IAM

Après de longues années passées à affuter leur plume, les moines-guerriers marseillais repartent à l’assaut des sommets. Mais sont-ils restés aussi adroits qu’à leurs premières heures ?

Bon si je viens ici c’est pour reposer quelques bases, parce que mon magazine préféré a beau être servi sur des glaçons (ah ah) il lui arrive de manquer cruellement de hip hop.

Alors quoi de mieux pour en parler que le retour des darons du rap français ? Cette semaine est sorti Arts Martiens, le nouvel album des hommes asiatiques impériaux et attention, c’est du très lourd… IAM tout le monde les connait et on pourrait dire aussi que tout le monde les aime, sauf éventuellement quelques handicapés culturels persuadés que c’est Lil Wayne qui a inventé le hip-hop.

 » J’ai du rater un truc, peace love and having fun, sont devenus bitch, drogue et heavy guns… »
Akhénaton – Les raisons de la colère

Et mon padre pour qui le rap c est pas de la musique… Ouaip, je sais… C’est dur croyez moi…. C’est peut être aussi ça un des problèmes d’IAM, comment surprendre les gens quand on a déjà sorti le meilleur album de rap français ?  Tout simplement avec un retour aux sources et un petit coup de chance.

Le coup de chance c’est qu’à la base, le groupe devait sortir un concept album « IAM Morricone » sur les thèmes du monsieur, sauf qu’à 20 jours de l’enregistrement on leur demande gentiment de faire abstraction des droits sur toutes les chansons…

Et on à beau être philanthrope, on n’est pas obligé d’être complètement con non plus. Du coup le  groupe part en studio à New York, avec aucune chanson en poche. Ils y resteront 2 mois. Le résultat ? 35 titres complets écrits sur place et 17 sélectionnés pour le nouvel album.

–       Le retour aux sources, il s’entend sur l album, dans les instrus et les samples où Kheops et Imhotep envoient un bois particulièrement ciselé et exotique. Et puis… Putain qu’est ce que ça fait du bien de réentendre des scratchs sur un album de rap !

Ensuite dans les lyrics évidemment… L’imagerie asiatique, mystique et guerrière est présente dans Benkei et Minamoto  où Akhénaton et Shurik’n excellent en frères d’armes.  Les références aux anciens albums et à l’histoire du groupe (séparé de Freeman en 2009) truffent la galette et ravissent évidemment les vieilles groupies comme moi.

L’ambiance est sombre, froide, posée. Pas de délires à la « Coupe le cake », ni de grosses basses à la « Offishall », le groupe le dit :

« Pas de course à l’armement dans l’album », ici ils n’ont pas voulu explorer les nouveaux canons du hip-hop mais se concentrer sur les bases, ce qu’ils faisaient de mieux. Et puis peut être que l’ambiance actuelle pousse moins à la fête aussi.

Au final, IAM revient au top de la forme en  paradant pour un dernier coup d’éclat.  Je crois que c’est réussi. Rendez vous sur les festis cet été pour les voir et surtout à la rentrée pour une tournée plus intimiste qui s’annonce déjà d’anthologie…

PS : L’album est évidemment sur le net depuis une semaine (avant sa sortie oui), coupable je l’ai chargé, je pouvais plus attendre. Ça m’empêchera pas d’acheter le vinyle des qu’il sera dispo chez mon disquaire, soutenez ceux qui vous soutiennent et faites mentir Hadopi bande de leechers de merde.

En écoute : ICI

M.Blind.

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