Ecrit par Sophie & Léo

Le festival Onze Bouge a accueilli la Compagnie Décor Sonore et leur projet Urbaphonix. Un concept musical et à l’improviste très intéressant. Le directeur artistique, Michel Risse, nous en parle plus en détails :

ITMM : Depuis quand existe la compagnie ?

M.R : Depuis 1985 et elle est originaire de Paris

ITMM : Décor Sonore s’est-elle toujours basée sur le concept de théâtre musical ?

M.R : Oui, c’est une compagnie de musiciens percussionnistes mais avec l’idée d’entendre complètement autre chose selon ce qu’on montre et le contexte dans lequel on l’écoute.

ITMM : Les protagonistes sont-ils exclusivement musiciens à la base ?

M.R : Oui, enfin ce n’est jamais exclusif, moi j’ai une formation de musicien. Et le théâtre m’a sauvé d’une vie de musicien cloîtré dans son environnement. On m’a demandé de jouer dans une musique de scène. Tous les sons prenaient une autre valeur et cela devenait absolument passionnant de raconter la pièce, ne pas jouer qu’en fonction des notes mais également en fonction du scénario. Tout d’un coup, la musique servait à autre chose.

ITMM : Elle prenait donc une autre dimension ?

M.R : Oui, parce que je ne crois plus que la musique serve juste à être « jolie ». Cela entraine vraiment vers la consommation musicale et ne doit pas être développé selon les états d’âme de l’artiste mais ouvrir sur une certaine vision du monde. Faire voir les choses autrement est plus intéressant.

ITMM : De cette manière, vous avez intégré le côté théâtral à la musique ?

M.R : Oui, très objectivement les compositions étaient beaucoup plus belles parce qu’elles étaient mises en scène. Nous avons été amenés à faire du spectacle au service de la musique.

M.R : Comment cela se passe au niveau des contraintes ? Comment organisez-vous le show en amont ?

On ne s’adapte pas, en fait, c’est devenu la source d’inspiration principale. C’est beaucoup plus intéressant d’écouter le paysage sonore que d’écouter une composition. Mais la plupart des gens considèrent ça comme du bruit. Et ce qu’on essaye de faire c’est de développer l’écoute du public pour en faire une composition improvisée.

ITMM : Vous vous adaptez en direct à l’environnement extérieur ?

M.R. : La matière première de notre spectacle est faite de ce qu’il y a sur place.

ITMM : Ce n’est vraiment que de l’improvisation au final ?

M.R : Dans cette formule là, oui, c’est très improvisé. Et d’autres formules sont plus écrites, c’est-à-dire qu’on vient longtemps à l’avance en fonction de l’environnement.  Urbaphonix est un spectacle où l’on fait un repérage uniquement quelques heures avant.

ITMM : Comment gérez vous les bruits sonores extérieurs, camion de pompiers par exemple ?

M.R : On considère que ça fait parti de la composition instantanée, c’est presque un cadeau même. Un accident, un bébé qui pleure ou la réaction d’un spectateur est intégré dans le déroulement du spectacle. C’est pas si fréquent en musique parce qu’elles s’inspirent d’elles-mêmes alors que là, les musiciens s’inspirent de l’environnement extérieur encore une fois. Ils utilisent le mobilier urbain et leurs instruments.

Retrouvez la nouvelle création Urbaphonix les rues du 2ème et 13ème arrondissement dans Paris, avec la Coopérative de Rue et de Cirque les 14, 15 et 16 juin 2012.

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