Alors, certes c’est un événement majeur, l’homme qu’on ne présente plus, résident du club où on ne rentre pas, qui ne ferme pas le week-end et avec le meilleur sound system au monde et le physio le plus connu est déjà venu une fois il n’y a pas si longtemps mais pas pour ce genre de performance, à savoir un set live de 3h.  Le public est bien sûr au rendez-vous et personne ne veut manquer le show. Résultat : Sold Out dès le début de semaine. Et là, où le bât blesse c’est que les prix grimpent très vite. Cela se vendait déjà au triple pour Brejcha sur le parking, aucun doute quant au fait que la folie sera encore de la partie.

Oui, dernièrement les soirées s’enchaînent et nous sommes heureux de voir que les clubbers sont de sortie.

L’event annonce la couleur, on vient pour une prestation unique, un ponte dans notre lieu de prédilection ne permet pas de laisser de place à d’autres artistes alors certes on est loin du Berghain mais on affectionne tant notre club, on y est si souvent que c’est devenu notre seconde maison. Cependant, il est difficile de rivaliser avec l’équipe All Stars, et surtout de partager l’affiche mais on y retrouve tout de même un artiste local et organisateur de la soirée. Alors cela peut prêter à confusion ou être sujet de discorde voire même paraître un peu déplacé ou tout simplement vu comme le fait de s’octroyer un kiff, ce qui serait rien de plus légitime vu tout le travail fourni pour animer nos nuits sonores depuis des années mais l’histoire est toute autre, on profite de notre artiste toulousain Cold qui est bien mis en avant.

La dernière fois que je l’ai vu, il s’agissait d’un mix éclectique. Alors certes je commence à avoir les tempes grisonnantes mais j’avais trouvé super cool que l’on mixe ce type de registre sur Toulouse, alternant entre Techno et Electronica. Cela devait être sur le festival Electro Alternativ’ et à la Chapelle des Carmélites. On pourrait croire à une autre génération, une autre vie, mais ces sonorités Electronica avec des gars comme Luke Vibert, l’homme à la multitude de blases, Wagon Christ, Kerrier District, Plug, etc. et signées sur les labels prestigieux comme Mo’Wax, Rephlex, Warp sont aussi un énorme kiff du label Ninja Tune. D’ailleurs, je ne maîtrise pas du tout le sujet mais je suis super fier d’avoir appris qu’un toulousain, Redeyes, soit signé sur le label mythique anglais des pionniers et pointures Coldcut sur Ninja Tune – à vérifier en live avec Noisia ce vendredi 24 mars.

J’étais ravi de commencer ce live avec Cold armé d’une grande envie de pouvoir apprécier son répertoire riche et teinté de différentes sonorités. On apprécie dès le départ non pas car nous avons pu fêter les irlandais (et la Guinness) mais parce qu’il est lui aussi très en forme. Cela part fort, les morceaux sont énergiques et Cold conquiert le public très rapidement avec cette fougue entraînante. Alors d’un autre côté on pourrait se dire qu’en tant que challenger, il fait le match de sa vie mais il n’en est rien. Il est surexcité, « surconcentré » et totalement investi. Sa conception de la musique et son expérience en tant qu’activiste ont été particulièrement appréciées lors d’une conférence dernièrement. On a bien là la preuve que les « petits » de formations locales ont du talent et bien des choses à exprimer.

L’euphorie est de rigueur et l’affluence aussi alors même si on est super contents de retrouver plein de copains, on est davantage dégoûtés de perdre 30min pour prendre un verre au bar. D’ailleurs, le carton rouge est spécialement pour le barman en terrasse qui n’arrive plus à servir car oui, je voudrais pouvoir boire autant et finir dans le même état que lui.

Ben Klock

Pas obligé de faire de la techno pure et dure, souvent taxé de faire un son rectiligne, le maître de scène s’installe. Ben Klock, celui qui n’a pas arrêté de courir les dates et les plateaux prestigieux autour du monde afin de propager une techno dont il détient savamment le savoir-faire. Cela reste tout de même brut et nous amène dans les profondeurs d’un son bien propre et entraînant de l’écurie d’Ostgut Ton’s. Le déroulé est long, légèrement progressif. Pas assez à mon goût car cela manque de contraste mais on apprécie l’étendu du panorama qu’il couvre pour bien clubber, rêver et s’évader.

Alors certes, si nous sommes comblés de guincher au Bikini, « alle nacht lang » (c’est de l’allemand, enfin je crois) cette addiction à la musique est difficile à curer car on a beau se rassasier la nuit et bien on a toujours envie de danser dès que cela recommence à l’aube après un peu de récupération physique.

Et c’était le cas en ce samedi ensoleillé, la ManifestiV est de retour en tapant du pied et demande ses droits de danser plus. Oui, j’avais envie de taper du pied à suivre les chars et ce en pleine ville avec un rayon de soleil et j’ai envie de vous faire partager également cela. Que demande le peuple si ce n’est de pouvoir festoyer contrairement à ce que pourrait laisser penser cette étrange réaction d’une mamie dont on avait perturbé la routine en coupant son passage clouté avec tout le défilé de chars.

« tous ces jeunes, tous ces jeunes qui n’ont pas de travail… ils sont de Toulouse ? »

Alors la demande évolue, des alternatives sont mises en place, pas mal de structures se bougent et font les choses avec passion sur Toulouse afin de toucher un panel plus large. Plaisant de voir cette dynamique constructive plutôt que de subir des freins qui sont éternellement invétérés. Nous ne sommes pas dupes quant au constat qui se dresse avec le peu d’endroits propices en ville à la fête et en regrettons quelques uns, temples du dancefloor.
RIP : Ambassade, Dynamo, le complexe du Ramier, LR & Studio One etc.
(en fait si, aujourd’hui le Club LR aurait un nom grillé, cramé quoi)

Dernièrement La Fabric a vraiment frôlé la fermeture définitive à Londres et subit aujourd’hui une politique draconienne de police anti-drogue alors que c’était déjà un des clubs les plus surveillés à ce sujet.
Ndlr : Banni à vie dès la 1re arrestation pour possession de drogue.

Le soutien a été massif mais le prix à payer est cher, non pas que je fasse l’apologie de la drogue (loin de là) mais celle de pouvoir festoyer librement. Et même le maire de Londres l’a dit le premier, lui qui était un coutumier des soirées (as a junglist?) de là-bas, un club est l’image de la ville, une institution ne doit pas s’effondrer pour un événement, certes, dramatique. Sadiq Khan a également dit que c’était le « Least druggy club in London ». Et pour des raisons immobilières l’emblématique club berlinois pourrait aussi tendre à disparaître. Dans la ville rose, de moins en moins de clubs sont mis à disposition, les installations sonores subissent de fortes réglementations et avec une tolérance zéro des bars. Les prix des soirées sont exorbitants et il est donc difficile de sortir pour tout le monde là où on aimerait avoir une fréquence plus soutenue. Plus de lieux, plus de soirées, plus de possibilités de danser librement, c’est bien ce que l’on demande.

Clubber, swingger, groover, danser n’est pas un péché, on veut sortir tous les soirs, c’est la vie.

« Hardcore jusqu’à la mort, si t’aimes pas, t’es mort ! »

Merci aux structures Reg@rts, Vandal Records, Ruff Club,  Folklore, Boussole, Champ’caine records & autres que j’oublie, de se démener pour nous rassasier de bonnes vibes avec une offre toujours plus prometteuse.

FULL SUPPORT

Propos récoltés par Nelson

Crédits photos : Louis Derigon (Reg@rts – Bikini) & Paul Roquecave (pour la Manifestive)

Les photos utilisées sont réalisées par Louis Derigon & Paul Roquecave et ne sauraient être utilisées sans leurs autorisations préalables.

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