Mardi soir, on était au Festival Jazz à Vienne pour une des soirées les plus anthologiques du festival. Au programme, 3 groupes légendaires de l’histoire de la musique noire américaine et plus particulièrement de la funk.

Fred Wesley, dans la lignée du God Father

Quand je vous dis que cette soirée avait quelque chose de mythique, c’est qu’il faut préciser les artistes qui étaient présents. Le premier à ouvrir sur la scène de l’amphithéâtre, c’est « juste » Fred Wesley accompagné de The New JBs. Petit retour sur son parcours pour ceux qui ne connaissent pas. Il entre dans le groupe de James Brown au milieu des années 60. Pendant quinze années, il en sera le directeur musical, le tromboniste, tout en composant certains des plus fameux tubes du God Father of Soul. Il invente un phrasé au trombone reconnaissable entre tous, inspiré par le Jazz, aux accents de Soul Music et de Gospel. Il a également joué avec Macéo Parker, le Funkadelic Parliement présent également ce soir (oh my fucking god) et tant d’autres monuments de la musique noire américaine. Autant de critères qui font que tu es sûr de prendre une claque dès le début.  En lui-même il constitue déjà une tête d’affiche impressionnante.

Évidemment, après un « ladies and gentleman I began you to welcome……. Fred Wesley « , le son attaque dur, gros beat à la batterie, les cuivres appuient les fins de mesures, le bassiste est évidemment monstrueux. On prends un espèce de condensé d’histoire entre musique funk bien roots comme Fred l’a posé avec James »pour la légende » mais aussi des sons plus actuels avec du hip hop. Vous me direz, ce dernier est plus ou moins le petit frère de la funk. Une heure et demie de show dantesque avec des morceaux comme « Doing it to death », « Watermelon Man »,  ou « House Party ». Et encore j’en oublie. En gros la soirée aurait pu s’arrêter ici on était bien comblés.

Un petit morceau à savourer « House Party »

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Earth, Wind and Fire, du funk de la disco et du kitch

La deuxième affiche de la soirée est le non-moins célébrissime groupe de disco funk kitch, Earth, Wind and Fire. Arrivée sur scène, 16 bonhommes tous habillés de la même façon. A noter que tout les éléments clichés des années 70-80 sont là : des chemises à paillettes, des lunettes de soleil, les chaînes en or et des jeans et chaussures blanches. Le genre de tenue que tu voies dans les boites de nuits estivales en bord de mer.

A préciser que ces gars là y sont programmés systématiquement depuis 30 ans. Et rien que pour ça, respect ! Bon, niveau concert, c’est en place, les musiciens sont de véritables machines de guerre. il n’y a pas une note à côté. Un vrai show bien rodé. Par contre, le côté kitsh des chanteurs est insupportable. Trois mecs qui chacun à leur tour brodent des phrasés mélodiques à outrance, que même Mariah Carey dans ses plus grands instants de gloire n’oserait pas poser. Ah ouais on se prend des solos vocaux de 3 minutes dans la gueule et ça c’est pas cool. Enfin, pour ma part je déteste ça. Ceci étant les quarantenaire et quinquagénaire sont en transe. Il y a du love dans le public. Pour notre part, on se console avec le superbe cadre de l’amphithéâtre et on va boire une bière accompagné de quelques délices indiens.

Fin du concert… Mais non il y a un rappel, et là c’est une vrai tornade de tubes qui fusille le public, Boogie Wonderland, September, Let’s Groove, et j’en passe. C’était plutôt marrant pour le coup.  Bon, je sais pas si c’est le fait que 2 membres du groupe original était présents sur les 16 ou si c’est moi qui est un souci avec tout cela mais j’ai pas kiffé à mort.

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George Clinton and the Parliament Funkadelic, who want the funk ?

Dernier concert de la soirée le plus attendu, le papa incontesté de la Funk psychédélique, de l’esprit West Coast,  j’ai nommé George Clinton. Il a inspiré des mecs comme Snoop Dog ou encore Dr. Dre. Juste ça !!!! Imaginez donc l’attente qu’il y avait derrière cette figure légendaire. Après le concert de Earth, Wind and Fire, j’ai vite compris que la moitié du public venait pour ces derniers étant donné que pas mal de gens ont déserté l’amphithéâtre. Bizarre quand même quand on connaît les shows de Mister Clinton. Il faut dire que les gens étaient sans doute fatigués après 4 heures de concert.

Il est donc minuit et demi et nous attendons avec impatience la tête d’affiche de la soirée. Et bim, les mecs arrivent sur scènes dans des tenues complètement excentriques, des grosses touffes afros, une choriste déguisée en infirmière coquine montée sur des roller, et des allures  à faire trembler le public de Vienne. Attention, le band est de bonne humeur, souriant, enfumé à la ganja et autres produits. Ça démarre fort avec de gros beat funk excentrique, ce que l’on attendait bien évidemment…

L’arrivée de Georges Clinton crée une espèce d’euphorie dans la foule. Ça part dans tout les sens, tout les musiciens sont choristes, ils s’échangent les instruments sans aucun soucis. Une belle claque visuelle avec l’arrivée de Mister Nose, un espèce de danseur bling bling avec le manteau et le chapeau en fourrure blanche.

Il déambule dans tout les sens et chauffe le public. Tout les clichés que l’on retrouve dans le hip hop west coast sont bel et bien présents. Plus le set avance et plus je me dis qu’il n’y a pas de ligne directrice par rapport à l’enchaînement des morceaux. C’est un bœuf généralisé auquel de nouveaux musiciens se greffent dans une ambiance cacophonique structurée.

Le milieu du concert reste assez chaotique puisque les trois quarts des membres sont sortis de scène pour s’enfumer le crâne. On assiste alors à un chorus de 30 minutes animé par un synthé, la basse, la batterie et la guitare. Le M.guitare du Funkadelic Parliement envoie du lourd. Je peux dire que j’ai assisté à un chorus d’anthologie , un chorus sans fin au cours duquel on a eu droit à des phases éclectiques et électriques bien menées : de l’enchaînement de note sur le manche à vitesse grand V de l’ordre de la démonstration, à des passages plus saccadés avec des passes déstructurées plus lentes, magiques.  N’importe quel gratteux serait devenu fou en voyant ça.

Fin du solo, retour de l’assemblée sur les planches et c’est le bouquet final. On compte pas loin de 25 personnes qui partagent les instruments et les voix. Nombres de morceaux mythiques s’enchaînent, dont notamment « We want the funk ». Par contre pas de « Atomic Dog », dommage !!!!

Fin du concert après plus de 2H. les musicos ne sont toujours pas rassasiés et continuent de jouer même avec les instruments débranchés. On peut dire que ces gars là aiment la musique et ce genre de schéma devient rare. Merci pour ce grand moment de musique.


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