Cigùri_2 Cigùri est une guerrière à la plume ornée de fantaisie. Elle se projette dans un univers dark pop teinté d’arrangements électroniques. Bercée par le souffle et l’ébullition berlinoise, elle décrit un imaginaire mystique entre poésie et magie noire. Elle vient de signer son premier album « Mare Nostrum ». C’est à cette occasion que nous l’avons rencontré.

ITMM : Cigùri, est une guerrière onirique et fantaisiste. Pour quels idéaux combat- elle ?

Cigùri : Cigùri a eu, a, et aura toujours plusieurs vies. Elle appartient à de multiples mondes, certains engloutis et d’autres plus émergés. Elle ne fait jamais les choses à moitié et c’est pour cela qu’elle meurt et renaît en permanence. Je peux la faire mourir le temps d’une mélodie et je la réinvente par le biais d’un costume, avec une nouvelle peau.

ITMM : Comment est-elle née dans l’esprit d’Alice ?

Cigùri : J’étais styliste auparavant et chanteuse à mes heures perdues, puis un beau matin j’ai ressenti le besoin viscéral de me créer un alter ego, un personnage à travers lequel je pourrai m’exprimer avec tous mes savoirs faire.

Cigùri vient des émotions qui naissent au plus profond de moi-même et mon travail chaque jour est de me rapprocher encore davantage de cette essence. C’est un travail douloureux et lumineux à la fois, à l’image de la vie.

ITMM : Pour quelles raisons as-tu choisi d’intituler ton premier album “Mare Nostrum” (traduit par “notre mer” )?

Cigùri : Je suis née dans le sud de la France, j’ai grandi entre une petite ville en Provence qui s’appelle Aubagne et la Corse. La mer Méditerranée, ‘Mare Nostrum’, ‘notre mer’ pour les Romains, a été l’élément naturel central de ma vie, de ma naissance à mon départ pour Berlin, lorsque j’ai inventé Cigùri. Je lui dois mes meilleures vacances, mes plus belles joies et peines, mes plus grands repos, mais aussi mes plus beaux bains de larmes, passés et à venir. Je me devais de lui dédier mon premier album, c’est en elle que Cigùri puise son énergie et plonge ses racines.

ITMM : Où puises-tu ton inspiration ?

Cigùri : Le travail d’un artiste est tel celui d’un filtre. On enregistre en permanence des notes de musique, des couleurs, des histoires, des émotions. C’est comme si on arrivait à traduire l’empreinte que la vie laisse sur nous.

Par exemple, j’ai eu envie de reprendre la chanson ‘Smalltown boy’ de Bronski Beat au moment où il y a eu cette montée de l’homophobie décomplexée en France (Cf. Mariage pour tous). Jimmy Summerville l’avait écrite lorsqu’il a été rejeté par ses parents au moment de son « coming out ».

ITMM : Ton univers est dense. Quand d’autres artistes se limitent uniquement à la composition musicale, tu joues sur tous les fronts (vj, costumes, graphisme …). Quel en est ton ressenti? Est-ce une façon d’ajouter une certaine sensibilité à l’oeuvre ?

Cigùri : J’ai la chance d’avoir la couture, le piano, le chant et quelques notions de vidéo à mes cordes. J’aime passer de l’un à l’autre, chaque domaine vient nourrir le précédent. J’ai un processus de création assez lent car il faut que je passe par tous ces différents médias pour pouvoir me sentir rassasiée. Si demain je venais à apprendre la sculpture, ça ne m’étonnerait pas que j’essaye de faire le totem de Cigùri en grandeur nature.

ITMM : Parle nous de ton processus de création, de la naissance d’un morceau ?

Cigùri : J’ai toujours travaillé de manière intuitive que ce soit pour la musique, les costumes ou quand je filme des images.

Pour ce qui est de la composition, je m’assieds à mon piano quand j’en ressens le besoin, ou quand l’urgence de laisser sortir quelque chose est devenue  insupportable. C’est une sorte d’écriture automatique, un moment de lâcher prise. Ce n’est que dans un deuxième temps que je retravaille et arrange mes morceaux.

De même que pour les costumes, j’ai tout d’un coup un flash, un nouveau personnage et je m’efforce de le dessiner jusqu’à ce qu’il prenne vie. Puis lorsque je lui donne du corps devant ma machine à coudre, une fois la matière en main, il prend encore une toute autre forme. La vidéo est l’élément qui vient toujours se poser en dernier, tel un décor.

ITMM : La production dans ton studio et le live sont-ils deux approches différentes de ton travail ?

Cigùri : Oui, le travail de studio est dans un premier temps très libre puis très technique et réfléchi. Le travail de la performance scénique est toujours très intense pour moi. Chaque performance est une occasion d’aller chercher la vérité, de se guérir. Montrer son travail en live est toujours un don très personnel et unique. Je suis toujours tétanisée à l’idée de jouer une série de concerts, je ne sais jamais ce que je vais laisser sortir. Le live est un moment magique immaîtrisable et c’est pour ça que malgré mes peurs je me jette à corps perdu dans ce métier.

ITMM : Tes projets pour la suite ?

Cigùri : Je joue à Paris le 17 février à Paris pour une Peel Session, j’ai hâte, j’adore jouer à Paris. J’ai toute une série de concerts qui démarre en Février. Toutes les dates seront annoncées très prochainement ici.

Je me suis associée récemment avec une artiste de la scène industrielle, Kerta Von Kubin pour jouer mes lives berlinois. Elle a construit tout spécialement un stand de percussions métalliques (elle est aussi sculpteur sur métal) et joue de la guitare électrique.

Quatre nouveaux clips sont en cours de réalisation avec 4 réalisateurs talentueux (Ludovic Alussi, Jeremy Carne,  Robin Plessy et Otesanek).

Cigùri_5Questions Flash ITMM

Demain c’est la fin du monde quel artiste sauverais-tu ?
Otesanek

Si tu étais un lieu ?
En apnée sous l’eau et très précisément dans la Anse de Canella en Corse

Ton album de chevet ?
Cela n’est jamais le même mais en ce moment je passe du dernier Etienne Daho ‘Les Chansons de l’innocence retrouvée’ à Chelsea Wolfe ‘Pain is beauty ‘ 

Si tu devais mourir demain qu’est-ce tu écrirais sur ta tombe ?
Pas de tombe, seulement mes cendres répandues dans la mer.

A quoi ressemble un matin parfait pour toi ?
Le dimanche, tôt le matin, je vais à mon studio alors que le monde dort encore à poings fermés ou est encore en train de danser dans les clubs berlinois.

Propos recueillis par Romain.

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