Une toute première virée à Aurillac …

D’emblée, ça fleure bon la campagne et les hippies ! Une fois la place de camping laborieusement choisie, on se jette dans cette profusion de spectacles de rue … et dans la bière (la 8’6 pour les uns, l’Antidote pour les autres) !

Les bonnes surprises :

Tout d’abord, la ville … Aurillac est un charmant bourg [début de la parenthèse reloue version FR3 région] situé dans le Cantal, avec quelques 30 000 habitants – dont quelques vaches –  pour le moins sympathiques  [fin de la parenthèse reloue version FR3 région] ! Mais on s’égare, on n’est pas là pour se rouler dans le foin !

Lassés de tomber par hasard sur des fins de spectacles, plus ou moins bons, on se résout à accepter tout fly qui tombe du ciel et à acheter le programme pas très compréhensible, au premier abord, édité par les organisateurs. Et là, le hasard d’une rencontre ô combien féérique nous tombe sur le coin de la tronche, à savoir L’Homme Oiseau et son Chimère Orchestra de la compagnie Demain on change tout. La vidéo ci-dessous ne pourra jamais, ô grand jamais retranscrire la magie de l’instant : un truc « Miyazakien » chez la marionnette, des looks à demi steampunk, du fight de violoneux, des plumes qui virevoltent de partout …

 

Là, de suite, on commence à être en amour avec le festival …

Et puis, même si on s’était promis de pas aller voir trop de cirque, parce qu’à Toulouse il y a déjà ce qu’il faut avec le Lido. on craque. Parce que tout le monde te parle de la compagnie Toi d’abord présentée à la « Toulousaine de Cirque ». Et là, en plus de passer non pas un, mais deux bons moments (Encore plus et Tu viens!), on est juste pris d’un moment rare de chauvinisme : « Ah ça, c’est des bons gars d’chez nous, cong ! ». Ces mecs sont aussi bons dans la prise de risque technique (jonglage et acrobaties) quand dans la maitrise du clown : peu de mots, beaucoup d’efficacité … même pas besoin du nez rouge ! C’est tellement bien foutu qu’on ne sait plus distinguer l’improvisation du reste, même si on se doute que quand le grand blond se blesse au pied, c’est pas vraiment voulu … Et pourtant il continue !

 

L'excellent duo toulousain Toi d'abord !

L’excellent duo toulousain Toi d’abord !

 

Les découvertes

La découverte, on la vit bien mais elle nous remue pas vraiment le tréfonds. Un peu comme la compagnie Pudding Théâtre qui joue sur la promesse alléchante d’un spectacle gore, le Théâtre de l’épouvante. Les scènes présentent des faits divers de meurtres, à travers l’histoire, avec effets spéciaux cocasses à l’appui. Ça commence de manière salement drôle pour finir par s’attarder sur une histoire qui réveille les passionnés de la psychologie de comptoir et endort les autres …

Le collectif Frichti Concept, quant à lui, nous présente de la danse contemporaine semi-improvisée : Les Impromptus chorégraphiques. Si les gens attroupés là  restent pour beaucoup les yeux rivés sur la scène, certains captent que cela démarre un peu n’importe où, autour de nous. L’espace scénique est partout, qu’on se le dise ! Les musiques s’enchainent et ne se ressemblent pas. Tout d’un coup, un truc vieillot rappelant les airs niais de Mary Poppins résonne sur la place de la mairie. Les danseurs se saisissent de balais et font une danse complètement kitsch. On espère fortement que c’est du troisième degré et on reste pour apprécier la suite …

Color time de la compagnie Artonik, c’est le genre de truc grandiose qui fait causer les médias. Ce collectif de danse a pour volonté de nous faire partager une holi, fête de la couleur hindoue. Derrière un événement vraiment très intéressant se révèle néanmoins un constat : la musique new age c’est toujours aussi ringard et les vrais hippies ne semblent pas de la partie. C’est carrément chouette, on se balance plein de pigments colorés les uns sur les autres mais on est loin de la volonté d’unité / anti-morosité souhaitée. Les gens n’étant visiblement pas prêts à partager quelques câlins, accolades et autres douces caresses avec des étrangers … C’était pourtant précisé sur le mode d’emploi !

 

 

À Aurillac, on trouve également quelques performances musicales comme avec ce poulpe complètement perché, LPLPO, qui rappelle les prémices de la musique électro (avec, par exemple, l’étrangeté d’un Kraftwerk). Son costume tout à fait incongru et ses distorsions vocales y sont pour beaucoup. Pour une fin de soirée, toujours arrosée à la bière, ça passe tout même assez bien !

 

 

Les déceptions

Il y en a eu. On ne va pas tirer sur l’ambulance, se produire en public n’est pas chose aisée. Cela dit, entre la clownette en mode logorrhée peu digeste et le duo d’acrobates à la mise en scène absolument effroyable, il y aurait de quoi disserter …

Et évidemment, les punks à chiens méritent leur petite dédicace. Ces gens là, il faut le dire, ruinent quelque peu le paysage visuel, olfactif et auditif du festival. Et en plus, à cause d’eux, on a cette chanson dans la tête tout le week-end :


Les rendez-vous manqués

La Compagnie Singulière a présenté une nouvelle fois son spectacle ApartéS, qui, victime de son succès, était juste invisible et inaudible pour nombre de personnes venues s’égarer du côté de la « Patate douce ». Et quel regret de ne tomber que sur la fin du spectacle Funambus de la compagnie Underclounds qui semblait juste être impressionnant de bôôôté ! Ce sera, pour l’année prochaine, reuwoui ! Mais on changera de camping parce que les soundsystems c’est bien quand c’est choisi, c’est moins bien quand c’est subi …

 

 

Par Noémie.

 

 

A propos de l'auteur

IntheMorningMag, le webzine sur l'actualité culturelle on the rock !

Articles similaires


Laisser un commentaire