Par Victor et Fabien

A l’occasion du Big Festival, on a eu la chance de rencontrer Frah, le chanteur du groupe Shaka Ponk, qui a gentiment accepté de répondre à nos questions.


– ITMM : Shaka Ponk, votre dernier album cartonne. C’est un énorme succès, la tournée marche bien aussi, c’est relativement complet, donc voici ma question : comment ça va chez vous ?

– Frah : Physiquement, on commence à être un peu fatigués mais c’était prévu, donc… Il y a beaucoup de dates et comme entre les dates on se donne beaucoup de petits dossiers à faire, des trucs en vidéos et tout ça, ça fait qu’on a pas beaucoup de jours de repos, mais c’est de notre faute (rire) donc on peut pas se plaindre ! Sinon tout va bien!

– ITMM : C’est la première fois que vous venez à Biarritz pour jouer? Ou même pour le plaisir ?

– Frah : Je ne crois pas, en fait t’as en face de toi le seul mec du groupe qui ne sait jamais où on va et où on est allé… Mais après, je pense qu’on avait fait un petit festival à Biarritz, y’a à peu près un an mais je me rappelle plus du nom : un petit truc donc je sais qu’on est déjà venu mais je pourrai pas te dire où !

– ITMM : Dans votre live, l’énergie vous la trouvez où à chaque fois ? Parce que vous enchainez les dates ! Jusqu’à quatre par semaine !

– Frah : Oui ben parfois c’est moins que d’autres mais on essaye de … je sais pas … on a beaucoup bossé en fait : ça a été une façon au début d’essayer de se démarquer des autres, donc d’être assez puissant sur scène pour être, justement. Quand tu fais des premières parties, tu sais, t’as une salle en face de toi qui veut tout sauf toi, qui veut le groupe d’après, et pour leur plaire, réussir à s’en sortir et à marquer les esprits, il faut en faire des tonnes. Donc on a beaucoup travaillé ça et puis on fait gaffe, on essaye d’être un peu sportif, un minimum. Après c’est uniquement les gens qui te véhiculent une énergie quand tu vois comme c’est maintenant : autant de sourires et de gens qui s’éclatent en face de toi, t’es obligé de … en fait c’est difficile de s’endormir !

– ITMM : Qu’est-ce qui vous à convaincu de venir ici à Biarritz pour le Big Festival ?

Frah : En fait, c’est pas compliqué. Quand tu fais un groupe tu veux absolument aller dans les festivals les plus réputés pour participer à l’histoire, donc on a depuis longtemps essayé quelques festivals comme ça qui nous voulaient pas, parce qu’on était pas un groupe encore confirmé, mais maintenant ça passe bien. Y’a plein de festivals qui ouvrent leur porte à Shaka Ponk, dont le Big, qui sont des festivals qu’on aurait jamais pu faire il y a deux ans encore! Et donc, c’est un honneur pour nous de se retrouver dans des lieux comme ça avec autant de monde, et on espère que ça va durer !!

– ITMM : Vous préparez un nouvel album ?

Frah : Tu sais, nous on a un processus assez complexe. C’est qu’on a pas seulement un album, il faut faire toutes les images pour la scène, tous les clips, y’a tout un tas de trucs … et tout est un peu lié, donc ça fait des chantiers un peu compliqués et du coup comme là ça a plutôt bien marché il faut qu’on tape assez haut sinon on va faire un truc qui va…  en fait une fois que ça fonctionne, c’est un peu vicieux parce que si tu fais aussi bien, tu fais moins bien dans l’esprit des gens donc du coup faut faire mieux. C’est sûrement possible mais en tout cas c’est la première fois qu’on a la pression puisque avant on faisait notre truc en pensant que tout le monde s’en foutait, et tout ce qui était média et maisons de disques, nous le disaient clairement qu’ils s’en foutaient, donc on s’était fait une raison et puis comme ça a pris maintenant, il y a une petite pression, on a envie de faire un truc vachement bien, on a envie de se surpasser et faire des choses qu’on aurait pas pu faire avant, donc c’est un peu nouveau tout ça !

– ITMM : Comment s’est passée votre collaboration avec Bertrand Cantat ?

– Frah : Très très bien, en fait, on l’a rencontré sur un concert, on jouait à Bordeaux. Il était là et il venait pas nous voir nous, il venait voir la première partie et puis après il est venu nous voir en loge en nous disant qu’il avait trouvé ça super et qu’il était assez impressionné, curieux de toute notre façon de faire qui est quand même à l’extrême opposé de son univers à lui, mais on s’est rendu compte qu’on avait pas mal de points communs et on est devenu assez potes sans parler de musique ou de collaboration. Puis petit à petit, forcément, y’a un moment, nous on avais jamais écrit en français donc c’était l’occasion et à chaque fois qu’on nous demandait « pourquoi vous n’écrivez pas en français ? » On disait qu’on le ferait le jour où Bertrand Cantat (sans savoir que ça allait se passer ) ferait un disque avec nous. C’était un moyen pour éviter le sujet … mais en fait, on a donc été obligés de le faire et petit à petit quand t’as la guitare qui traîne, on la chope et on commence à la «gratouiller» et à trouver des idées. C’est un mec qui est ultra productif et hyper agréable à bosser, donc ça se fait tout seul. On planifie rien et puis, à un moment, y’a un morceau ; Et pour le clip, c’est pareil. Nous, on voulait absolument qu’il apparaisse dedans évidemment. Il était assez frileux. Il avait pas fait de trucs visuels depuis longtemps, et de plus avec nos idées … bizarres … il se disait  » mais où je mets les pieds » puis finalement à un moment il s’est dit  » vas y, j’y vais  » et on s’est retrouvé à le filmer avec des singes partout pour faire le clip.
Le jour où il était au Zenith, c’était pareil… en fait, tout se fait facilement, on s’appelle, ça se décide en 3 secondes. C’est super cool avec lui, c’est vraiment un mec qui est… enfin il faut  vraiment le connaître, c’est un mec super !

– ITMM : J’ai vu le clip  » le Hombre que soy » qui a été censuré, ça s’est passé comment ? Quelle a été l’idée de partir sur un clip comme ça et comment ça a été tourné ?

– Frah : En fait, on a fait ça dans l’endroit où on bosse à Paris, on a un petit local dans le 8ème qui nous a été prêté par une boîte de production et la boîte de production était énorme et nous on était coincé dans le grenier dans un petit truc. Mais la boîte de prod a des locaux assez vastes, mais quand même y’a des gens qui travaillent dedans, et en fait, y’avait un mec dont j’ai oublié le nom qui était un peu satellite des spots de Shaka et qui faisait des films pornos et chaque fois, il nous disait : « les gars si vous voulez faire un clip assez osé  » puis nous on lui disait « je sais pas ce qu’on ferait. Enfin, non merci ». Et un jour, une soirée, on est un peu bourré, il est là et je lui dis « vas-y ! Ok, on le fait le truc, ça va être rigolo  » puis on commence à parler  et après je laisse passer le temps je m’en fous et j’oublie… puis il me rappelle et il me dit « j’ai les filles ! samedi prochain c’est bon ». Mais c’était trop tard, il avait tout prévu et on se retrouve trois jours après avec des nanas qui débarquent. On savait pas quoi filmer, on avait la caméra et en 10 secondes, il y avait Hot Vidéo qui était là, il y avait 25-30 personnes qui ont débarqué et nous on était pas du tout dans l’esprit de faire un truc mais fallait le faire et on se disait que c’était l’occasion ! Du coup, on a mis une caméra et on s’est mis à improviser et voilà, ça a donné un truc. Les nanas étaient bien rigolotes et du coup, on s’est retrouvé à filmer un truc qui n’a ni queue ni tête !

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire