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Le Fifigrot 2015 s’est achevé dimanche et c’est toute une semaine qu’il faut à présent être capable de « résumer ». Pas une mince affaire lorsque l’on sait que ce festival, en plus de présenter des films, est également source de soirées, d’événements culturels multiples, le tout saupoudré de pas mal d’apéros. Mais cette année on est sérieux. On va voir un maximum de longs-métrages et on tâche d’être sobres 75 % du temps. Alors non, ce n’est pas très grolandais comme attitude mais si on veut pouvoir débriefer correctement il faut savoir faire des sacrifices (relatifs les sacrifices).

 

(On va faire du jour après jour, ça sera plus simple pour tout le monde…)

 

 

Lendi

 

Début de semaine donc. Tous sur le pied de guerre, c’est parti. La cérémonie d’ouverture du Fifigrot aura lieu dans la cour de l’Esav. C’est ici que l’on retrouvera le Gro Village, ses stands, ses jeux, ses Apéro Concerts, ses bénévoles (très sympathAFFICHE_FIFIGROT_2015iques, forcément), ses organisateurs, quelques bonnes bières (pas la pisse habituelle de festival quoi), la haute société toulousaine, pas mal de pique-assiettes (dont nous sommes, ne nous voilons pas la face) et autres dignitaires grolandais. Rendez-vous est donné aux alentours de 19h précises. Avant un discours présidentiel inaudible pour de multiples raisons, le public toulousain aura eu droit à un gros bordel rue du Taur avec une arrivée en grandes pompes de la part de not’ Président Salengro entouré de certains de ses sujets et surtout de Houba, une batoucada « punk ». Du bruit en rythme, voyons le verre à moitié plein. Beaucoup beaucoup beaucoup de public pour un si petit espace une fois tout ce petit monde rentré dans la cour. On boit un coup, puis un autre et on part à l’Utopia car c’est Merci Patron que l’on a choisi de voir ce soir, pour plusieurs raisons.

 

Aucun regret quant à cette option. Le film social engagé est un classique du Cinéma grolandais et François Ruffin, s’il ne l’est pas déjà, un citoyen d’honneur exemplaire. Son reportage mêle très intelligemment un discours juste et positif, de l’humour et même une certaine forme de suspense. L’humour est ici essentiel car il s’agit d’aborder un sujet dur, les plans sociaux tout en donnant de l’espoir à ceux qui ont (presque) tout perdu. C’est caustique, sarcastique et en dit long (sans que cela soit une surprise, évidemment, pour un esprit un minimum informé) sur l’état des écarts non pas seulement des richesses mais surtout des considérations des uns et des autres…

Merci-patron-1-Web

Ruffin alerte quant à une situation générale en prenant un cas particulier. Il fait de ce cas une véritable mission. On se retrouve donc avec un film fait avec dix balles mais qui en rapporte beaucoup plus… Une oeuvre qui, des mots même de son réalisateur/scénariste/acteur principal, aura besoin du bouche-à-oreille pour exister. Alors on vous le dit, dès sa sortie diffusez l’info. L’implication de chacun est en rapport total avec le propos développé tout au long du film.

 

 

Môrdi

 

Le Tout nouveau testament : On partait pour voir un film bien drôle, avec Benoit Poelvoorde en Dieu et François Damiens en tueur à gages, la grosse comédie belge qu’on aime tant, mais c’est raté. On se retrouve devant un film plutôt triste, malgré quelques tranches de rigolades, mais surtout bourré d’une poésie à laquelle il est difficile de ne pas être sensible. C’est l’histoire de la fille de Dieu qui quelques deux mille ans après son grand frère JC descend à son tour voir si il serait pas possible de (ré)enchanter un peu ce monde. A son tour elle recrute ses apôtres et attaque la rédaction de son tout nouveau testament. On vous en dit pas plus, allez voir le film, ca vaut le détour pour tout ceux qui pense que tout ça manque cruellement de poésie.

 

La « Parenthèse » pas très marrante

 

« Le même soir par contre, du coté du GroVillage, les amateurs de lyrisme furent bien en peine puisque c’est la Police et son légendaire sens de la fête qui s’invitent à la soirée… Et il en faut peu pour que ceux-ci sortent de l’ennui légitime de la ronde en voiture. Deux personnes saoules et pénibles que l’on sort gentiment du festival, un coup de fil d’un restaurateur peu patient à proximité et c’est tout de suite la grande rigolade. Les percussionnistes de la matraque sortent leur instruments et commencent à jouer leur morceaux favoris. Oui mais voilà, les derniers citoyens à quitter le village s’indignent d’une si mauvaise musique après un si bon moment. Nos compatriotes sont certes éméchés et pénibles, mais ne pourrait-on pas arrêter la partition une fois les hommes à terre ? Que nenni répliquent les musiciens, nous n’en sommes que la première partie ! Regardez, le reste de l’orchestre arrive… Effectivement, l’entrée en scène est grandiose, crissements de pneus, freins à main, gyrophares, chiens et muselières ; en face Robert et son orchestre, programmés officiellement quelques heure plus tôt, font pâle figure en scénographie. La foule Grolandaise n’est pas violente, même pas un verre en plastique ou une tomate pour que les artistes s’arrêtent, juste le son de sa voix. Certains tentent même de ramener un souvenir à la maison, mais il s’agit là d’un performance non libre de droit, les téléphones sont confisqués, les images effacées… Plusieurs organisateurs tentent alors d’avoir des renseignements sur cette troupe et le nom du spectacle, un pompier (un vrai, en uniforme!) vient également tenter d’arrêter l’incendie. Apparemment le spectacle s’appellerait « lacrymo et tonfa » et la carte de visite est soigneusement laissée aux z’officiels et à l’homme en rouge, très très près du visage pour bien lire les petits caractères. La foule reçoit également le même message et laisse rapidement seuls les gérants de ce happening finir sans eux.

Le lendemain, La Dépêche, ses grands reporters et toutes les nobles rédactions des journaux « de transport » titrèrent que les artistes en bleus furent blessés par une foule les poursuivant le long de la rue. C’est absolument scandaleux, il me faut absolument changer d’opticien. »

(Par T. présent sur place durant les faits)

 

 

 

 

Credi

 

Cette après-midi on va voir The Lobster. La future Amphore du peuple débarque avec une flatteuse réputation. Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes c’est quand même pas de la merde. La mise en scène, propre, nette et avec un sens du cadre génial (une constante concernant les films vus cette semaine…) est l’oeuvre de Yorgos the lobsterLanthimos à qui l’on doit le trop confidentiel Canine. Quant au casting…de toute beauté (Colin Farrell, Rachel Weisz, John C. Reilly, Ben Whishaw…). Cependant, ce qui saute aux yeux et au cerveau c’est la puissance du sujet abordé. Ou plutôt LES sujets. Le couple, le célibat, les pressions sociétales engendrées… On penserait presque à un épisode de Black Mirror dans le traitement décalé de cette critique du monde qui nous entoure (sans l’aspect « technologique » par contre). Quant à l’acceptation de toutes ces incongruités par les personnages elle tient presque de Dupieux. Mais comme il s’agit du réalisateur de Canine on perçoit la logique de tout ceci et on comprend que c’est l’aliénation qui est au coeur de l’oeuvre de Lanthimos. Ou comment tolérer l’intolérable. Si on veut faire la fine bouche on dira que la scène (ou deux en fait, peut-être) en français est plutôt mauvaise. Et, une fois n’est pas coutume, on ne rejettera pas la faute sur Lea Seydoux mais davantage sur une direction d’acteurs qui est toujours plus délicate lorsque la scène n’est pas jouée dans la langue d’origine du réalisateur (cf. Inglorious Basterds).

 

Un bon film, des bons copains… Il est temps de se préparer afin d’apparaître au top pour la Boum « Jeunes Giscardiens » qui a lieu au Connexion ce soir. Raies sur la côté, cravates d’un goût douteux, petits pulls sur les épaules pour les garçons, cols « Claudine », perles et chignons pour les filles. Quelques ballons, des stroboscopes et une playlist d’un goût discutable (comme le reste d’ailleurs) et tout devrait bien se passer. On regrette toujours le fait que la clientèle « habituelle », pas nécessairement au fait (et on ne peut pas les en blâmer) de l’événement vienne tout de même et, en toute logique, ne soit pas disposée à jouer le jeu._MG_3813 Bon, soyons honnêtes, pas mal de personnes régulièrement présentes au Connexion auraient sans doute fait partie des jeunesses giscardiennes si elles étaient nées quelques années en arrière. La soirée en elle-même était plutôt sympa, ne nous méprenons pas. Même si l’effort ne semblait pas avoir été total niveau déco, par exemple. Bon, en fait ce qui était cool c’était de pouvoir s’habiller comme un vieux con de droite (attention, tous les gens de droite ne sont pas vieux) en dansant sur des classiques. Même si, là encore, le ringard absolu n’a jamais semblé atteint. On aurait pu programmer bien plus merdique que du James Brown par exemple. Tant qu’à faire un truc autant y aller à fond. Cependant, en toute honnêteté, reconnaissons qu’il s’agira là du premier soir où l’on finira comme de vrais grolandais. Enfin.

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Joudi

 

Une gueule de bois et quelques cafés plus tard on repart au ciné pour Asphalte. Que l’on aime ou pas l’oeuvre de Samuel Benchetrit (littéraire comme cinématographique) on ne peut nier qu’elle est empreinte d’une poésie certaine. On attend donc de voir ce que va donner Asphalte, adaptation des Chroniques de l’Asphalte. asphaltePour l’occasion, deux nouvelles seront mises en scène et une autre, inédite, sera ajoutée. Un film en trois parties donc. Enfin, trois parties qui s’entrecoupent et des personnages qui eux ne se rencontrent pas. Un « faux film chorale » en quelque sorte. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on passe un véritable moment de bonheur à observer ces personnes ne plus être seules, faire chacun une rencontre qui va changer son quotidien, vivre, tout simplement. Une oeuvre qui célèbre l’humain, évoque la solitude, le partage, l’amour, l’amitié. La simplicité des rapports humains enrobée d’une poésie folle. Un long-métrage qui prend son temps, traduisant et trahissant l’ennui des personnes seules puis un décollage qui nous donne l’envie que cela ne s’arrête jamais. Une vraie belle adaptation au cours de laquelle on on rit et sanglote à intervalles réguliers. Une surprise qu’il ne faudra pas hésiter à découvrir (parenthèse cucul refermée)…

 

 

Allez, à Vendredi pour la suite et le palmarès…

 

 

 

Textes par Arnaud, Thibaut et Pierre.

Photos par Pierre (sauf extraits de films)

 

 

 

 


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