facepalm

Cette semaine, je suis entourée de marmots âgés de 5 ans, cela pour une raison qu’il est inutile d’évoquer ici (mais rien d’obscur, je vous rassure !). C’est ainsi qu’une question m’a traversé l’esprit : Comment ces modèles réduits peuvent-ils bien appréhender le concept de « musique » ? Je ne suis qu’à moitié sadique, je vous épargne les chansons de dessins animés et autres comptines. Évitons également de décrypter le témoignage poignant du petit Amaury pour qui la musique, c’est avant tout « Tata Pascale, quand elle joue du piano chez Pépé. »

 

La Musique traditionnelle

Il est agréable de constater que le mouflet de 5 ans peut être sensible à l’héritage culturel que tente de lui inculquer ses parents. Hélas, ô grand Hélas, ces chers petits n’ont su me donner d’indication autre que le pays d’origine des chansons qu’ils écoutent. On passera donc sur les références précises d’artistes. Le Don Juan des bacs à sable, a.k.a Rodrigue, me raconte qu’il écoute beaucoup « de musique libanaise » et la jolie Nawel ne dit connaître « que des chansons arabes ». Moi ce que j’en pense, c’est qu’au moins, ça change et ça leur fait une bonne base !

Stromae, l’idole des jeunes

Pas franchement férue de statistiques, je pourrais tout de même dire, que bien 50% de la marmaille interrogée, au bas mot, m’a citée la chanson Papaoutai de Stromae. Je compte sur l’ami google pour m’aider à éclaircir le phénomène mais ma perplexité s’accroît lorsque je tombe sur un message relayé en 2013 sur les réseaux sociaux par l’émission Les maternelles, diffusée sur France 5 : « Vos enfants aiment PAPAOUTAI de @Stromae ? Envoyez vos vidéos de leurs prestations. Chronique en vue». Certains parents s’indignent, tout de même, de la gravité des paroles de la chanson et de l’impact qu’elle peuvent avoir sur leurs rejetons. Ben oui, c’est super triste de pas trouver son papa ! Par contre, d’autres n’en ont cure. C’est dansant et le refrain est on-ne-peut-plus facile à retenir, c’est forcément bien ! Moi, ce que j’en dis, c’est que cette chanson a glissé sur moi telles des perles de pluie sur le plumage d’un palmidé !

 

La culture mainstream

Ravie de faire une nouvelle trouvaille, je pense naïvement avoir à faire à un tout nouvel artiste lorsque Alexane et Nawel me citent respectivement « Apacamosta » et « Abagamastaï » . Une petite lueur d’espoir anéantie par un flash : « Ah merde, ces petits êtres tentant, tant bien que mal, de communiquer avec moi me parlent du Gangnam Style de Psy ! ». Je suis de nouveau tristesse lorsque plusieurs enfants m’évoquent Mickael Jackson. Je m’attends à ce qu’ils me citent un bon vieux morceau comme Bad ou Billie Jean avant de rappeler à ma mémoire le récent bidouillage post-mortem qui inonde toutes les radios, Love Never Felt So Good. Moi, ce que j’en fais, c’est que je remercierai jamais assez Justin Timberlake pour ça (ou pas).

Skyrock style

Est-ce vraiment étonnant si je vous dis que les enfants dégustent (pour rester polie) du Black M, du Maitre Gims et du Magic System matin, midi et soir ? Parce que Bella, Sur ma route et Magic in the air arrivent en bonne position dans les références joyeusement citées. Heureuse de ne pas connaître une chanson dénommée Paranoïa (prononcée « Palanoia » par les gamins), je googlise une nouvelle fois. Voilà que je tombe sur un petit bijou interprété par Jul, un pseudo rappeur marseillais. Celui-ci est aussi bon représentant du rap français que moi je le suis de la musique lyrique. Camélia me raconte avec fierté qu’elle chante cet extrait avec son papa : « Laissez-moi sur ma route, j’en ai plus rien à foutre ». L’Éducation nationale dit « Pouce en l’air ». À mon grand regret, je n’ai pas su décrypter les références du petit Amine, de son papa qui « écoute une chanson sur le Barça » et de sa maman qui « écoute un truc de souffrance ». Mais je vous promets de lui trouver une bonne adresse de pédopsychiatre au plus vite ! Moi, ce que je garde de tout ça, c’est une déception digne d’un petit canapé tartiné de pâté pour chat durant le Réveillon de noël.

 

Bonus : le petit Mathieu relève le niveau

Je pensais rester à jamais bloquée en position facepalm jusqu’à ce que le fringant petit Mathieu me sorte un magnifique « Moi j’écoute Queen à la maison ! ». Par contre, impossible pour moi de parvenir à deviner la chanson dont il me parle. Je conseille d’ailleurs aux puristes du blind-test de se munir d’un enfant en bas âge, de lui demander de fredonner une chanson, de sortir les cacahuètes et de s’armer de patience pour une soirée qui s’annoncera longue ! Pour preuve, si quelqu’un arrive à identifier une chanson de Queen où il y a, je cite « des « Amapastoas » qui se suivent », je lui offre une bière !

 

Nota Bene

Je suis certaine que ces enfants ne sont pas uniquement inondés de daube, même si ils y sont visiblement très sensibles. J’ai un peu d’espoir pour eux, surtout quand Rodrigue me dit « Maman écoute des nouvelles musiques, c’est joli mais je connais pas ». Avec un peu de chances, c’est un bon petit Moderat. L’espoir fait vivre.

 Par Noémie.

(Aucun prénom n’a été modifié, faut pas déconner)

 

 

 


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