Dans le parc de la Villette le chemin  qui mène vers le Zénith de Paris s’entoure d’une atmosphère sacrée. Bordés à gauche comme à droite d’une rangée d’arbres ornés de lumières, de nombreux fidèles se pressent aux portes de la salle de concert. A la suite d’une tournée planétaire  Florence and The Machine offre le cadeau d’un nouveau petit crochet dans la capitale française après deux dates complètes au Casino de Paris en mars dernier.

Les portes s’ouvrent, l’ambiance particulière soulignée par une densité étrange de têtes rousses s’engouffre dans l’immense salle du Zénith de Paris pour une soirée exceptionnelle. A l’origine de ce phénomène mystique : la rencontre entre la chanteuse Florence Welch et la musicienne Isabella Summer (The machine). Porté par le succès du premier album Lungs (2009) suivit de Cérémonial (2011), l’envoûtement puise sa source dans l’incroyable charisme de la chanteuse, le concert n’a pas encore commencé que des frissons d’impatience parcourent la salle.

La première partie rock The Spector chauffe timidement l’assemblée, comme pour s’excuser de chaparder l’espace d’un instant la scène du Zénith, le groupe reprenant quelques titres de Florence and The machine.

Dans la pénombre du changement de plateau, une scène immense se dévoile pendant que discrètement, les musiciens prennent place. Soudain le cérémonial commence, un décor aux allures art-déco sur lequel sont projetées des couleurs époustouflantes s’illumine. Derrière  des motifs dignes des plus belles maisons de l’architecte Horta* se dessine au son des tintements de la harpe la silhouette de Florence tandis que les premières paroles de « Only It for a Night » résonnent.

Nue-pieds dans une robe noire transparente, la chanteuse envoûte littéralement son public, fasciné par une personnalité complexe mise à nue avec autant de puissance. La grande chevelure rousse de Florence parcourt la scène d’un bout à l’autre, se donne sans concession dans un abandon total à un public en harmonie avec sa musique.

« J‘aime l’idée, quand je suis sur scène, de donner tellement d’énergie physique que je pourrais presque en mourir. Il y a quelque chose de viscéral, de pulsionnel là-dedans » confiait-elle au Figaro.

Florence nous offre ce sentiment unique de nous tenir sur un fil émotionnel, en équilibre précaire, guidés par sa voix puissante. Les titres de leurs deux albums se succèdent, « Shake It Out », « Say my Name » dont « Sweet Nothing » né de la collaboration avec le DJ, chanteur et producteur Calvin Harris, repris par la foule tels des cantiques éblouissants, sublimés par des musiciens discrets. Retrait scénographique ou respect profond pour la chanteuse ? Seul « Dogs Day Are Over », le titre qui les avait propulsés sur l’orbite de la célébrité en moins d’un an, manque. Après plusieurs rappels les premières notes de la chanson remplissent la salle comme un dernier souffle, un dernier envoûtement.

 A la sortie du concert, je me demande comment écrire mon article sans céder à la tentation de poser délicatement la chanteuse sur un piédestal. Peine perdue, comme beaucoup de fans je me sens glisser vers une admiration sans borne. La chanteuse impose un style et une énergie, suivies par le plus grand nombre à voir les habits doucement rétro, les fleurs dans les cheveux ou encore les nombreuses chevelures rousses qui m’entourent.

Bien plus que cela, la chanteuse et son groupe diffusent la bonne parole, celle qui fait du bien, celle qui appelle à notre ressenti et à nos sentiments. Une parole, une voix qui semble les catalyser le temps d’une cérémonie, d’une communion avec la musique. Le phénomène Florence And The Machine ou l’extraordinaire épidémie d’énergie positive, à recommander à tous! Pour les plus chanceux rendez-vous à l’O2 Arena de Londre le 5 et 6 décembre.

Article : Antonin Weber

Crédit Photo et vidéo: Antonin & Jonas Weber


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