Couv_littertie

Si vous êtes arrivés jusqu’à cette page c’est que vous savez lire. Mais s’informer sur le net demande bien davantage …

L’analphabète est celui qui n’a jamais appris l’alphabet. L’illettré est celui qui sait déchiffrer sans comprendre. Le mot « littératie » est issu de l’anglais « literacy » qui se veut l’inverse de cet illettrisme : savoir lire et comprendre ce qu’on lit.

 Trouver le mode d’emploi du net.

Internet est un outil génial, mais livré sans mode d’emploi. C’est un immense capharnaüm, où la pépite côtoie la bouse ; où la quantité de contenu brouille souvent les pistes. Faites le test, essayez de comprendre la guerre de Yougoslavie ou la théorie des cordes en utilisant Wikipédia … La montagne d’informations à laquelle vous vous confrontez et l’organisation de cette dernière rendent très complexe (voire impossible) toute compréhension.

A l’amont de l’esprit critique, il n’est pas question de savoir si l’information est pertinente mais bel et bien de percevoir le sens de ce que vous lisez.Vous y avez accès, tout est devant vous, là, à portée de main, mais ce savoir reste finalement pour certains totalement insaisissable. Il existe une culture de l’internet, une façon de lire le web qui permet de le comprendre, une sorte de « culture de la culture » ou « culture de l’information » : la littératie.

Au départ, personne ne maîtrise le web. Même un ado d’aujourd’hui qui est né le nez dans l’écran et la souris à la main se noie dès qu’il s’agit d’aller à l’essentiel, de comprendre et de digérer ce qu’il lit. Hop, copié, hop, collé. Pas de digestion, l’information traverse le cerveau comme le café le tube digestif : c’est rapide, c’est laxatif et finalement il ne reste pas grand-chose.

 Les neurones de la lecture

Pourtant son cerveau, sa façon de penser ne sont probablement pas les mêmes que ceux de la génération de ses parents. Les recherches en sciences humaines tendent à montrer qu’internet modifie jusqu’à notre façon de réfléchir. On sait qu’il existe différents « styles cognitifs » et le net aurait tendance à favoriser ce que Katherine Hayles(1) appelle « l’hyper-attention ». Il existerait même un « style cognitif générationnel » qui correspondrait aux médias numériques. En gros, une grande capacité à zapper, à être multitâches, une génération Y qui maîtrise à merveille la lecture rapide, sans toutefois arriver à explorer en profondeur les textes qui lui sont proposés.

Télérama dans son dernier numéro de février va même jusqu’à titrer « Notre cerveau a-t-il muté ? ».

Alors, symptôme du « c’était mieux avant » ou véritable passage d’une culture de l’écrit à une culture de l’écran ?

Anto

Pour aller plus loin …

(1) N. Katherine Hayle Hyper and Deep Attention: The Generational Divide in Cognitive Modes. http://www.english.ufl.edu/da/hayles/hayles_hyper-deep.pdf

Nicholas Carr . Is google making us stupid ?

http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/306868/

Alain Griffard. Lecture numérique et culture écrite

http://alaingiffard.blogs.com/culture/lecture_mmoire_bibliothque_lecture_numrique/

Antonio Casilli. Wikipedia, prof de raison.

http://owni.fr/2012/10/29/wiki-prof-raison-wikipedia-ecole-education/

Michel Puech Blog sur Philosophie magazine

http://www.philomag.com/blogs/micro-sagesses

Marc Belpois. Avec Internet et les écrans, mon cerveau a-t-il muté ?

http://www.telerama.fr/medias/internet-modifie-t-il-mon-cerveau,93189.php

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