Par Anto

Pour la sortie du premier numéro de Hobo, ITMM a rencontré son rédacteur en chef : Jean-Denis Walter. Il s’est prêté, avec beaucoup de simplicité et une grande sincérité au jeu des questions ; on ne peut que l’en remercier.  Mais qu’est-ce que Hobo ? Hobo c’est un nouveau magazine de photo-journalisme trimestriel au format italien. Plus de 200 pages de belles images à découvrir dans toutes les bonnes librairies.

ITMM. On assiste aujourd’hui à la sortie de plusieurs magazines de ce format (XXI ; 6 mois…) Pourquoi sortir, aujourd’hui ce type d’ouvrage ?

J.D. Walter : Hobo c’est un projet assez personnel, j’ai été rédacteur en chef de l’Equipe-Mag et j’ai toujours été très intéressé par la photo. A l’Equipe-Mag on touchait des reportages formidables mais le format était contraignant : 6-7 pages. On devait balancer la moitié de ce qu’on recevait. Alors je me suis dit qu’il faudrait développer un nouveau magazine où on sortirait les reportages sur 20 – 30 pages, pour prendre le temps de traiter les sujets. Il y avait aussi la volonté de faire un bel objet, qu’on peut offrir, conserver, quelque chose qui reste!

ITMM. Comment vous choisissez les sujets traités par Hobo ?

J.D. Walter : On a cherché à privilégier les sujets intemporels. Des sujets qui ne vieillissent pas, qui ne sont pas pris dans le feu de l’actualité. On cherche à raconter des histoires, à parler de l’âme du sport et des gens. Tous les sujets de Hobo, toutes les photos racontent quelque chose ! En plus, elles ont été prises partout dans le monde ; c’est une sorte de « balade mondiale ».

ITMM : Nadar avait coutume de dire « Si la photographie se contente de constater, elle ne sera jamais qu’une technique ». Est-ce que votre volonté de « raconter une histoire » ne rejoint pas un peu ce point de vue ?

J.D. Walter : Tout à fait. Chez Hobo on cherche à donner une dimension supplémentaire, on cherche à mettre en avant tout le côté politique, social… Humain en somme. Le sujet sur les catcheuses boliviennes, par exemple ; ces femmes ne se produisent pas seulement pour le spectacle ou de l’argent, elles mènent un combat quotidien pour les droits des femmes.

Pareil pour le sujet sur le hockey en Biélorussie, on a cherché à montrer comment le président Loukachenko utilise ce sport comme instrument de pouvoir ! Ce sujet raconte tout un pays.

ITMM : Le journal L’Equipe sort Hobo, il participe à la sortie d’une bande dessinée (Matt Peterson, tome 1 : London Running.) Est-ce qu’il y a une volonté aujourd’hui de se diversifier ?

J.D. Walter : Disons qu’il y a une volonté de faire « aussi « ce genre de choses. N’oublions pas que le site internet de l’Equipe est le site français d’informations le plus visité. Avec Hobo on cherche à ralentir, à sortir un peu de l’actualité à toute vitesse. C’est pour ça que le magazine n’est vendu qu’en librairie. Avec les journaux gratuits, la qualité du journalisme baisse…

ITMM : Au niveau du public touché, qui peut lire Hobo ?

J.D. Walter : Hobo touche un public beaucoup plus large que l’Equipe. D’abord un public beaucoup plus mixte, les photos sont belles et elles parlent à tout le monde. On n’est pas du tout dans le « ballon-ballon » et on décrit d’autres aspects du sport. Le sujet sur les soldats en Afghanistan le montre bien : les soldats turcs ont monté une salle de lutte, les Croates un terrain de basket. Les soldats américains, eux, portent leurs armes en permanence … Sauf sur les terrains de sport ! Le sport c’est des relations humaines, c’est de la communication entre individus.

ITMM remercie aussi la librairie Folie d’encres pour les photos et pour avoir permis cette rencontre.

Quelques illustrations :

Les « Déesses du ring », catcheuses boliviennes en pleine action. (Daniele Tamagni).

Un « streaker » en pleine action pendant un match de Bundesliga. (Defodi / Action Press).

Les « Belles de concours », adeptes du bodybuilding féminin.  (Martin Schoeller)

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