© La Clef

Après une nuit de quatre heures, partagée entre le sommeil et le cuvage de tout ce que nous avons pu boire la veille, nous émergeons difficilement. Qu’à cela ne tienne, nous voilà fin prêt pour attaquer le deuxième jour de ce festival Garorock. C’est donc avec un mélange de Ricard bien dosé que nous partons arpenter les rues marmandaises en quête de nourriture solide, si possible à base de porc car oui, chez ITMM on raffole du porc. L’après-midi nous rassemblons nos troupes de notre beau pays tarnais pour un apéro traditionnel qui durera beaucoup plus longtemps que ce que nous pensions. Par chance nous réussissons à nous esquiver une petite heure, le temps de réaliser l’interview de l’étoile montante de la scène reggae française : Biga Ranx. De retour au camping, nous ramassons nos amis fortement alcoolisés et c’est parti pour la deuxième soirée qui s’annonce longue et très folle.

Biga Ranx : la renaissance du reggae français

Biga Ranx - Garorock

Biga Ranx c’est un peu le nouveau souffle du reggae français, un savant mélange de hip-hop et de reggae, avec un message positif que l’artiste souhaite porter partout dans le monde. C’est donc ce samedi en fin d’après-midi que nous retrouvons le reggae man sur la scène du Trec. Premier et seul point négatif que je retiendrais de ce concert, la scène sur laquelle joue Biga Ranx est trop petite par rapport à la foule qui se masse autour de celle-ci. Biga prend un malin plaisir à alterner les titres de On Time et Good Morning Midnigth avec pas mal de passages en freestyle, ce qui montre que l’artiste à une aisance particulière dans ce style. Le public bouge uniformément au rythme de ses sons. Ce fut pour nous une bonne découverte.

Willy Moon : « The King » is back

P1120201-1024x768

Crédit photos« SoundofBrit ».

Avant ce concert, je n’avais quasiment rien entendu de cet artiste et c’est pour cette raison que je voulais le découvrir en prestation live. Willy Moon arrive sur scène en costard, les cheveux plaqués en arrière, accompagné de deux charmantes demoiselles jouant respectivement basse et batterie. Et tout d’un coup alors que le groupe entamait son troisième morceau, il me semblait que j’avais déjà vu quelqu’un qui avait la même façon de danser, de chanter et même de tenir sa gratte. C’est à ce moment là que j’ai compris que Willy Moon marchait sur les traces d’Elvis. Les similitudes sont impressionnantes. Le jeu est carré, il n’y a rien à dire de ce coté là, nous passons un super moment. Malheureusement pour nous, il est temps de quitter l’artiste pour nous diriger vers le concert de Fidlar que nous attendons depuis des mois avec impatience.

Fidlar : sex, drugs and rock’n roll

fidlar - garorock

Fidlar ce sont quatre Californiens complètement barges imprégnés de la plus pure culture punk garage. On comprend évidemment que leurs morceaux tournent autour d’un sujet capital : la drogue. Vu les questions qu’ils lancent au public on ne peut douter du contraire. Do you take marijuana, LSD, cocaïne ? A cela on ajoute pas mal de saturation, un batteur fou avec une qualité de jeu surprenante et un chanteur charismatique à la voix un peu cassée qui colle parfaitement à ce groupe et on obtient un cocktail explosif made in California. Les morceaux s’enchainent à une vitesse effrénée, on apprécie notamment une partie de leur set qui nous replonge dans notre adolescence avec un son semblable à celui de Blink 182. À la fin du concert, une fille devant nous se fait littéralement assommer par un saucisson volant non identifié, plus rock’n roll tu meurs.

 

Saez : suicide collectif

saez - garorock - noise culture

Crédit photos « Noise Culture ».

Saez n’étais pas venu à Marmande pour faire rire le public, bien au contraire, après avoir pris une grosse claque au concert des californiens Fidlar, on se retrouve devant un concert ou l’ambiance est calme, voire même déprimante. Jusque là rien de surprenant mais la suite du concert est un enchainement de mauvais gout. Reprendre des riffs de Noir Désir en essayant de chanter du Jacques Brel avec des textes de syndicaliste franchement ça ne le fais pas du tout. Pour nous Saez est un encouragement suicidaire à toute personne indécise souhaitant passer à l’acte, c’est d’une tristesse inconcevable, nous avons l’impression que le chanteur porte la misère du monde sur ses épaules et bien plus encore. C’est pour cela que nous avons choisi ce moment pour aller manger un bout. Et même pendant le repas, non loin de la scène, nos oreilles ont subi le supplice de ce que l’on appelle la musique de Damien Saez. Heureusement un petit troupeau de Bretons est venu à notre table, histoire de nous remettre le moral au beau fixe.

Skip The Use : un show bien rodé

skip the use - garorock

Le groupe de rock français Skip The Use emmené par le show man Matt Bastard fait son entrée peu avant 23h. C’était la quatrième fois que je voyais les lillois en concert et je m’attendais honnêtement à m’en lasser. Et encore une fois je me suis trompé, et c’est reparti pour une claque monumentale. Le set tourne comme une horloge, et nous avons même droit à un nouveau morceau qui apparaîtra peut-être sur le prochain album. Matt profite d’un court instant pour balancer une vanne concernant certains festivaliers qui ont reproché au groupe d’avoir été trop violents l’an passé en séparant la foule en deux pour un bon gros pogo comme on les aime. La fosse crie au scandale et la musique reprend de plus belle et les slams qui vont avec s’enchainent. Le concert s’achève sur un cover de Nirvana et leur célèbre titre « Smells Like Teen Spirit » repris à la perfection. Aucune fausse note pour les lillois dont on apprécie toujours autant la prestation scénique.

Bloc Party : Helicopter tombe en panne

Bloc party - garorock - la clef

Les londoniens Bloc Party étaient-ils dans un mauvais jour ou est-ce la séparation du quatuor annoncée il y a quelques semaines par le guitariste Russel Lissack qui rend le groupe un poil nerveux ? Dans les deux cas, cela s’est ressenti dans leur prestation. Kele Okereke entre en scène suivi de ses musiciens et entame avec le morceau « So here we are ». Première remarque, ce n’est pas Matt Tong qui est derrière la batterie mais Sarah Jones la batteuse officielle du groupe New Young Pony Club et à vrai dire, on voit que le changement a été précipité car la petite nouvelle a du mal à suivre sur certains contretemps. Les anglais arrivent néanmoins à relever un peu le niveau tout au long du show en alternant entre les morceaux de leur dernier album et leurs tubes tels que « One more chance », « Flux », « Banquet » et bien d’autres encore. Alors que l’on pensait que Bloc Party était revenu à un niveau musical égal à celui que l’on connaissait, lors du dernier morceau du set, « Helicopter », la guitare rythmique nous révèle un flot continu de fausses notes semblables au cri d’un chat que l’on égorge dans une machine à laver, c’est vous dire l’atrocité sonore que nous avons supporté durant 4 minutes. C’est donc sur un goût d’inachevé que le concert se termine devant un public médusé par ce final désastreux.

Black Rebel Motorcycle Club : Only rock’n roll !

Black Rebel Motorcycle Club - garorock - la clef

Après une prestation assez décevante de Bloc party on se dirige vers la scène où doit se produire Black rebel motorcycle club. 
C’est l’un des groupe que l’on voulait le plus voir durant ce festival. 
C’est tout de noir vêtus et armés de guitares saturées que le trio américain débarqua sur la scène de la Plaine pour y délivrer son Rock Garage légendaire ! Et légendaire est bien le mot qui correspond à leur prestation qui est en tout points parfaite. Nous avons beaucoup apprécié le mélange harmonica et guitare sur certains morceaux qui nous rappellent de toute évidence Bob Dylan. L’alternance entre Peter Hayes et de Robert Turner qui sont à tour de rôle chanteur lead mais s’échangent aussi la guitare et la basse ! La polyvalence est à son apogée avec ces deux hommes. Ne parlons pas de Leah Shapiro, la batteuse du groupe, qui est un véritable métronome. Nous pouvons classer ce concert dans le top 3 du festival.

Nous finissons notre soirée sur la dernière moitié du set du dj Bounce !!! qui finira de nous épuiser.

On remercie l’équipe du Garorock pour leur gentillesse et pour les accréditations.

Crédit photos « La Clef ».

Par François et Fabien

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire