment sevré en Blockbusters bien con qui font passer une heure des après-midis torrides du sud-ouest toulousain, et les productions plus modestes ne sont pas spécialement à la fête non plus.

Je me livrerais donc cette semaine à un sortie par défaut, et ça ne m’amuse pas plus que toi, cher lecteur, soit en certain.

 On va commencer par l’unique grosse cylindrée de la semaine, présente dans absolument tous les cinémas de France et de Navarre : Blanche-Neige et le chasseur. On s’attend bien évidemment à un film sans grand intérêt, bien qu’il ne puisse pas être pire que le précèdent Blanche-Neige avec Julia Roberts (ce qui n’est pas très compliqué quand même). Et bien, à priori, ce n’est pas le cas. Le premier long-métrage de Rupert Sanders est plutôt pas mal fait et l’univers crée, plutôt noir, colle bien a l’ambiance glauque et sombre de l’original des frères Grimm, même s’il n’en suit pas vraiment l’histoire. Les acteurs quant à eux, ne s’en sortent pas trop mal, avec une Kristen «Marble Face » Stewart qui a apparemment appris à exprimer ses sentiments, un Chris Hemsworth qui ne sort pas vraiment de son rôle de gros bras (mais c’est ce qu’on lui demande), et une Charlize Theron, qui sur-joue un peu mais qui rend bien en méchante sorcière.

Alors, oui, ça reste un film destiné à un public très large, et on est encore loin du grand cinéma d’auteur, mais ça peut être agréable sur grand écran, quand on n’a pas autre choses de plus intéressant à faire, ou qu’on aime bien la dark fantasy.

 Blanche-Neige et le chasseur, de Rupert Sanders, avec Charlize Theron, Kristen Stewart et Chris Hemsworth.

A voir quand… on a une belle gueule de bois un dimanche après-midi pluvieux, et qu’on veut pas trop reflechir

On poursuivra avec la belle histoire du réalisateur italien Andrea Segre, La petite Venise. Traitant du malaise péninsulaire face à la montée massive de l’immigration, le film servi par Zhao Tao et Rade Serbedzija est une belle ode à l’intégration, qui évite de tomber dans le mélo pour traiter un sujet très délicat avec une dignité étonnante. Parfois longue, et avec un scenario qui donne parfois l’impression d’avoir été un peu bâclée, l’œuvre est magnifiquement rehaussée par le cadre mélancolique de la cité aux mille canaux et a d’ailleurs était récompensée à la Mostra de Venise.

Car quand on a été ne serait-ce qu’une seule fois à Venise, on en garde un souvenir impérissable, et quand un film arrive comme celui-ci à en restituer l’ambiance, on ne peut qu’applaudir des deux mains. A ce propos, n’écoutez pas ceux qui vous diront, entre autre, que quand on a vu un canal, on les a tous vu, ou que l’odeur de la ville est insupportable. Venise, c’est grandiose, magnifique et complètement inimaginable, tant que l’on n’y a pas été. Libre à vous, ensuite, d’en penser ce que vous voulez. Mais si un jour, vous avez la chance d’avoir l’opportunité d’y faire un tour, n’hésitez pas une seule seconde.

 La petite Venise, d’Andrea Segre, avec Zhao Tao et Rade Serbedzija.

A voir quand… la nostalgie de la plus belle ville du monde vous prend, comme ça, au détour d’une rue.

Pour finir, un petit coup de gueule. A quoi ça sert de faire un film sur Bob Marley si c’est pour le voir jouer au foot avec ses potes? J’exagère, mais le Marley de Kevin MacDonald, pourtant excellent réalisateur du Dernier roi d’Ecosse, n’a rien de la biographie sans concession que l’on aurait pu attendre. Trop lisse, pas assez incisive, le réalisateur passe rapidement sur les zones sombres du mythe pour s’attarder sur la légende dorée.

Pour autant, le documentaire est loin d’être inintéressant. On y trouve un bon paquet d’images exclusives fournie par la (très large) famille du défunt reggaeman, et les fans y trouveront leur compte. Mais bon, pour les autres, rien de bien terrible. Autant regarder un film cubain sur Ché Guevara.

Marley, de Kevin Mac Donald, avec Robert Nesta Marley, dit Bob.

A voir quand… Jah vous a montré la lumière

Les autres sorties de la semaine :

La grammaire intérieure, à voir quand… on a bien le moral, et pas envie que ça dure

Quand je serai petit, à voir quand… on aime voir un idole de notre jeunesse se rater (encore) au cinéma

Bienvenu parmi nous, à voir quand… on aime les films français convenus

Trishna, à voir quand… on kiffe les drames à la sauce curry

Bangkok renaissance, à voir quand… heu… non, la franchement, je ne sais pas

Baby-sitter malgré lui, à voir quand… non, mais je vous ai déjà dit qu’il y avait rien cette semaine

Journal de France, à voir… quand on aime les documentaires, mais vraiment, genre demande en mariage et tout le toutim

80 jours, à voir quand… on s’est déjà perdu dans les bas-fonds d’internet genre dirty granny

Cassos, à voir quand… on est fan de seconds couteaux de l’humour à la française

Dias de Gracia, à voir quand… on aime les films « à fond à fond à fond »

Billa 2, à voir quand… les sirènes de Bollywood nous ont déjà pris dans leurs filets

El campo, à voir quand… on est franchement attiré par les huis-clos très intimistes

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