Un concert comme chez mamie : Apéro, plat et dessert.

Heymoonshaker

Apéro :

En apéro étaient servies deux premières parties : un duo guitare/batterie façon Francis Cabrel (sans l’accent), suivi de deux réjouissants zikos guitare/harmonica.

Sympa, mais autant vous dire qu’on en a profité pour assiéger le bar du Divan du monde en attendant le plat de résistance. La pinte à la main, sur fond de gratte et de blues-folk, on a laissé la salle se remplir. Alors que le niveau descendait dans nos verres, le balcon se garnissait de jolies parisiennes et de parisiens lookés, prêts à en prendre plein les oreilles. 

Bref, on était chauds pour le plat de résistance, et on n’a pas été déçus.

Plat

Sur la petite scène du divan pas de fioritures : deux micros, une guitare et notre duo de grands échalas, au crâne travaillé façon tondeuse à gazon. Pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, Heymoonshaker c’est Andrew Balcon au chant et à la guitare accompagné de Dave Crowe, au beatbox. Un mélange improbable sur le papier, mais surprenant en live… Le genre de groupe qui passe bien dans le casque mais dont on attend le passage sur scène avec un poil d’impatience.

Bilan : ils se sont fait plaisir et nous ont fait plaisir !HEYMOONSHAKER

Face à un public concentré et curieux, le duo n’a pas chômé. Dès le premier morceau, la voix rauque d’Andrew a du attendrir le cœur de celles et ceux qui n’étaient pas convaincus avant d’arriver. Il a du coffre notre ami ; parfois même un peu trop, quitte à tirer de plus en plus fort sur une voix qui aurait mérité plus de ménagement et de subtilités. Mais pour les amateurs de blues bien rocailleux et de voix du style j’ai-fumé-des-gitanes-sans-filtres-pendant-10-ans ; c’était très certainement une belle démonstration de force.

Heymoonshaker1Dave Crowe, lui, impeccable dans son personnage de boite à rythme humaine donnait au blues de son collègue de scène des accents très rythmés, façon rock garage ou électro, selon les morceaux et suivant les envies. C’est très certainement ce qui fait le charme de leur live : pas de machines et pourtant une rigueur de métronome et une vraie claque de gros beats à décoller les semelles du parquet.

Ça c’était pour le plat de résistance. Ce qu’on ne savait pas c’est qu’il y aurait une « surprise » (en anglais dans le texte).

Dessert

Après avoir bien fait tourner leur répertoire et trempé les planches de salive et de sueur ils ont invité sur scène trois potes dont deux qu’on avait aperçus en première partie.C’était reparti pour un tour, le dessert avec cerise sur le gâteau : une deuxième guitare, un clarinettiste et un harmonica qui s’époumonait pour rester dans le rythme.

Si la première partie du concert était bien, mais commençait un peu à tourner un rond, l’arrivée de toute ce beau monde a filé un grand coup de fouet au public qui s’est réveillé, emporté par l’énorme débauche d’énergie des cinq gus sur scène. Dave Crowe, en chef d’orchestre, déchaînait le rythme de chacun des morceaux et embarquait tout le monde, pied au plancher. Conquis, le divan du monde assistait à une grosse prestation scénique qu’il n’attendait pas nécessairement ; mais qui aurait presque mérité une salle plus grande et un public un poil plus énervé.Heymoonshaker2

On est ressortis de là avec le sentiment d’avoir pris une jolie claque, mais en se disant, comme souvent, que c’est quand même mieux sur scène !

Si vous avez l’occasion de croiser leur route, n’hésitez-pas. De même que si Dave Crowe vous demande de fermer les yeux pendant le concert vous promettant qu’il va vous embarquer au fin fond de son cerveau ; faites-le… Et on n’en dira pas plus.

 

Texte : Antonin Weber, Thibaut Tayo & Antonin Tenac

Photo : Lucille.C

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