Camping garo

L’hésitation aura été longue quant à la teneur (voire même l’existence) de ce report live. Que dire, que faire, qu’écrire concernant un festival qui n’aura (pour moi) duré qu’une seule et unique soirée? Comment retranscrire la moiteur made in Quechua, la gueule de bois, la nuit blanche d’entre deux soirs? Et à quoi a bien pu servir la tentative de sieste du samedi après-midi si au final son seul but aura été de nous préparer à un retour forcé à Toulouse?

Car oui, c’est bien de Garorock dont il est ici question. Un festival dont je n’avais pas encore eu la chance de découvrir le nouvel écrin et que j’attendais avec une impatience certaine. La découverte d’un nouvel environnement festif donc, mais aussi et surtout une programmation assez alléchante.

(Ce qui va suivre est un flash forward, de qualité discutable)

Pour que chacun comprenne bien la situation il faut savoir que le site du festival (et les environs, j’imagine) a été placé en vigilance orange dès samedi 16h (en gros). Ne voulant pas prendre de risques, le préfet nous fait tout plier en plein après-midi, des bus sont affrétés et les festivaliers enjoints à se rendre dans un gymnase/hall d’exposition, un truc comme ça. On nous dit qu’on pourra revenir aux alentours de 22h (chouette!) mais que les concerts sont tous annulés… Bon, un festival sans concert c’est un peu comme un camping pourri dans un bled de merde. Dur d’y trouver un quelconque intérêt. Mes fidèles compagnons et moi-même n’étant pas masochistes et facturant bien 110 ans à nous quatre, c’est la mort dans l’âme, mais avec la logique pour conseillère que nous décidons de regagner Toulouse (à ce moment précis certains d’entre nous croyaient sincerement en nos chances de trouver une motivation inattendue qui nous aurait permis de nous rabattre sur le Bikini pour une soirée techno. Pauvres fous…).

Alors oui j’en entends certains me dire que j’ai tout spoilé la fin, que si je suis pas content je peux toujours aller me faire enculer… Et à ceux-là je dis qu’ils vont trop loin (et que je les emmerde, tendrement) et que de toutes façons, les concerts je vais y venir. Ceci était une simple contextualisation. Que chacun comprenne pourquoi ce live report concernant un festival n’abordera en fait qu’une seule soirée.

Mais quelle putain de soirée!

(Retour à une trame narrative classique et de qualité passable)

Vendredi, fin d’après-midi,

Après un covoiturage de bon aloi (conducteur agréable, musique appréciable, eau minérale à volonté, vent dans les cheveux…) nous arrivons, Monsieur H et moi-même, à Marmande, ville connue pour…Garorock, c’est déjà pas mal. On va pas commencer à se moquer des villes qui accueillent les festivals en France parce qu’on a pas fini (oui, je parle de vous Belfort, Carhaix, et autre Arras…). On récupère nos pass, on rejoint le camping, on « installe » nos tentes, on sort de quoi se réchauffer un peu (et franchement, quoi de mieux qu’une bonne vodka bien chaude un soir de juin à Marmande?) et on attend les blonds. Ceci n’est pas une expression, on attend vraiment des blonds. Une fois ces derniers arrivés le mouvement s’accélère (on picole plus vite en gros) histoire de pas trop être à la bourre pour Franz Ferdinand.

Arrivés devant les scènes le constat est sans appel: on ne pourra ni se perdre ni aller de scène en scène. Les deux principales sont côte à côte. C’est foutu bizarrement mais ça m’arrange, on devrait pas rater grand chose.

Franz Ferdinand donc. Ben sympa, comme attendu. Pas exceptionnel non plus, comme attendu. J’aime bien leurs sons, ne nous méprenons pas. Enfin, j’aimais bien. Parce que les derniers albums je ne les connais pas du tout et lorsqu’à plusieurs reprises tout le monde reprend en choeur des refrains qui m’indiffèrent et bien…moi je chante Ulysses. Ou Take Me Out. Ouais, je suis un ringard. Enfin, à ce moment précis. Mais au final et même si Kapranos fait passer ses fautes de voix pour des variations sur thème, le concert est cool, bouge bien et fait son office: mettre en jambes pour la suite.

Phoenix 2

– Et la suite c’est Phoenix. Alors Phoenix on les avait déjà vus l’année dernière à Belfort et tout le monde (dont moi, ce qui est très important, étant donné que c’est moi qui écris) avait été agréablement surpris. En effet, on pouvait s’attendre à un live froid, sur-produit et mal branlé et c’est tout le contraire qui s’est passé, encore une fois. Et si la set list ressemblait pas mal à celle de Belfort 2013, force est de constater qu’on retrouve cette année un côté encore plus rock avec quelques pincées electro par ci par là. Et c’est donc encore une transition parfaite, musicalement s’entend.

Parce que bon, je veux pas dire de connerie mais il me semble que le concert que j’attends avec le plus d’impatience ce soir est en train de se préparer. Juste à côté.

– Allons donc voir Massive Attack.

Massive Attack

Massive Attack c’est avant toutes choses mon premier rapport intime à une forme de musique électronique (en réalité c’est Soirée Disco de Boris mais j’avais 9 ans et, comme tous les enfants, j’étais con). Je me souviens très bien les avoir vus en live sur Canal Plus et m’être procuré Mezzanine dans la foulée. Par la suite j’avais acheté tous les albums de l’époque, puis ceux de Tricky etc…Du trip-hop putain… Et en live. Et plus de 15 ans après mes premiers frissons à leurs côtés. La première formation ( et il y en aura pas loin d’une dizaine) arrive sur scène et c’est toute la foule qui est happée par la puissance de ce qui s’en dégage. Une succession de classiques balancés dans nos gueules satisfaites, un visuel de qualité et une propreté, une netteté… Bordel que ça fait du bien. Les plus jeunes, dans le public, sont déstabilisés. Bien fait pour leurs gueules, fallait s’intéresser à tout ça il y a bien longtemps. Un moment d’apothéose, de jouissance qui se termine en un orgasme d’une belle demi-heure durant lequel des slogans, des vérités brutes, des constats accablants sur le monde qui nous entoure seront balancés dans le fond de la scène par la grâce d’un VJing efficace. Voilà, je suis content. Maintenant je vais aller danser, pour de vrai mais aléatoirement. En écoutant Bakermat.

– Concernant Bakermat d’ailleurs, j’avais un a priori négatif (oui, c’est récurrent), le prenant pour un espèce de « sous-Paul Kalkbrenner » s’adressant principalement à des puceaux de la musique électronique en foutant des cuivres un peu n’importe où dans ses morceaux. Je ne l’avais, il est vrai, écouté que d’une oreille. Et ne l’avais bien sûr jamais vu en live. Et en live monsieur a envoyé. On pourrait qualifier tout ça de « summer tech », ponctuée de remixes des Red Hot et d’autres trucs ultra populaires mais bien foutus. Le mec fait le boulot dans la mesure où il fait danser et ce pendant toute la durée du set. Un beau boulot, un peu de légèreté pour succéder à Massive Attack et nous amener vers du plus gras, vers la fin de la soirée (ou de la nuit) en réalité.

Bakermat

Bon, on passera sur le fait qu’il prenne des photos en plein set (chacun sait ce qu’implique l’appellation « Dj set » mais ça ne coûte rien de faire au moins semblant) et on se dira que c’était bon d’entendre ce genre de chose à ce moment précis. Difficile de savoir si Bakermat est opportuniste ou talentueux ou les deux. Ce qui est certain c’est qu’il fait effet. Après avoir joué un remix de Disclosure par Flume (jouer un remix d’un autre…) et chauffé quelques milliers de personnes que la pluie n’a jamais semblé déranger,il s’en va. Il nous fait des bisous, il prend des photos mais il s’en va.

Déplaçons- nous de 100 mètres et allons voir celui à qui tout l’oppose: Gesaffelstein.

Gesaffelstein nous en avons déjà (beaucoup) parlé. « Prince des Ténèbres Technoïdes », « Revival du son techno indus », etc… Disons, le plus simplement du monde, que Mike Levy a fait un live propre, avec de « nouveaux » sons mais qu’il nous a quand même bien baisés avec ses montées progressives qui jamais ne prenaient la peine de nous exploser à la gueule.

Il est 4h30, quelques lumières nous guident vers la sortie. On se cherche, parfois on se trouve et on est surpris. Sans doute parce qu’on est un peu cons en plus d’être démontés.

Retour au camping, détente d’avant coucher, post-ados qui parlent de sexe en groupe entre eux avant de finir chacun de leur côté, absence de sommeil, présence de footballeurs à 20 mètres de nos tentes, gros son à partir de 9h, nuit blanche.

La suite se trouve dans le début de l’article.

Arnaud

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