Mardi 12 avril dernier, deux reporters d’ITMM se sont rendus au concert de Faada Freddy au Bikini. Faada Freddy ? Pas trop notre came a priori mais on nous a glissé à l’oreille qu’il ne fallait pas rater ça. Paraît qu’le garçon envoie du lourd sur scène alors on a voulu juger par nous-mêmes.

C’est peu de dire que nous n’avons pas été déçus.

On pouvait pourtant avoir quelques réticences au départ, Faada Freddy s’étant fait repérer en performant lors des premières parties de certains concerts de Zaz. Bon ça c’est pas un argument valable et c’est gratuit. Fan de Faada calme toi. Des premières parties il en a fait plein d’autres, notamment celles de Bernard Lavilliers. Faada Freddy s’est également fait remarquer dans de nombreux festivals de l’été dernier (Paléo et Festival du Bout du Monde pour ne citer qu’eux).

Deuxième crainte et non des moindres, on nous annonce que tout le concert se déroule sans instrument, en mode acapella, avec le corps pour seul instrument (beatboxing et body percus).

Toi-même tu sais, le beatbox c’est cool mais c’est vite chiant et faut pas être au premier rang (sauf si t’aimes les postillons). Ce n’est d’ailleurs pas qu’une performance live, c’est en effet la particularité du premier album de Faada Freddy, Gospel Journey, disponible depuis janvier 2015, qui a la particularité d’avoir été enregistré uniquement à l’aide de voix et percussions corporelles ; sans aucun instrument classique.

Curieux mais sceptiques on déboule au Bikini, en avance pour une fois. Y’a du monde, la salle est quasi pleine. Public varié, mais moyenne d’âge clairement quarantenaire, pas de groupie, ambiance peace and tranquility, esprit France Inter/Télérama.

Cela nous fait rigoler cinq bonnes minutes d’être parmi les plus jeunes du Bikini, le temps d’une bière avant le concert.

Le show commence vers 21h30, et on adhère d’entrée, toutes nos inquiétudes s’évaporant dès le premier morceau. Voix exceptionnelle, charisme, groove efficace, on est séduits. Les sons sont tellement amplifiés que si on avait les yeux fermés on ne devinerait jamais l’absence d’instruments.

Accompagné par six choristes/chanteurs, Faada Freddy enchaîne les titres de son premier album solo, nous faisant ainsi découvrir l’incroyable éclectisme de son univers musical. L’artiste semble ravir son auditoire avec sa personnalité généreuse et surtout sa voix exceptionnelle. Sa musique est un subtil mélange des harmonies vocales d’un Bobby McFerrin et de mélodies pop avec un timbre de voix Soul à la Otis Redding. Gospel, soul, folk, rap, ragga, Faada maîtrise tout ce qu’il entreprend avec brio et une aisance incroyable.

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Les incontournables titres Letter to the world et Truth réveillent le public et font monter l’ambiance d’un cran. Faada Freddy, issu d’un des groupes de rap les plus connus d’Afrique (Daara J), maîtrise parfaitement la scène et sait jouer avec son public. A plusieurs reprise celui-ci est sollicité pour faire les choeurs, notamment sur le déjà culte Lost, pour un très beau moment de communion entres les artistes et le public.

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Le concert se termine vers 23h15, après un rappel et quelques reprises surprises qu’on ne divulguera pas.

Vous l’avez compris, on a plutôt bien kiffé la prestation du sénégalais et de son crew. La démarche artistique est sincère et insolite, mais surtout efficace! On comprends pourquoi tous ses concerts parisiens affichent complets depuis un bail (La Cigale, Le Trianon, l’Olympia).

Retour chez nous dans la chaleur du printemps toulousain, un grand sourire aux lèvres. On sait maintenant que Faada Freddy n’a pas usurpé son succès. Un set prenant et ultra efficace qui fait le taf pour t’en mettre plein les yeux et les oreilles. S’il est à l’affiche d’un festival cet été courez le voir même si vous pensiez plutôt vous mettre l’apéro à ce moment là, ça vaut clairement le détour.

Par Max et Pierre. 

Photos: PNC Photographies

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