La Semaine du Rock c’est fait et bien fait !

Après 30 litres de bière du Rock, environ 60 heures debout, une vingtaine d’heures de sommeil en tout et pour tout…je peux le dire, j’ai survécu à la Semaine du Rock ! Journal de bord d’un marathon, un vrai !

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1er jour : Echauffement du lever de coude.

Lundi soir, soirée d’ouverture au Communard pour le festival rock de Toulouse.

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Deux groupes locaux pour l’occasion : Dead Man River, un trio (deux guitares- voix, une basse) qui nous a transporté au Canada avec son dead country blues, slo-folk. Ambiance, on se pose par terre avec sa bière du Rock et on se laisse aller au son des ballades.

Suit alors, Winnipeg, deux guitares-voix. On est aussitôt happé par la superbe voix de Candice portée par un folk rythmé et efficace.

Pour conclure cette belle soirée, on retrouve Pierre Bardoux derrière les platines qui enchaîne les morceaux rock’n’roll et fait danser le Communard.

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2éme jour : Echauffement de la nuque (et du lever de coude).

Mardi soir, le marathon du Rock faisait escale à l’Esquile.

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On reste sur la lancée des sets acoustiques avec Jim Bergson (artiste solo folk-rock) et Roze .

J’arrive malheureusement un peu trop tard ( je n’arrive pas à me faire à ces concerts qui débutent à 19h45 ). J’ai quand même le temps d’apprécier deux chansons du chanteur folk, qui, avec ses influences de Neil Young, Jeff Buckley, Jack White… et une voix avec un petit truc à la Eddie Vedder, installe une ambiance chaleureuse dans le petit bar rue du Taur.

Vient ensuite, le groupe Roze qui pour l’occasion transpose ses titres en acoustique. J’avoue ne pas être une très grande fan du groupe qui propose un rock plutôt classique à la sauce Rage Against the Machine, Red Hot… La version unplugged ne me convainc pas plus.

On finit la soirée avec le fameux after mix, dirigé par le programmateur de Progrès Son et chanteur de MuffDiver accompagné d’un membre du groupe des Red Woods. Des sons rock efficaces qui clôturent cette deuxième soirée de la Semaine du Rock .

Ces deux premiers soirs de concerts offrent une programmation digne des après-midi de festival, où l’on profite du son pavané dans l’herbe au soleil, histoire de commencer tranquillement.

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3éme soirée : Entrée dans la course. Ca y est, on est chaud et c’est parfait car la 3éme soirée nous envoie du lourd !

Mercredi soir, c’est au Rex que ça se passe, une première dans cette salle pour Progrès Son.

L’affiche est 80% locale avec Icon’s Fall, les Strings et les Red Woods. Les 20% restants provenant de la région parisienne et représentés par Red Money. Pour avoir écouté les Red Woods en boucle pendant une semaine et ayant déjà vu les Strings sur scène à la Taverne, c’est dans l’idée de passer une très bonne soirée rock que j’arrive devant le Rex à 19h50 ( l’impatience à activé mon mode ponctualité! ).

Je rentre donc dans cette salle que je découvre pour la première fois. Les qualités visuelles et sonores ne font qu’augmenter mon excitation.

Excitation revue à la baisse lors de l’arrivée du premier groupe, Icon’s Fall qui ouvre la soirée avec un rock electronica (guitare, basse, batterie et clavier) dont je ne suis pas très adepte. Leurs influences telles que Björk, Air ou Radiohead sont évidentes mais n’ont pas eu de réels effets sur ma personne.

Je vais donc commander une bière à la serveuse super tatouée et super cool. Je jette un regard sur la salle et une petite déception m’envahit. Le public ne semble pas être très présent ce soir.

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Après Icon’s Fall, ce sont les Strings qui, pendant 45 minutes, nous font vivre un set qui sent bon le rock des années 70. L’ambiance monte d’un cran avec les enchaînements de riffs bien calés et un duo voix bien maîtrisé. L’énergie est là, les deux frères conquièrent le public qui s’étoffe au fur et mesure des morceaux . On pourrait leur reprocher un set un poil trop scolaire, qui ne permet pas le petit plus de folie qu’ils pourraient se permettre, mais la qualité est là. Quelques dates en plus et le groupe très prometteur trouvera son identité scénique, c’est à n’en pas douter.

L’ambiance monte crescendo avec les Red Money, qui s’installent sous une lumière rouge. Le duo nous transporte grâce à son blues hanté et son rock sauvage et sexy. Laure Laferrerie enchaîne morceaux énergiques et sensuels. Arnaud Dussiau passe de la basse à la batterie morceaux après morceaux. C’est maîtrisé, c’est bon, c’est un pur délice.

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Arrivent pour le dernier set les Red Woods, groupe montant de la scène locale qui nous présente son nouvel EP Sober and dry, sorti en Février 2016. Dès le premier morceau, on sait que la soirée ne va pas se terminer dans le calme. Les toulousains nous offre un rock puissant, galvanisé par une superbe voix. On ressent de nombreuses influences mais le groupe réussit à créer sa propre identité, avec seulement un album et un EP à leur actif. L’énergie est encore une fois au rendez-vous malgré une salle qui s’est quelque peu vidée. Malgré un public en deçà de ce qu’ils méritent, les quatre groupes nous ont donné une vraie bonne soirée rock, ils ont pris du plaisir sur scène et c’est ce qu’on demande à voir au final.

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4éme jour : On reste dans la course, on est bien, on kiffe !

Le festival continue avec sa plus grosse date et affiche au Métronum et le public a fait le déplacement. Ce soir la scène toulousaine est représentée par les Ginger Spanking. On part pour la Nouvelle-Orléans. Les 5 membres nous font sauter, chanter en cœur. On transpire dans la Music Box du Métronum. Une belle mise en jambe pour la belle soirée qui s’annonce.

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Le temps d’apprécier une bonne cigarette et une bière, ce sont les Fuzzy Vox qui se mettent en place face à une salle bien remplie. Avec leur nouveau batteur et leur nouvel album « No landing Plan» (le deuxième) enregistré à Los Angeles (studio des Wolfmother, Rolling Stones…), le groupe de Joinville-le-Pont met littéralement le feu à grands coups de baguettes, de guitare hyper énergique et de grands écarts. Ils sont super à l’aise et pourtant d’après le chanteur ils n’ont « pas l’habitude de jouer devant autant de monde. (ils) se chie(nt) dessus !». Un show du tonnerre porté par une superbe communication avec le public.

On est bien chaud maintenant après ces deux groupes qui transpirent le vrai bon rock’n’roll.

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L’ambiance redescend pourtant d’un cran avec The Liminanas qui collabore pour cette tournée avec Pascale Comelade. C’est un petit orchestre qui nous fait face (basse, guitares, batterie, chant, clavier) malheureusement peu mis en valeur de par leur occupation de l’espace scénique. Les morceaux aux sons électriques et acoustiques, rock psyché, british pop des 60’s s’enchaînent avec très peu d’attention pour le public, qui tranche fortement par rapport aux formations précédentes.

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Dernier groupe de la soirée, les bordelais de JC Satan et c’est un tout autre monde musical qui nous attend. Le premier morceau nous envoie instantanément dans une ambiance sombre, garage stoner traduit à travers de longs et violents riffs, des gros coups de batterie, un clavier psyché, une basse puissante et une voix féminine qui boucle cette formation à merveille. Morceaux après morceaux ce sont des uppercuts que reçoit le public dans lequel on peut voir les fameuses tornades capillaires. C’est sur un show énervé, un joyeux bordel à grosses gorgées de vodka (que boit le guitariste entre chaque morceaux) que la nuit de jeudi se termine.

Commencer la soirée sur du rock’n’roll, la terminer sur un rock garage sombre en passant par de la pop psyché, c’est une programmation très éclectique que viennent de nous offrir le Métronum et Progrès Son.

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5éme jour : On commence à subir, les pieds font mal, les chevilles tirent, le bidon bière pousse.

Le réveil commence à être difficile. Les cernes apparaissent, les mouvements se font moins vifs, mes pieds me supplient un massage… On va se la faire tranquille ce soir au Cri de la Mouette.

Au programme, une soirée en deux parties. Trois groupes et un DJ set jusque 5 heures du matin.

Ouverture des portes à 22 heures et dès le premier groupe, International Hyper Rythmique, la péniche se remplit rapidement. Le public est réceptif à la pop atmosphérique des frères et sœurs toulousains. La bassiste avec son chant incantatoire est accompagnée d’une guitare, d’un clavier et d’une batterie qui posent une ambiance à la fois mélancolique et radieuse.

On enchaîne avec Simple Jack et un rock stoner en rien très original, accompagné par une voix qui m’agresse quelque peu les oreilles me faisant ainsi quitter la péniche au bout de trois morceaux.

vendredi soir Simple Jack

On termine la session live avec le groupe Piscine (Bordeaux) qui nous propose un rock noise math avec des titres comme « Natation synchronisée », « Chlore », « Apnée » tirés de leur album Olympique. Ils ont beaucoup d’humour ces bordelais et réalisent un show instrumental (deux guitares, une batterie) qui me fait oublier l’idée d’une soirée tranquille. Les morceaux sont réussis, efficaces de par une composition explosive. Cette fois-ci, je reste jusqu’au bout.

L’after mix est assuré par Gonzhi des Siestes/Canal Auditif suivi par Runky Forz (Les Siestes/DVDLP) et R.S.T (Esthétique) qui font carton pleins. Je ne pourrais pas en dire grand chose, les obligations professionnelles m’obligeant à quitter la soirée assez tôt (2h30 environ). Mais j’ai quand même eu l’occasion de voir que deux game boy allaient être utilisées pour mixer.

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6éme jour : Deuxième souffle difficile à trouver.

Samedi soir, avant-dernière étape du marathon à La Taverne. 80% de local, 20% de national avec les Madjive de Besançon. Je ne suis pas très fan des soirées dans la salle aux Arènes, mais je fais tout de même l’effort de m’y rendre pour remplir mon rôle de reporter jusqu’au bout du bout et te livrer mon humble avis à toi lecteur.

Je loupe cependant Purple Plane et son rock progressif/ funk. Aux dires des spectateurs qui étaient là à l’heure, la formation guitare, basse, batterie, violoncelle a offert un très bon show.

J’arrive donc pour The Plugs, quatre mecs qui viennent défendre leur punk rock en costards. Il est 21h30 et la salle est loin d’être remplie, ce qui ne s’améliorera pas tout au long de la soirée. The Plugs ne se laisse pas pour autant décourager envoient de l’énergie au public de La Taverne. Le chanteur tire la langue, chauffe le public sur des morceaux punk funky groovy. On passe un bon moment, on rigole mais on est quand même (très) surpris par les deux reprises que se permettent le groupe (Les gars, sérieux ?? Abba… ??)

C’est à Wimp de monter sur scène. Groupe de psycho-rock qui utilise un sax’ baryton en guise de basse. Nous avons alors affaire à un rock psyché haut en couleurs avec un chant emprunt de vocalises (un poil trop à mon goût). On y retrouve des aspects rock voodoo, hip-hop, rock’n’roll… c’est un joyeux fouillis qui crée une ambiance festive.

samedi soir Madjive

Malheureusement, la salle désemplie et c’est face à un public très réduit que Madjive entame son set. Ils définissent leur style comme étant du High Voltage Rock’n’Roll. Et bien c’est du VERY high voltage auquel nous avons droit ce soir, pas adapté à une salle comme La Taverne. Le son est beaucoup trop fort et on ne peut apprécier le live qu’au coin fumeur où le son ne risque pas de nous rendre sourd à la sortie. Je peux simplement dire que le jour où je veux vivre un live qui envoie du bois, qui me permettra de me défouler bien comme il faut, c’est Madjive que j’irais voir.

Un samedi soir pas très réussi donc pour la Semaine du Rock, faute de public et de qualité de salle. Demain, dernière soirée à l’O Bohem, avec deux groupes de deux membres de l’association Progrès Son. Ils ont promis que ça allait envoyer grave et ils ont tenu leur promesse.

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7éme jour : La ligne d’arrivée est toute proche et on découvre des ressources physiques insoupçonnées grâce à une excellente clôture de festival.

21h, arrivée au bar très réputé de la Grande Rue Saint Michel et la foule est déjà bien présente. Le bar fait maintenant restaurant et quelques tables sont encore occupées par des groupes d’amis en train de déguster les bons petits plats paléo concoctés sur place. Le barman (le célèbre Omar) lance alors l’appel comme quoi les concerts ont été décalés afin de laisser la clientèle finir son repas tranquillement mais qu’il faudrait quand même accélérer le coup de fourchette. Toute l’équipe de Progrès Son est là plus motivée que jamais. La dernière soirée à cette atmosphère particulière du « on relâche la pression, on est bien fatigué mais c’est la dernière, demain c’est férié alors on va tout donner », renforcé par un dernier live assuré par deux groupes de membres de l’asso’ The Horner et Muffdiver.

The Horner ouvre donc les hostilités à 21h45, si ma mémoire est bonne, devant une salle pleine à craquer. Pour Arnaud (le chanteur) il fait « 180 degrès et c’est génial ! » et il n’est pas loin de la réalité. On a chaud, chaud, chaud et pour cause, The Horner nous envoie des riffs ravageurs, une batterie qui poutre et une voix blues incroyable. Une super énergie provient de la scène. Le groupe est galvanisé par leur victoire au tremplin « Décroche le Son » trois jours auparavant et le set passe à une vitesse fulgurante. Très bonne entrée en matière.

dimanche soir muffdiver

Suit alors Muffdiver qui conseille rapidement de se procurer des bouchons d’oreilles parce que « ça va tabasser ». Et ça tabasse ! Le groupe a déjà son public qui nous met une ambiance à faire transpirer les murs. La formation heavy southern rock toute récente, chère à son chanteur Fanch, a faim de scène et donne tout pour satisfaire son public avec son rock ravageur. Il fait 300 degrés à l’ O’Boheme. Il y a autant de monde sur le trottoir qu’à l’intérieur. Le rappel de Muffdiver sonne la très belle fin de la Semaine du Rock.

La soirée se termine sur la playlist de notre bien aimé O’ Bohem parfaite pour danser jusqu’à deux heures du matin. Une très belle clôture de festival qui fait oublier le petit raté du samedi soir.

 Et voilà une semaine qui s’achève avec son lot de belles rencontres, de rigolades, de Bière du Rock, de découvertes, de groupes qui ont la patate..Certes fatigante, mais du 100% Rock pendant 7 jours, ça fait du bien par où ça passe. Après sept soirs à voir les mêmes ganaches, on se dit au revoir comme si c’était la fin d’une colonie de vacances, à la limite de la larme à l’œil. Qu’est ce qu’on va faire demain soir ?

Un grand merci à la super équipe de Progrès Son pour leur bonne humeur et aux lieux qui ont accueilli l’événement nous permettant de découvrir une scène locale rock belle et bien présente et de qualité.

A l’année prochaine.

Je vous laisse avec le lien de la playlist des groupes de la semaine à (re)découvrir : https://lasemainedurock-progres-son.bandcamp.com/

Reportage par Anaïs

Photos NB: PNC Photographies

Photos Couleurs: Fabien Labarbe, avec l’aimable autorisation de Progrès Son.

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